02-14.215 
Arrêt n° 1416 du 28 septembre 2004
Cour de cassation - Chambre commerciale 

Publicité foncière

Cassation sans renvoi


Demandeur(s) à la cassation : Banque populaire de la région économique de Strasbourg
Défendeur(s) à la cassation : Mme X..., mandataire judiciaire


Sur le premier moyen :

Vu l’article 38, dans sa rédaction issue de la loi du 29 décembre 1990, et l’article 38-4, dans sa rédaction issue de la loi n° 2002-306 du 4 mars 2002, de la loi du 1er juin 1924 mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle ;

Attendu que le premier de ces textes ayant omis de préciser la sanction du défaut de publication des demandes en justice tendant à obtenir la résolution, la révocation, l’annulation ou la rescision d’une convention ou d’une disposition à cause de mort, le second dispose que cette sanction est l’irrecevabilité de la demande ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que par acte authentique du 16 septembre 1993 la Banque populaire de la région économique de Strasbourg (la banque) et M. Y... ont conclu une convention de compte courant garantie par une hypothèque sur un immeuble appartenant en propre au débiteur, qui a été inscrite au livre foncier de la commune de Holving le 22 octobre 1993 ; que M. Y... a été mis en redressement judiciaire le 15 novembre 1993 puis en liquidation judiciaire le 17 janvier 1994, la date de cessation des paiements étant fixée au 15 mai 1992 ; que par acte du 15 mars 1996, le liquidateur a assigné la banque, sur le fondement de l’article 107 de la loi du 25 janvier 1985, aux fins d’annulation de cette hypothèque et de radiation de l’inscription prise sur l’immeuble du débiteur ; qu’en cours d’instance, est intervenue la loi n° 2002-306 du 4 mars 2002 qui a complété la loi du 1er juin 1924 ;

Attendu que pour déclarer la demande recevable, l’arrêt retient que dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle l’obligation de publier les demandes en justice tendant à obtenir la résolution ou l’annulation d’une convention procède non du décret du 4 janvier 1955 sur la publicité foncière, mais d’un paragraphe "j" ajouté à l’article 38 de la loi du 1er juin 1924 par la loi du 29 décembre 1990, qui cependant n’a pas introduit dans les dispositions du droit local la sanction d’irrecevabilité de la demande en cas de défaut de publication prévue par l’article 30, paragraphe 5, de ce décret ;

Attendu qu’en statuant ainsi, après avoir constaté que la demande en annulation n’avait pas été publiée, de sorte qu’elle était irrecevable ainsi qu’il résulte de la loi n° 2002-306 du 4 mars 2002 qui répond à l’impérieux motif d’intérêt général d’énoncer la sanction applicable en cas de défaut de publication d’une telle demande, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

Et vu l’article 627, alinéa 2, du nouveau Code de procédure civile ;

PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur le second moyen :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 23 janvier 2002, entre les parties, par la cour d’appel de Colmar ;

DIT n’y avoir lieu à renvoi ;

Infirme le jugement prononcé le 8 février 2001 ;

DÉCLARE IRRECEVABLE la demande de Mme Gall-Heng, ès qualités ; 


Président : M. Tricot 
Rapporteur : Mme Besançon, conseiller
Avocat général : M. Viricelle
Avocat(s) : Me Carbonnier