Introduction aux trois livres

Tel que le concept de risque est saisi par le droit, ses applications tendent toutes, convergeant vers la satisfaction d’un besoin de sécurité, à corriger les déséquilibres qu’est susceptible d’engendrer la survenance de l’événement redouté. La charge des conséquences dommageables de cet événement est modifiée par le jeu d’une règle attributive, laquelle peut être mise en œuvre au moyen de deux techniques. La première consiste à déplacer cette charge sur un sujet de droit autre que celui qui devrait être affecté par la réalisation du risque (livre 1). Par le jeu d’un mécanisme plus complexe, la charge peut par ailleurs être répartie, soit entre des individus en nombre suffisant mais constituant un groupe de particuliers auquel ne correspond qu’une fraction de la collectivité, soit entre les membres de la collectivité nationale tout entière (livre 2). Longtemps satisfaisant, ce schéma classique est impuissant devant certains des « risques majeurs » apparus à l’ère techno-scientifique : il ne s’agit alors plus tellement de l’imputation d’une réparation, possiblement si lourde que les mécanismes traditionnels n’auraient guère de sens, que de tenter de prévenir le risque (livre 3).