Arrêt n° 564 du 20 mai 2015 (14-11.851) - Cour de cassation - Troisième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2015:C300564

Vente

Rejet


Demandeur(s) : M. Custdo X...

Défendeur(s) : Mme Sabrina Y..., prise tant en son nom personnel qu’en qualité d’administratrice légale de son fils Andréas Y..., et autres


Sur le moyen unique :

 

 Attendu, selon l’arrêt attaqué (Bastia, 27 novembre 2013), que par acte sous seing privé du 1er novembre 2004, M. A… a vendu à M. X… une parcelle de terre sous la condition suspensive de l’obtention d’un certificat d’urbanisme ; que le 21 mai 2010, M. X… a assigné les héritiers de M. A…, Mme Y… et son fils mineur, Andréas Y…, aux fins d’obtenir la réitération de la vente ;

 

 Attendu que M. X… fait grief à l’arrêt de rejeter sa demande, alors, selon le moyen :

 

 1°/ que lorsque l’obligation est contractée sous la condition qu’un événement arrivera, sans qu’il y ait de temps fixe, la condition peut toujours être accomplie et elle n’est censée défaillie que lorsqu’il est devenu certain que l’événement n’arrivera pas ; qu’en décidant qu’au regard de leur commune intention, il était manifeste que les parties avaient nécessairement fixé un terme implicite à la condition insérée à l’acte de vente, lequel ne pouvait être que raisonnable et qu’il ne pouvait être admis que les parties aient pu avoir la commune intention de le fixer au-delà de plusieurs années, dans le cas présent six ans, quand l’acte ne prévoyait aucun délai pour la réalisation de la condition suspensive, la cour d’appel a violé les articles 1134 et 1176 du code civil ;

 

 2°/ que le bénéficiaire d’une condition suspensive stipulée dans son intérêt exclusif peut renoncer à se prévaloir des conséquences juridiques de la défaillance de la condition, à moins que le contrat n’ait par ailleurs été rendu caduc par l’effet d’une stipulation sanctionnant l’expiration du délai pour la réalisation de la condition ou celui pour la réitération de l’acte sous la forme authentique ; qu’en décidant que M. X… ne pouvait valablement renoncer par voie de conclusions à une condition dont l’expiration du terme était intervenue, quand ce dernier pouvait renoncer à se prévaloir de la caducité résultant de la défaillance de la condition, et sans relever que le contrat était caduc par l’expiration du délai pour la réalisation de la condition ou à défaut de réitération par acte authentique dans un certain délai, la cour d’appel a violé les articles 1168 et 1176 du code civil ;

 

 Mais attendu qu’ayant relevé que le certificat d’urbanisme n’avait été demandé que plusieurs années après la signature du contrat de vente et postérieurement à l’introduction de l’instance et retenu, exactement, que la stipulation d’une condition suspensive sans terme fixe ne peut pour autant conférer à l’obligation un caractère perpétuel et, souverainement, qu’en l’absence d’indexation du prix et de coefficient de revalorisation, les parties avaient eu la commune intention de fixer un délai raisonnable pour la réalisation de la condition suspensive et que M. X… ne pouvait plus y renoncer, la cour d’appel en a déduit à bon droit que la promesse de vente était caduque ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;

 


Président : M. Terrier

Rapporteur : Mme Le Boursicot, conseiller

Avocat général : M. Bailly, avocat général référendaire

Avocat(s) : SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin ; SCP Fabiani, Luc-Thaler et Pinatel