Intervention de M. Thiam

Les problèmes environnementaux majeurs de l’Afrique : l’appauvrissement de la biodiversité

Abou THIAM
Professeur à l’Institut des Sciences de l’Environnement
Université C.A.Diop de Dakar, Sénégal

abouthiam@pan-africa.sn

 

PESENTATION SOMMAIRE DE L’AFRIQUE 

L’Afrique est un vaste continent de 29.630.000 km2 qui compte près de

860 millions d’habitants.

Elle est traversée par l’équateur et se situe surtout dans la zone intertropicale.

Elle est reliée à l’Asie par l’isthme de Suez, et séparée de l’Europe par le détroit de Gibraltar, elle s’étend entre le 37e degré de latitude nord et le 35e degré de latitude sud.

L’Afrique comprend de vastes cuvettes  : Niger, Tchad, Zaïre, Kalahari.

Les principales montagnes sont : Atlas (Maghreb), Hoggar, Tibesti, Massif éthiopien, Monts du Drakensberg.

La région du rift (à l’Est) est un gigantesque fossé tectonique avec des volcans (Kilimandjaro, point culminant à 5895 m) et des lacs (Malawi, Tanganyika, Victoria).

L’Afrique possède le plus grand désert du monde : le Sahara (3 millions de Km2).

Les espaces désertiques couvrent une surface considérable : un tiers du continent

Les grands fleuves sont : Nil, Zaïre (Congo),Niger, Sénégal et Zambèze. Ils

prennent leur source en Afrique humide.

En Afrique, on observe grosso modo, 5 types de paysages, qui varient du Nord au centre du continent en fonction de la distance à l’équateur :

- le littoral urbanisé que l’on trouve par exemple au Maghreb (Afrique du Nord)
- plus au Sud le paysage désertique saharien (Mali,Niger, Tchad)
- le paysage de steppe (exemple au Niger)
- le paysage de savane (Burkina Faso)
- la grande forêt équatoriale (Cameroun, Gabon, République Centrafricaine)

La quantité de pluie (croissante à mesure qu’on approche de l’équateur) est déterminante.

LA BIODIVERSITE

Le terme biodiversité désigne toutes les formes de la vie sur Terre et les caractéristiques naturelles qu’elle présente.

La biodiversité est à proprement parler, la diversité biologique et concerne la diversité génétique, la diversité des espèces et la diversité des écosystèmes.

Les scientifiques évaluent le nombre d’espèces existant actuellement à environ 13 millions (animales et végétales confondues), bien que les estimations varient dans une très large fourchette, entre 3 à 100 millions...

A l’heure actuelle, environ 1,75 millions d’espèces ont été identifiées à l’échelle de la planète. Beaucoup de ces espèces sont des organismes de petite dimension (micro-organismes)

Sur les 250 000 espèces végétales répertoriées, l’humanité se partage un réservoir commun contenant seulement 20 plantes cultivées qui satisfont 90 % de nos besoins calorifiques (FAO, 1991).

Le terme « agrobiodiversité » ou diversité biologique agricole est la « variété et la variabilité des animaux, des plantes et des micro-organismes nécessaires pour maintenir les fonctions essentielles de l’écosystème agricole, sa structure et les processus assurant la production de nourriture et la sécurité alimentaire » (FAO-CDB, 1998).

L’agrobiodiversité est particulièrement importante pour maintenir la productivité et la résistance des systèmes de culture et d’élevage dans des environnements précaires, divers et vulnérables tels que les zones arides. Beaucoup d’agriculteurs dans ces régions se préoccupent beaucoup de la diversité génétique et cherchent à conserver un grand nombre de variétés de culture, adaptées à des types de sol et de niveaux de précipitations particuliers, ainsi qu’aux préférences culinaires (Mortimore, 1998).

L’agrobiodiversité assure aussi d’autres fonctions pour l’agriculture, telles que la pollinisation et la lutte contre les insectes, et contribue au développement rural (Pimbert 1999).La biodiversité possède aussi également une dimension culturelle et cultuelle (forêts sacrées, animaux totems,...) et sa conservation peut contribuer à créer des sources de revenus supplémentaires pour les populations.

L’abondance et la diversité des espèces trouvées dans le système naturel sont souvent essentielles à la survie des populations les plus pauvres et les plus marginales de l’Afrique rurale.

PROBLEMES D’APPAUVRISSEMENT DE LA BIODIVERSITÉ

On estime que le total des espèces ayant existé sur terre est 10 fois supérieur à celui des espèces actuelles. L’extinction est donc un phénomène normal dans la nature seulement le rythme de disparition est devenu très rapide à cause des effets des activités humaines sur la biosphère.Depuis plus d’un siècle, on a la preuve que l’homme est la cause de la disparition de nombreux organismes vivants.Selon une estimation modérée, l’humanité perd 4 espèces par an. Si les tendances actuelles se maintiennent les pertes seront d’environ 50 000 espèces vivantes perdues par an au cours des prochaines décennies. A ce rythme les deux tiers de toutes espèces vivantes seront perdus.

