1. État civil

État civil – Acte de l’état civil – Acte dressé à l’étranger – Transcription – Cas – Faits déclarés correspondant à la réalité – Désignation de l’homme ayant reconnu l’enfant et de la femme en ayant accouché – Convention de gestation pour autrui – Portée

Ass. plén., 3 juillet 2015, pourvoi n° 14-21.323, Bull. 2015, Ass. plén., n° 4 (arrêt n° 1)

Ass. plén., 3 juillet 2015, pourvoi n° 15-50.002, Bull. 2015, Ass. plén., n° 4 (arrêt n° 2)

Il résulte des articles 47 du code civil et 7 du décret n° 62-921 du 3 août 1962 modifiant certaines règles relatives à l’état civil que l’acte de naissance concernant un Français, dressé en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays, est transcrit sur les registres de l’état civil sauf si d’autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l’acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité (arrêt n° 1, pourvoi n° 14-21.323 et arrêt n° 2, pourvoi n° 15-50.002).

Viole ces textes, ensemble l’article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, une cour d’appel qui, pour refuser la transcription d’un acte de naissance, établi en Russie, d’un enfant né dans ce pays, désignant l’homme de nationalité française qui l’a reconnu, en qualité de père, et la ressortissante russe qui en a accouché, en qualité de mère, retient qu’il existe un faisceau de preuves de nature à caractériser l’existence d’un processus frauduleux, comportant une convention de gestation pour le compte d’autrui, alors qu’elle n’avait pas constaté que l’acte était irrégulier, falsifié ou que les faits qui y étaient déclarés ne correspondaient pas à la réalité (arrêt n° 1, pourvoi n° 14-21.323).

Ayant constaté que l’acte de naissance, établi en Russie, d’un enfant né dans ce pays, désignant l’homme de nationalité française l’ayant reconnu, en qualité de père, et la ressortissante russe en ayant accouché, en qualité de mère, n’était ni irrégulier ni falsifié et que les faits qui y étaient déclarés correspondaient à la réalité, une cour d’appel en a déduit à bon droit que la convention de gestation pour autrui conclue entre les parents ne faisait pas obstacle à la transcription de l’acte de naissance (arrêt n° 2, pourvoi n° 15-50.002).

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