Introduction

Les éléments que le justiciable peut songer à produire – pour prouver la réalité de la qualité juridique dont il se réclame ou la certitude d’un fait dont les conséquences de droit lui importent – sont infiniment divers : des écrits, émanés de lui-même ou d’un agent ou officier public, rédigés pour faire preuve ou constatant fortuitement une donnée décisive pour l’espèce à juger ; des paroles aussi, la sienne ou celle d’un témoin ; des indices, de la matérialité desquels surgissent des éléments de conviction, précis et concordants. Le but des parties, en revanche, est parfaitement homogène : il s’agit, toujours, par l’application d’une prédétermination de la loi, ou en suscitant la conviction du juge, de « faire preuve » du bien-fondé de leurs allégations-prétentions-demandes ou, à tout le moins, de l’inanité de celles de l’adversaire. Lorsqu’un texte ne vient pas fixer lui-même la crédibilité ou la portée de l’élément produit, il résulte de la jurisprudence que le juge en fera une appréciation souveraine : tout dépend du lieu juridique où l’on se trouve. Du point de vue d’une étude d’efficience, la liberté de la preuve (titre 2) est seconde par rapport à sa valeur probante (titre 1).