Arrêt n° 2151 du 27 septembre 2017 (16-60.238) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2017:SO02151

Rejet


Demandeur(s) : le syndicat SNEPS CFTC

Défendeur(s) : le syndciat UNSA Lancry protection sécurité, et autres


Sur le moyen unique :

 

 Attendu, selon le jugement attaqué (tribunal d’instance de Douai, 30 mai 2016), que par une requête du 4 novembre 2015, le syndicat national des employés de la prévention et de la sécurité-CFTC (le syndicat SNEPS-CFTC) a saisi le tribunal d’instance d’une demande d’annulation de la désignation de M. X…, le 5 octobre 2015, par le syndicat UNSA Lancry protection sécurité (le syndicat UNSA) en qualité de délégué syndical de l’établissement Nord-Est de la société Lancry protection sécurité ;

 

 Attendu qu’il est fait grief au jugement d’avoir rejeté cette demande alors, selon le moyen :

 

 1°/ que les critères posés par l’article L. 2121-1 du code du travail doivent être tous réunis pour établir la représentativité d’un syndicat ; que ceux tenant au respect des valeurs républicaines, à l’indépendance et à la transparence financière doivent être satisfaits de manière autonome et permanente ; que pour refuser d’annuler la désignation de M. X… en qualité de délégué syndical intervenue le 5 octobre 2015, le tribunal a retenu que l’arrêt de la cour d’appel de Paris en date du 4 juin 2015, qui constatait la perte de représentativité du syndicat UNSA pour absence d’indépendance vis-à-vis de l’employeur visait des faits relatifs à des élections professionnelles, antérieures à la désignation contestée ; qu’en statuant ainsi, le tribunal n’a pas tiré les conséquences légales de ses constatations et a violé l’article L. 2121-1 du code du travail ;

 

 2°/ que l’arrêt qui constate la perte de la représentativité d’un syndicat pour défaut d’indépendance vis-à-vis de l’employeur a pour effet de priver de validité les élections auxquelles ce syndicat a ultérieurement participé et les désignations auxquelles il a procédé ; qu’en décidant dès lors que le seul arrêt de la cour d’appel de Paris du 6 juin 2015 constatant la perte de représentativité du syndicat UNSA pour défaut d’indépendance ne faisait pas la preuve de la non-représentativité de ce syndicat à la date de la désignation contestée, le tribunal d’instance a violé l’article L. 2121-1 du code du travail ;

 

 3°/ que le pourvoi en cassation n’est pas suspensif ; qu’en privant de tout effet l’arrêt de la cour d’appel de Paris du 6 juin 2015 constatant la non-représentativité du syndicat UNSA par la considération qu’il était frappé de pourvoi, le tribunal d’instance a violé l’article 579 du code de procédure civile ;

 

 Mais attendu que si les critères posés par l’article L. 2121-1 du code du travail tenant au respect des valeurs républicaines, à l’indépendance et à la transparence financière doivent être satisfaits de manière autonome et permanente, l’absence d’indépendance judiciairement établie d’un syndicat lors de l’exercice d’une prérogative syndicale ne le prive pas de la possibilité d’exercer ultérieurement les prérogatives liées à la qualité d’organisation syndicale dès lors qu’il réunit, au moment de l’exercice de ces prérogatives tous les critères visés à l’article précité ; que c’est dès lors à bon droit que le tribunal a statué comme il l’a fait ; que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS :

 

 REJETTE le pourvoi ;


 Président : M. Frouin

Rapporteur : Mme Slove, conseiller

Avocat général : M. Boyer

Avocat(s) : SCP Didier et Pinet