Du fait du climat tropical qui règne sur la majeure partie du continent, l’Afrique possède une importante diversité d’écosystèmes forestiers.Les forêts denses s’étendent sur 1,9 millions de km2 en Afrique Centrale, précisément dans les Etats du Cameroun, de la République Démocratique du Congo.Le Bassin du Congo possède la plus grande forêt dense humide en continu du monde.Les forêts d’Afrique Centrale abritent plus de 20 millions d’individus, dont la plupart dépendent des ressources naturelles pour vivre. Les forêts africaines abritent également un mélange extrêmement varié de plantes et d’animaux . Elles comprennent quelques 400 espèces de mammifères, plus de 1 000 espèces d’oiseaux et plus de 10 000 espèces de plantes dont 3 000 sont endémiques.

Les steppes et les savanes africaines sont probablement les formations naturelles renfermant la plus étonnante abondance de plantes et d’animaux. C’est dans ces lieux ouverts où la lumière abonde, où la saison sèche alterne avec la saison humide que la nature africaine a engendré le plus de richesses naturelles et a tant apporté à l’humanité.Certes hormis le caféier (Coffea sp), le melon (Cucumis melo), le papyrus (Cyperus papyrus) et deux végétaux sans doute communs à l’Afrique et à l’Asie, le sésame (Sesamum indicum) et le palmier dattier (Phoenix dactylifera), l’Afrique a produit un nombre relativement restreint d’espèces importantes sur le plan économique pour les civilisations successives. Mais l’Afrique recèle des atouts incomparables, dans des domaines de la recherche tels que l’adaptation fonctionnelle à l’aridité, la découverte de molécules pourvues de propriétés pharmacodynamiques, l’ethnobotanique, l’ethnozoologie,etc.( Delange 2002).

Aujourd’hui au plan floristique, Madagascar et l’Afrique du Sud sont les régions d’Afrique les plus riches en espèces, en genres, voire en familles endémiques.

Pays
Madagascar
Angola
Congo Brazzaville
République Démocratique Congo
Ethiopie

Nombre d’espèces végétales endémiques
6500
1260
1200
1100
1000

Source : World Resources 2000-2001 (UNDP, UNEP, World Bank, World Resources Institute, 2000)

 

Pays
Afrique du sud
Tanzanie
Madagascar
Kenya
Ethiopie

Espèces végétales menacées
1875
326
255
130
125

Source : World Resources 2000-2001 (UNDP, UNEP, World Bank, World Resources Institute,2000)

 

Pays
Afrique du Sud
Madagascar
Guinée Equatoriale
Cameroun
Gabon

Nombre d’espèces par 10 000 km2
4797
2479
2312
2310
2248

Source : World Resources 2000-2001 (UNDP, UNEP, World Bank, World Resources Institute, 2000)

 

Parmi les innombrables plantes des régions tropicales du globe en particulier dans les forêts, un grand nombre n’a pas encore été répertorié. Et même celles qui l’ont été ne sont pas bien connues quant à leurs propriétés médicinales notamment. Plus de la moitié des médicaments de par le monde proviennent des plantes. Cela est particulièrement vrai pour les pays du Sud.

Dans de nombreuses régions d’Afrique au sud du Sahara, les systèmes biologiques et la biodiversité sont menacés par plusieurs facteurs :

- des méthodes de productions agricoles inadéquates ;
- le poids de la dette extérieure sur les ressources des pays ;
- l’exploitation excessive des ressources naturelles ;
- les pressions dues à la croissance de la population dans certaines zones et aux migrations des hommes ;
- les pratiques commerciales de l’exploitation de la terre ;
- les localisations fragmentaires des espèces ;
- les variations climatiques ;
- l’introduction d’espèces étrangères ;
- etc..

Ces différentes menaces s’interprètent le plus souvent comme des manifestations d’une tendance répandue de changements incontrôlés et de plus en plus rapides des paysages de l’Afrique. Outre l’agriculture, l’exploitation du bois représente actuellement la plus grande menace sur la forêt. Car plus de 50% des forêts situées en dehors des aires protégées (80% au Cameroun) sont maintenant sous exploitation forestière. L’exploitation forestière dans le Bassin du Congo est très sélective et se concentre sur quelques essences d’arbres. C’est dans ces forêts qu’on trouve de grands arbres énormes fournissant des qualités de bois de grande valeur qui trouvent dans les pays consommateurs du Nord un marché porteur. Aujourd’hui le Gabon, le Cameroun, la République Centrafricaine, le Congo Brazzaville et la Guinée équatoriale sont en ce sens les pays les plus convoités par les sociétés forestières transnationales, qui ont déjà pratiquement épuisé les forêts de l’Afrique Occidentale.L’extraction du bois, s’il n’explique pas tout le phénomène de déforestation, reste une des réelles causes de la dégradation des forêts.Les résultats d’un modèle de simulation spatiale effectuée par le Central African Regional Program for the Environment (CARPE) indiquent que d’ici 2050, étant donné la menace actuelle sur l’environnement, l’étendue forestière du Bassin du Congo diminuera de plus de 40%. Seules subsisteront quelques étendues de forêt actuellement intactes. Durant cette période, plus de la moitié de la biomasse forestière d’Afrique Centrale sera libérée dans l’atmosphère sous forme de gaz carbonique.

