Droit et littérature -XVIIème-XXème siècles
13 et 14 octobre 2006

 

 

L’association française d’histoire de la justice,

l’Institut des hautes études de la justice,

l’école nationale de la magistrature

la Cour de cassation

 

ont coorganisé les 13 et 14 octobre 2006 un colloque d’une journée et demie intitulé : 

"droit et littérature" 

qui s’est tenu dans la Grand’Chambre de la Cour de cassation

 

 

 

Argumentaire

 

Les rapports entre droit et littérature sont en France un sujet délaissé par la recherche, bien que sous l’intitulé Law and Litterature, ils soient dans le monde anglo-saxon à l’origine d’une production importante de travaux. C’est l’objet de ce colloque que d’inaugurer, au sein d’une culture légaliste et positiviste, un rapprochement avec le monde des lettres courageusement initié par la collection « Le Bien commun », aux éditions Michalon.

Le droit et la littérature ont entre eux une grande variété de rapports, qui vont du droit de la littérature (législations sur la propriété intellectuelle et artistique) au droit comme littérature (courant anglo-saxon de la narrativité du droit), en passant par la littérature comme supplément rhétorique au discours juridique. Nous privilégierons, pour notre part, le droit dans la littérature en suivant une démarche en trois temps.

Un premier temps – « Fictions littéraires et fictions juridiques » – sera consacrée au droit dans sa dimension institutionnelle tel qu’il est vu dans le miroir de la littérature et de ses fictions. La littérature met en scène les grandes institutions du droit, souvent sans ménagement. L’essentiel des normes juridiques est inlassablement travaillé, repris, réinventé par la littérature, et contribue à façonner le « serment » (Shakespeare), le « contrat » (Balzac), l’« identité » (Gide), et la « loi » (Sade).

Dans un deuxième temps – « Scène judiciaire et imaginaire romanesque » –, nous nous attacherons à la dimension dramatique du droit dont le versant tragique est l’abondante littérature sur la peine de mort. En quoi des grands romans peuvent-ils nous permettre de comprendre le sens de la confrontation de l’homme et de la loi dans le procès (Kafka, Dostoïevski), les jugements (Camus, Faulkner) ou le « tribunal imaginaire » ?

Nous questionnerons dans une dernière partie – « Exigence de justice et rôle politique de l’écrivain » – la dimension politique du droit, source de révolte, outil du « devoir être » ou gardien des valeurs. L’effort de la littérature pour réparer les injustices, (Zola, Péguy) pour mettre le droit à la question (antijuridisme français), nous conduira à aborder le monde du droit dans une dynamique historique et politique.

Programme au format pdf

 

 Propos d’accueil de M. Nadal


Propos de clôture de M. Canivet


Accéder aux enregistrements audiovisuels des interventions
(site de l’IHEJ)