Arrêt n° 769 du 15 juin 2017 (15-28.076) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2017:C100769

Cassation partielle


Demandeur(s) : Mme Monique X...

Défendeur(s) : M. Patrick Y...


Attendu, selon l’arrêt attaqué, qu’un jugement du 6 décembre 2001 a, sur leur requête conjointe, prononcé le divorce de M. Y… et de Mme X… et homologué la convention définitive portant règlement de ses effets, prévoyant notamment le paiement par le mari d’une prestation compensatoire sous forme d’une rente mensuelle indexée de 1 000 euros ; qu’invoquant un changement important dans ses ressources, M. Y… a, le 6 juin 2013, saisi le juge aux affaires familiales d’une demande de suspension de la prestation compensatoire pour une durée de dix-huit mois ; qu’en cause d’appel, il a demandé également la réduction du montant de la rente ;

 

 Sur le moyen unique, pris en sa seconde branche, ci-après annexé  :

 

 Attendu que Mme X… fait grief à l’arrêt de réduire à la somme de 600 euros par mois la rente viagère due par M. Y… à compter du 26 mars 2015 ;

 

 Attendu que l’arrêt relève que M. Y… connaît des difficultés financières, dès lors que la société, dont il est le gérant et qui lui procurait ses revenus, a été placée en liquidation judiciaire le 12 mai 2014, qu’il a été mis en demeure, dans le même temps, en sa qualité de caution solidaire de ladite société, de régler une certaine somme sous peine de déchéance du terme, et qu’il a été assigné le 17 avril 2014, en qualité de codébiteur solidaire, en résiliation du bail commercial et paiement des loyers et d’une indemnité d’occupation ; que par ces énonciations, la cour d’appel, qui a caractérisé la révélation de faits autorisant M. Y… à présenter une demande nouvelle en réduction de la rente viagère due au titre de la prestation compensatoire, a légalement justifié sa décision de ce chef ;

 

 Mais sur la première branche du moyen :

 

 Vu l’article 276-3 du code civil ;

 

 Attendu que la prestation compensatoire judiciairement suspendue, en fonction du changement important dans les ressources du débiteur, prend effet à la date de la demande de suspension ;

 

 Attendu que l’arrêt suspend le versement de la prestation compensatoire sous forme de rente viagère, à compter du 1er mars 2013 ; 

 

 Qu’en statuant ainsi, alors qu’elle avait constaté que la demande en avait été faite le 6 juin 2013, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il suspend le versement de la prestation compensatoire sous forme de rente viagère à compter du 1er mars 2013, l’arrêt rendu le 26 mars 2015, entre les parties, par la cour d’appel de Douai ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Douai, autrement composée ;

 


 Président : Mme Batut

Rapporteur : M. Hascher, conseiller

Avocat général : Mme Valdès-Boulouque

Avocat(s) : SCP Marlange et de La Burgade ; SCP Fabiani, Luc-Thaler et Pinatel