Au plan de la biodiversité animale, des problèmes importants se posent également aussi bien pour la faune sauvage que pour les ressources halieutiques.

Les côtes de l’Afrique, du Maroc à l’Afrique du Sud, font partie des régions du monde les plus riches en ressources halieutiques. Dans l’éco-région marine ouest africaine dénommée WAMER (West African Marine Ecosystem Region) constituée par le Sénégal, la Mauritanie, la Guinée, la Guinée-Bissau et la Gambie, la pêche procure des protéines alimentaires, des emplois ,des revenus substantiels à des millions de personne et est une source importante de devises pour plusieurs Etats. L’évolution des stocks au cours de ces dernières années sont particulièrement inquiétantes : baisse des prises, taille réduite des individus capturés, raréfaction de certaines espèces dans les prises...Cette situation est due notamment à une pêche excessive et à la dégradation de l’écosystème marin par les polluants chimiques et organiques (hydrocarbures, rejets des déchets ménagers et urbains directement en mer...) (Zeba et Diouf, 2003). La raréfaction des ressources halieutiques dans d’autres mers et la croissance soutenue de la demande en produits halieutiques poussent plusieurs pays industrialisés à déplacer leurs flottilles vers les côtes africaines. La plupart des pays d’Afrique de l’Ouest, particulièrement le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée-Bissau ont signé des accords de pêche avec l’Union Européenne. Des accords de pêche avec des pays asiatiques existent également. Quoi qu’il en soit, avec les nombreux bateaux qui sillonnent et qui font des prélèvements extrêmement importants, on assiste à un pillage en règle des ressources halieutiques de ces pays. Les effets négatifs sur la biodiversité sont indiscutables.

QUELQUES INSTRUMENTS JURIDIQUES INTERNATIONAUX AYANT TRAIT A LA BIODIVERSITE

La Convention sur la Diversité Biologique (CDB)

La convention sur la diversité biologique a été ouverte à la signature le 5 juin 1992 lors de la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (Sommet de Rio). Le 29 décembre 1993 a vu l’entrée en vigueur de la Convention qui devient alors juridiquement contraignante.Les principaux objectifs de la Convention consistent à promouvoir la conservation de la biodiversité, l’utilisation durable de ses composantes et un partage juste et équitable des bénéfices tirés des ressources génétiques. La CDB a reçu un accueil favorable du public et un soutien financier, et constitue une véritable tribune permettant de débattre de la biodiversité, de son importance pour les populations et de la manière dont elle peut être utilisée et préservée. La CDB aura été le premier traité international à reconnaître le rôle primordial du savoir traditionnel, des innovations et pratiques en matière d’environnement et de développement durable, et à encourager leur protection par l’intermédiaire de Droits de Propriété Intellectuelle (DPI) ou tout autre moyen. Les communautés locales sont désormais considérées comme ayant un rôle important à jouer dans la mise en oeuvre de la CDB.La convention est un instrument mondial qui engage les nations signataires à travailler pour une cause commune ; c’est ce qui en fait sa grande valeur et son principal message.

La CDB marque trois ruptures fondamentales :

- elle reconnaît aux Etats le droit de souveraineté sur leurs ressources biologiques et génétiques, jusqu’alors considérées comme patrimoine commun de l’humanité, et stipule que l’accès à ces ressources est soumis au consentement préalable des Etats concernés ;
- elle exige des signataires qu’ils protègent et soutiennent les droits des communautés, des agriculteurs et des peuples autochtones sur leurs ressources biologiques et leurs systèmes de savoirs ;
- elle requiert un partage équitable des bénéfices tirés de l’utilisation commerciale des ressources biologiques et des savoirs locaux des communautés.

Le protocole de Cartagena sur la Prévention des Risques Biotechnologiques relatif à la convention sur la diversité biologique

La prévention des risques biotechnologiques est l’un des problèmes majeurs auquel s’attaque la Convention sur la biodiversité. Ce concept a trait à la nécessité de protéger la santé humaine et l’environnement contre les effets potentiellement défavorables des produits liés à la biotechnologie. Le protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques de la Convention sur la diversité biologique, a été adopté à Montréal le 29 janvier 2000 lors d’une réunion extraordinaire de la conférence des parties (secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, 2000).Le protocole de Cartagena, cadre réglementaire à l’échelle internationale ambitionne de créer un contexte favorable à l’utilisation sensée et respectueuse de l’environnement de la biotechnologie, industrie mondiale qui connaît un essor rapide. Créer des espèces nouvelles, recréer les espèces disparues, les biologistes ne manquent d’imagination. Mais ont-ils mesuré tous les risques ? ( E.Russo et D. Cove, 1995)Le Protocole s’applique aux mouvements transfrontières, au transit, à la manipulation et à l’utilisation de tout organisme vivant modifié qui pourrait avoir des effets défavorables sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique, compte tenu également des risques pour la santé humaine.

