Arrêt n° 291 du 14 mars 2018 (17-14.874) - Cour de cassation - Première chambre civile

Divorce, séparation de corps

Cassation partielle

Sommaire :

La demande de prestation compensatoire, accessoire à la demande en divorce, peut être présentée pour la première fois en appel tant que la décision, en ce qu’elle prononce le divorce, n’a pas acquis force de chose jugée.

Viole ce texte la cour d’appel qui déclare irrecevable, comme nouvelle en appel, la demande de prestation compensatoire de l’épouse, laquelle n’avait pas formé de demande en divorce, ni en première instance, ni en appel.


Demandeur : Mme Sandrine X..., épouse Y...
Défendeur : M. Christophe Y...


Attendu que la demande de prestation compensatoire, accessoire à la demande en divorce, peut être présentée pour la première fois en appel tant que la décision, en ce qu’elle prononce le divorce, n’a pas acquis force de chose jugée ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, qu’un jugement a rejeté la demande en divorce de M. Y… ; que sur appel de celui-ci, son épouse, Mme X… a conclu à la confirmation du jugement et subsidiairement, demandé une prestation compensatoire ; que la cour d’appel a prononcé le divorce ;

Attendu que, pour déclarer irrecevable, comme nouvelle, la demande de prestation compensatoire, l’arrêt retient qu’une partie n’est pas recevable à présenter pour la première fois devant la cour d’appel des prétentions qui seraient le prolongement ou l’accessoire de celles formées en première instance par une autre partie et que, Mme X… n’ayant formulé aucune demande en divorce en première instance, sa demande de prestation compensatoire ne se rattache à aucune prétention originelle ;

Qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il déclare irrecevable, comme nouvelle, la demande de prestation compensatoire, l’arrêt rendu le 15 décembre 2016, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Montpellier ;



Président : Mme Batut
Rapporteur : Mme Mouty-Tardieu, conseiller référendaire

Avocat(s) : SCP Jean-Philippe Caston ; Me Balat