Le génie génétique s’est très rapidement introduit dans le secteur agricole. En moins d’une dizaine d’années depuis l’introduction commerciale de la première variété génétiquement modifiée, plus de 50 millions d’hectares ont été plantés en variétés génétiquement modifiées dans le monde. Les partisans de l’utilisation de la technologie génétique en agriculture affirment qu’en transférant un gène d’un organisme à un autre, le génie génétique peut surmonter les contraintes inhérentes aux sélections traditionnelles de plantes. Ils soutiennent que les nouvelles variétés transgéniques réduiront le recours aux pesticides et augmenteront la sécurité alimentaire dans les pays en développement – une promesse que ces pays aspirent à voir se réaliser. Les arguments qu’ils avancent pour promouvoir les Organismes Génétiquement Modifiés ne convainc pas un public important.

L’opposition aux Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) repose sur plusieurs constats :

- l’extension des monocultures, du fait que les entreprises détentrices de droit de propriété intellectuelle s’efforceront de maximiser les retours sur investissements en augmentant leurs parts de marché ;
- le caractère irréversible de la pollution environnementale qu’ils peuvent provoquer ;
- la volonté d’une poignée de grandes entreprises de contrôler des marchés potentiellement gigantesques ;

Malgré les divergences entre les pro et anti, Organismes Vivants Modifiés (OVM), les points suivants semblent irréfutables :

- le génie génétique ne résoudra nulle part le problème de la faim ;
- il n’a pas été prouvé de façon nette que les prétendus avantages de cette technologie l’emportent sur les risques qui y sont associés en termes d’impacts sur l’environnement, la santé humaine et animale et la situation socio-économique, en particulier pour les consommateurs et les agriculteurs les plus pauvres ;
- des alternatives viables et appropriées à cette technologie existent mais elle ne font pas l’objet d’une large publicité et ne sont pas soutenues notamment dans le domaine de la recherche et de la diffusion des technologies les plus adaptées aux différents milieux.

Le protocole de Cartagena est un document de portée juridique qui vise à protéger l’environnement des risques associés aux mouvements transfrontaliers d’organismes vivants modifiés issus de la biotechnologie. L’enjeu était de savoir si un pays pouvait restreindre l’importation d’OVM (y compris les cultures, graines, virus et viroïdes) du fait des risques pour l’environnement et de la perte de biodiversité. Les consommateurs, notamment dans l’Union Européenne et la plupart des pays développés, exigent des mesures de sécurité strictes dans le commerce des OVM. Les producteurs de cultures génétiquement modifiées, qui sont essentiellement basés aux Etats-Unis et au Canada, sont très opposés à ces restrictions : ils insistent que leurs produits sont inoffensifs et avancent que les inquiétudes exprimées ne sont qu’un prétexte pour continuer à protéger de la concurrence les agriculteurs européens « inefficaces ».

Il se trouve que les multinationales qui font la promotion des OGM sont aussi les firmes les plus importantes du monde pour les pesticides et les biotechnologies et ce qui les intéressent financièrement, c’est l’uniformisation des cultures et leur vulnérabilité – et pas la sécurité alimentaire de l’Afrique ni le bien-être des agriculteurs du continent….

Le Protocole de Cartagena est le premier accord de réglementation du commerce des Organismes Vivants Modifiés (OVM). Il impose aux exportateurs de fournir aux autorités nationales compétentes du pays importateur des informations sur l’origine et la destination de l’OVM avant son importation. Le Protocole sur la biodiversité permet aux pays de bloquer les importations d’OVM selon le principe de précaution lorsqu’il n’existe pas suffisamment de preuves scientifiques de leur innocuité. L’établissement de la preuve est donc à la charge des producteurs qui doivent démontrer que leurs OVM sont inoffensifs, contrairement aux dispositions de l’OMC où l’établissement de la preuve est à la charge du gouvernement cherchant à empêcher ces importations. D’après la réglementation de l’OMC, les Etats n’ont pas le droit de bloquer l’importation de certains produits (tels que la viande et le lait aux hormones) tant qu’ils n’ont pas de preuves scientifiques des risques encourus.

Le chiffre d’affaire annuel du marché mondial des semences s’élève à plus de 45 milliards d’Euro, mais 80 % des agriculteurs surtout ceux du Sud n’ont pas encore renoncé à les conserver d’une année sur l’autre et à les échanger avec des voisins au lieu de les acheter. Les transnationales des semences visent donc une triple expansion : géographique, variétale et commerciale (George, 2003)Les agriculteurs du Sahel par exemple, produisent 2 à 10 fois plus de protéines animales par Km2 que les agriculteurs d’Australie ou des Etats-Unis. La capacité d’innovation des agriculteurs africains est particulièrement importante en matière de sélection des plantes. On estime que les agriculteurs africains peuvent compter sur les semences issues des cultures de leurs propres communautés pour plus de 90% de leurs besoins. La plupart de ces conservateurs de semences sont des femmes, qui produisent 70% de l’alimentation nécessaire dans la région. Elles choisissent soigneusement les semences correspondant aux différents types de sol et de conditions de culture et possédant des caractères particuliers comme la stabilité, la résistance aux maladies, la tolérance à la sécheresse, le goût et la qualité de la conservation (GRAIN, 2003). Les agriculteurs africains sont compétents et disposent des savoirs nécessaires ; ils sont responsables de la plus grande partie de l’innovation qui a réussie en Afrique. Les faibles taux de productivité qui sont souvent cités lorsqu’on parle de l’agriculture africaine sont le résultat de la pauvreté, des mouvements de la population, de la guerre, du colonialisme, et des contraintes imposées par l’environnement.

Les Droits de Propriété Intellectuelle (DPI)

L’instauration de nouveaux régimes de propriété intellectuelle et d’une nouvelle exploitation accélérée de la biodiversité crée de nouveaux conflits centrés sur la biodiversité (entre propriété privée et propriété collective, entre utilisation mondiale et utilisation locale,..).

Les traités internationaux tels que l’Accord sur les Aspects des droits de propriétés intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) adopté en 1994, protègent les droits de « propriété intellectuelle » en décernant des brevets pour « toute invention, de produit ou de procédé (…) à condition qu’elle soit nouvelle, qu’elle implique une activité inventive et qu’elle soit susceptible d’application industrielle ». Ainsi, la découverte d’un processus se produisant naturellement n’est pas brevetable, alors que l’invention d’une manière d’extraire un élément actif d’une plante ou le développement d’un nouvel emploi d’un organisme naturel peuvent être protégés par un brevet. Ces régimes de brevet servent à protéger les droits des sélectionneurs commerciaux et des sociétés de biotechnologie mais semblent inadaptés pour la protection des connaissances traditionnelles détenues par les communautés locales, en dépit du fait que ces connaissances sont souvent le point de départ des recherches industrielles sur les ressources génétiques. Les connaissances traditionnelles s’adaptent difficilement au système de protection par des brevets. Elles ne sont généralement pas considérées comme « nouvelles ». Même lorsque les technologies concernent des développements relativement récents, les connaissances détenues par les communautés traditionnelles sont souvent estimées comme faisant partie du « domaine public », c’est-à-dire communément connues ou partagées par un groupe important de personnes. Par ailleurs, un tel groupe ne pourrait déposer un brevet que s’il obtenait une reconnaissance en tant qu’entité juridique. Et quand le savoir n’est détenu que par quelques particuliers, il est hautement improbable que ceux-ci puissent exercer leurs ADPIC à cause du coût élevé des demandes d’enregistrement et de la protection des brevets.

L’accord sur les ADPIC contredit les principes de la Convention sur la Diversité Biologique. En effet, alors que la CDB s’inscrit dans le principe de partage des bénéfices tirés de l’utilisation des ressources génétiques, les ADPIC favorisent la privatisation. La CDB reconnaît les droits des communautés, tandis que les ADPIC protègent les droits des particuliers (y compris des entreprises)(Léonard et Toulmin, 1999).

Depuis quelques années, les forestiers et les agriculteurs, les environnementalistes et les économistes essaient de se retrouver dans la législation sur la propriété Intellectuelle qui demeure sans doute la plus intimidante jungle juridique.

L’Union Africaine (Organisation de l’Unité Africaine) est contre « le brevetage du vivant ». C’est pour cela que, pour la protection des obtentions végétales conformément aux décisions de l’Organisation Mondiale du Commerce, les Chefs d’Etat de l’OUA réunis à Ouagadougou en juin 1998, ont décidé de faire élaborer un projet de loi modèle par des experts africains. Ainsi, depuis 2000, une loi modèle africaine existe, sur la « Protection des droits des communautés locales, des agriculteurs et des obtenteurs, et règles d’accès aux ressources biologiques ». Cependant, des brevets ont déjà été déposés sur des plantes africaines, par des multinationales et des personnes privées, pour la plupart étrangères à l’Afrique (voir annexe).La Convention sur la diversité biologique reconnaît le rôle majeur des agricultures paysannes dans la préservation de la biodiversité. C’est dans cet esprit qu’a été conçu la loi modèle de l’OUA, qui stipule que : « l’accès à toute ressource biologique et/ou connaissance ou technologie des communautés locales dans toute partie du pays devra être soumise à une demande en vue d’obtenir le consentement informé préalable et une autorisation écrite  ». Ce permis sera délivré par « l’autorité compétente » après que l’Etat et les communautés locales concernées auront tous donné leur accord ; le texte prévoit également que cette autorité fixera le montant des redevances dues par le sélectionneur qui aura développé une variété à partir d’une des ressources biologiques du pays. Les royalties, calculées sur la base du montant des ventes de cette nouvelle variété, seront versées à un fonds qui financera les projets élaborés par les communautés locales dans un but « de développement, de conservation et d’utilisation durable des ressources génétiques agricoles  ». (Seuret et Brac de la Perrière, 2000)

VERS UNE CONSERVATION DES RESSOURCES BIOLOGIQUES ET LEUR UTILISATION DURABLE EN AFRIQUE

L’Afrique dépend et continuera à dépendre très fortement de ses ressources biologiques pour assurer l’alimentation et le logement de ses populations, ainsi que son revenu.

Pour les Africains, la biodiversité est une question de survie. Leurs moyens d’existence dépendent fortement d’un accès libre et aisé à une grande variété de ressources biologiques pour se procurer leurs nourriture, combustibles, médicaments, matériaux de construction,etc.

La protection de la biodiversité est nécessaire au maintien et à l’amélioration du niveau de vie des populations. Il faut reconnaître le rôle fondamental de la biodiversité dans le développement de l’ensemble du continent africain.

Que faire alors pour protéger, valoriser et améliorer la biodiversité ?

La gestion de la biodiversité passe par une multitude d’actions concrètes.Il s’agit notamment de gérer les différents écosystèmes pour maintenir leurs qualités et leurs capacités évolutives pour le bien des générations futures.

Il est nécessaire de développer de stratégies novatrices et bien conçues pour la conservation de la biodiversité. Dans les différents stratégies, il faudra incorporer plus que par le passé les valeurs locales et nationales.

Plusieurs secteurs devraient recevoir plus d’attention :

1. La recherche

Il s’agira notamment de :

- développer les recherches sur les espèces. On ne sait presque rien sur la biologie d’innombrables êtres vivants, au premier rang desquels se trouvent les espèces menacées.
- relancer la systématique. En effet, la systématique qu’elle soit botanique ou zoologique, n’en finit pas de régresser. Nombreux sont les groupes d’êtres vivants pour lesquels il n’ y a pas de spécialiste au niveau mondial.
- donner une meilleure place à l’écologie qu’elle soit fondamentale ou appliquée. La nécessité de disposer d’une écologie scientifique capable de modéliser et de prédire les changements des écosystèmes se fait de plus en plus sentir.

2. L’information

Il s’agit principalement de rendre disponible l’énorme masse de données botaniques et zoologiques actuellement dispersées dans les flores et collections, pour qu’elles soient utilisables par les gestionnaires des ressources naturelles. Les techniques informatiques modernes peuvent aider à l’exploitation appropriée des informations pertinentes notamment dans le cadre de Systèmes appropriés d’Information Géographique.Le développement de bases de données nationales et régionales pourrait aider également à une meilleure gestion de l’information et faciliterait le suivi de l’évolution de la diversité biologique.

Pour permettre aux citoyens et aux populations de prendre une part plus active dans la gestion de biodiversité, il est essentiel qu’ils soient bien informés et mieux informés. Le rôle de la société civile est extrêmement important dans ce domaine

3. La formation

Les disciplines scientifiques concernées par la biodiversité sont nombreuses et évoluent très vite. Le besoin de formation dans le domaine est donc permanent. La formation devra être souple et adaptée aux situations (formation permanente, stages ou séminaires). Au plan de l’enseignement formel plus d’attention devrait être portée à l’enseignement de la diversité biologique de l’école primaire à l’université.

4. La réglementation

La tendance des protecteurs de la nature est de demander l’élaboration de lois et règlements spécifiques pour atteindre cet objectif. Cependant comme pour de nombreuses questions environnementales on ne peut pas se contenter de mesures spécifique pour gérer la biodiversité. Les lois et règlements devraient tenir compte de nombreux aspects.Dans la plupart des pays africains de nombreux textes existent abordant différents aspects ayant trait à la biodiversité. Il y a dans beaucoup de cas la nécessité d’une mise en cohérence des textes et bien entendu l’élaboration de nouveaux textes compte tenu de l’évolution des différentes questions et l’apparition de nouveaux problèmes (OGM, bio-sécurité,..).

Les tentatives de conservation des ressources biologiques dans certains endroits particulièrement choisis dans les différents pays africains ont commencé il y a plusieurs décennies(réserves, parc nationaux, forêts classées, etc.). La création de ces aires protégées signifiait souvent pour les populations locales, leur exclusion de leurs terres traditionnellement destinées au pâturage et à l’agriculture. Heureusement, depuis quelques années des efforts importants sont réalisés par de nombreux Etats Africains pour changer la perception populaire par rapport à cette politique d’exclusion qui ne favorisait pas la conservation des ressources naturelles en particulier les ressources forestières.

Les réserves de la biosphère sont des aires protégées sur des écosystèmes ou une combinaison d’écosystèmes terrestres et côtiers/marins, reconnues au niveau international dans le cadre du Programme de l’UNESCO, sur l’Homme et la Biosphère (MAB). Les réserves sont proposées par les gouvernements nationaux, chacune d’entre elles devant répondre à un minimum de critères et remplir un minimum de conditions avant d’être admise dans le Réseau Mondial de Réserves de la Biosphère.Les réserves de la biosphère sont destinées à remplir trois fonctions complémentaires :

- une fonction de conservation, pour préserver les ressources génétiques, les espèces, les écosystèmes et les paysages ;
- une fonction de développement, pour encourager un développement économique et humain durable ;
- une fonction de support logistique, pour soutenir et encourager les activités de recherche, d’éducation, de formation et de surveillance continue, en relation avec les activités d’intérêt local, national et global, visant à la conservation et au développement durable (UNESCO, 1996).

Les Réserves de Biosphère sont conçues pour répondre à une des questions les plus essentielles qui se posent au monde aujourd’hui ; comment concilier la conservation de la biodiversité et des ressources biologiques avec leur utilisation durable ?

L’efficacité d’une réserve de la biosphère implique que les spécialistes en sciences naturelles et sociales, les groupes de conservation et de développement, les autorités gestionnaires et les communautés locales travaillent tous ensemble sur cette question si complexe.

Finalement, les stratégies de conservation de la biodiversité en Afrique devraient notamment en tenant compte des spécificités et conditions locales :

- respecter et incorporer les valeurs, priorités, et systèmes de connaissances africains ;
- faire participer effectivement la population locale à la gestion et à l’exploitation des ressources biologiques ;
- pouvoir contrôler ou redresser la perte de biodiversité dans chaque pays, dans chaque région ; et
- considérer la conservation de la biodiversité et le développement économique et social comme faisant partie intégrante du même processus de développement durable.

CONCLUSION

La nécessité de la préservation de la biodiversité fait l’objet d’un consensus universel. Tant les milieux scientifiques que sociaux sont sur la même longueur d’onde et comprennent que l’humanité est en train de gaspiller une ressource d’une valeur inestimable, indispensable pour notre alimentation, notre santé et notre sécurité économique.

Il paraît important de suggérer quelques mesures qui pourraient contribuer à une meilleure préservation de la biodiversité en Afrique :

1. Un cadre pour la conservation de la biodiversité devrait tenir compte de la multiplicité et la diversité des écosystèmes qui existent en Afrique
2. Les actions de modification ou de limitation des activités nuisibles à la biodiversité peuvent être simplifiées si des efforts sont entrepris pour renforcer, encourager, et développer davantage les pratiques et les traditions locales qui sont en harmonie avec la conservation de la biodiversité
3. Les populations locales doivent prendre part à chaque étape, de la planification, la mise en oeuvre, l’évaluation et au suivi.
4. L’attention utilitaire sur la préservation de l’endémisme et des ressources génétiques doit être modifiée, et l’accent doit être davantage mis sur la conservation de l’ensemble des systèmes écologiques.
5. De nombreux programmes de conservation conventionnels ont préconisé la protection en dehors de toute exploitation humaine ; inversement, les systèmes agricoles modernes ont mis l’accent sur la production sans tenir compte de la conservation. La perspective actuelle doit consister en l’élaboration et à la mise en oeuvre d’actions et projets capables de satisfaire les besoins des hommes de manière moins nuisible à l’environnement

La conservation des ressources biologiques et de la diversité biologique africaines au profit de tous nécessitera une vision plus vaste que celle qui est offerte à présent.

REFERENCES

Chauvet M. et Olivier L., La biodiversité enjeu planétaire. Préserver notre patrimoine génétique. Editions Sang de la Terre, Paris, 1993, 413 p.

Delange Y., Traité des plantes tropicales. Editions Actes Sud, 2002, 239 p.

FAO, AGROSTAT Database on Food Balance Sheets ( Intake), Rome (Italie), FAO, 1991

George S., Personne ne veut des OGM, sauf les industriels, Le Monde Diplomatique n° 589, avril 2003.

GRAIN, 2002, Semences de la biodiversité No.10, décembre 2002

GRAIN, 2003, Semences de la biodiversité No.11, janvier 2003

Leonard, R. et Toulmin, C., Traditional Knowledge : building linkages between environmental conventions and initiatives ». Rapport préparé pour le Secrétariat de la Convention sur la lutte contre la Désertification. IIED., 1999

Mortimore, M., Roots in the African dust, sustaining the dry lands Cambridge University press, 1998

Pimbert M., Sustaining the functions of agricultural biodiversity. Collection Gatekeeper, no 88, IIED, Londres, 1999

PNUE/CDB/SBSTTA, Evaluation du statut et des tendances et options de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique terrestre : écosystèmes des zones désertiques, méditerranéennes, arides, semi-arides, des pâturages et des savanes, PNUE, 1999

Russo E. et Cove D., Génie génétique, rêve et cauchemars, Presses polytechniques universitaires romane, 1995

Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, Protocole de Cartagena sur la prévention des risques biotechnologiques relatif à la Convention sur la diversité biologique : texte et annexes, Montréal, 2000

Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique, Convention sur la diversité biologique. Texte et annexes, Montréal, 2001

Seuret F. et Brac de la Perrière, R.A., L’Afrique refuse le brevetage du vivant, Le Monde Diplomatique, n°556, juillet 2000.

UNDP, UNEP, World Bank, World Resources Institute, 2000.World resources 2000-2001, People and Ecosystems, The fraying Web of Life, World Resources Institute, Washington DC.

UNESCO, Réserves de la biosphère : la stratégie de Séville et le cadre statuaire du réseau mondial, UNESCO, Paris, 1996, 20 p.

Zeba S. et Diouf P.S., Exploitation durable des ressources halieutiques de l’éco-région marine ouest africaine dans le contexte des relations ACP-UE, 2003

Communication à « EU/ACP Fisheries Relations : towards a greater susbtainability ». CTA/Commonwealth Secretariat, 7-9 avril 2003, ACP secretariat, Brussels, Belgium

Pour de plus amples informations sur la convention sur la biodiversité, consultez : http://www.biodiv.org/

Principaux brevets sur la diversité biologique africaine

Espèces

N° de brevet

Nom du détenteur

Origine

Utilisation

Discorea dumetorum igname jaune

US
5 019 580

Shama
Parmaceuticals M. Iwu

Afrique de l’Ouest

Traitement du diabète en Afrique de l’Ouest
Le brevet s’applique à l’utilisation de la dioscorétine pour le traitement du diabète

Thaumatococcus daniellii

US
4 011 206
Us
5 464 770

Tate & Lyle (RU)
Xoma Corp (USA)

Afrique de l’Ouest

Les chercheurs de l’Université d’Ifé ont été les premiers à identifier son potentiel en tant qu’édulcorant. Depuis lors, le gène a été cloné et utilisé comme édulcorant dans la confiserie. Les populations d’Afrique de l’Ouest n’ont reçu aucune compensation

Pygeum Prunus africana

US
3 856 946
FR
2 605 886

Debat Lab (France)

Forêts montagneuses africaines, surtout en Afrique Centrale

Plante médicinale et l’arbre est utilisé pour la sculpture. Pour le traitement de la prostate, on a observé une surexploitation grave dans de nombreuses zones, générant un revenu qui s’élève à 150 millions de dollars par an.

Pentadiplandra Brazzeana
Brazzéine (J’oublie)

US
5 527 555
US
5 326 580
US
5 346 998
US5 741 537

Université de Wisconsin (USA)

Gabon

Sert traditionnellement d’édulcorant. Le brevet s’applique au composé protéique édulcorant, au gène de la brazzéine et aux organismes transgéniques exprimant le gène. Ainsi, les pays développés se passeront de la cueillette ou de la culture commerciale de cette plante africaine. Prodigene est en train d’introduire le gène dans le maïs.

Eupenicillium
Shearii
Champignon

US
5 492 902

Département Américain d’Agriculture Research Foundation de l’Université de l’Iowa Biotechnology Research and Development (USA)

Côte-d’Ivoire

Destiné à servir d’insecticide

Dioscoreophyllum cumminisii

US
3 998 798
JP
5 070 494

Université de Pensylvanie (USA) et Kirin Brewery Ltd (Japon)

Afrique de l’Ouest

Sert à sucrer des aliments et des boissons depuis des siècles.

Harpagophytum procumbens

US
5 888 514
WO
9 744 051

Weisman Bernard (US) Finzelberg S Nachfolger Gmbh (DE)

Afrique du Sud, Botswana et Namibie

Longue histoire d’utilisation traditionnelle et également récoltée pour le commerce international.
Les brevets couvrent les extraits servant à traiter différentes formes d’asthme bronchique, de colite ulcéreuse, de rhumatisme, de maladie de Chrohn, d’inflammation des os et des articulations. Il n’y a aucune modalité connue de partage des avantages.

Hypoxis et Spiloxene

US
4 652 636

Roecar Holdings NV (Pays-Bas)

Afrique Australe

Traditionnellement utilisée pour traiter les tumeurs et les infections. Le brevet s’applique au composé servant à traiter tout cancer, à l’exception de la leucémie lymphocitique

Sceletium tortuosum
Famille des Mesembryanthemacées

WO
9 746 234

Farmac Nederland BV (Pays-Bas) et Sud-Africains

Australe

Traditionnellement utilisée par les populations comme substance enivrante et comme sédatif.
Le brevet confère un monopole sur l’utilisation de la mesemmbrine et des composés connexes dans le traitement des troubles mentaux.

Harungana vismia

US
5 837 255

Shaman Pharmaceuticals inc (USA)

Plusieurs pays d’Afrique

Plante médicinale africaine. Produit orienté vers le traitement de l’hypoglycémie et du diabète.

Coleus forskohlii
Forskoline

US
4 724 238
EP
0 265 810
IN 162 171
IN 147 030
IN 143 875

Hoechst (DE)

Afrique, Brésil et Inde

Plante médicinale traditionnelle en Afrique, au Brésil et en Inde. Le brevet s’applique à l’utilisation des propriétés anti-inflammatoires et analgésiques de la Forskoline.

Combretum caffrum
Bushwillow du Cap

US
4 996 237
WO 9 405 682

Université de l’Arizona (USA) et Italiens

Afrique et Inde

Plusieurs espèces de Combretum sont utilisées en médecine traditionnelle africaine et indienne.
Le brevet porte sur le composé utilisé dans le traitement de la leucémie lymphocitaire et du cancer du colon, ainsi que sur les méthodes servant à extraire et à isoler la combretastatine. OXYGENE a une option pour acquérir une licence exclusive mondiale avec des redevances pour ces composés.

Hoodia
Trichocaulon

WO 9 846 243

Company Phytopharm (RU) CSIR

Afrique du Sud

Traditionnellement utilisé pour réduire la faim et la soif.

Commiphora molmol
Myrrhe

JP
1 029 8097

Aamedo Mohamedo
Ari Masoudo (Japonais)

Egypte

Utilisation traditionnelle qui remonte à l’Egypte ancienne. Le brevet s’applique au traitement de la shistosomiase.

Nouvelle du virus VIH-1

US 5 019 510

Institut Pasteur (France)

Gabon

Le brevet est revendiqué pour le virus et pour sa séquence d’ADN

Source : WYNBERG, 2000, modifié. Privatisation des moyens de survie. La commercialisation de la biodiversité de l’Afrique. Biowatch, Afrique du Sud. Commerce mondial et biodiversité en conflit. N°5, Mai 2000. Fondation GAIA et GRAIN (GRAIN, 2002)