Arrêt n° 1795 du 15 octobre 2014 (11-22.251) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2014:SO01795

Contrat de travail, rupture

Rejet


Demandeur(s) : M. Jean-Yves X...

Défendeur(s) : Mme Caroline Y..., et autre


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Dijon, 30 juin 2011), que Mme Y… a été engagée le 1er août 2008 en qualité de femme toutes mains à temps complet par M. X…, exploitant un fonds de commerce de bar, meublé et restauration rapide ; que la salariée a été en arrêt de travail du 14 au 23 janvier 2009 puis du 30 janvier 2009 au 12 mars 2009 ; qu’il a été mis fin au contrat de travail, le 3 avril 2009, en vertu d’un document signé des deux parties ; que la salariée a saisi la juridiction prud’homale pour faire juger que la rupture s’analysait en un licenciement dépourvu de cause réelle et sérieuse et pour demander le paiement de diverses sommes à titre d’heures impayées, d’indemnités de rupture, et d’indemnité pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ;

 

 Sur le premier moyen :

 

 Attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer sur ce moyen qui n’est pas de nature à permettre l’admission du pourvoi ;

 

 Sur le second moyen :

 

 Attendu que l’employeur fait grief à l’arrêt de décider que le licenciement ne reposait pas sur une cause réelle et sérieuse et de le condamner à payer à la salariée diverses sommes à titre d’indemnité de préavis, congés payés afférents, dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, alors, selon le moyen :

 

 1°/ que le contrat de travail peut prendre fin non seulement par un licenciement ou par une démission, mais encore du commun accord des parties, par une rupture amiable, sans que le respect du formalisme institué par les articles L. 1237-11 et s. du code du travail ne constitue une condition de validité de l’acte constatant la rupture amiable, dès lors que les parties n’ont pas exprimé la volonté de se soumettre au régime de la rupture conventionnelle ; de sorte qu’en décidant, en l’espèce, que la signature, le 3 avril 2009, par les deux parties, d’un document ayant pour objet de mettre un terme d’un commun accord au contrat de travail ne pouvait produire les effets d’une rupture amiable en raison du seul non-respect des exigences définies par les articles L. 1237-12 à L. 1237-14 du code du travail, la cour d’appel a violé les dispositions des articles susvisés, ensemble celles de l’article 1134 du code civil ;

 

 2°/ que, la remise en cause d’un accord amiable de rupture du contrat de travail est subordonnée à la constatation que le consentement du salarié a été vicié par dol, erreur ou violence ; qu’en décidant, en l’espèce, que l’accord de rupture amiable du 3 avril 2009 était nul, sans rechercher si le consentement de Mme Y… avait été vicié, de quelque manière que ce soit, lors de la signature du document constatant l’accord des parties, la cour d’appel a, dans son arrêt infirmatif, privé sa décision de base légale au regard des articles 1109 et 1134 du code civil ;

 

 Mais attendu qu’aux termes de l’article L. 1231-1 du code du travail le contrat de travail à durée indéterminée peut être rompu à l’initiative de l’employeur ou du salarié ou d’un commun accord dans les conditions prévues par le présent titre ; que selon les dispositions de l’article L. 1237-11 du même code, la rupture d’un commun accord qualifiée rupture conventionnelle résulte d’une convention signée par les parties au contrat qui est soumise aux dispositions réglementant ce mode de rupture destinées à garantir la liberté du consentement des parties ; qu’il résulte de la combinaison de ces textes que, sauf dispositions légales contraires, la rupture du contrat de travail par accord des parties ne peut intervenir que dans les conditions prévues par le second relatif à la rupture conventionnelle ;

 

 Et attendu que la cour d’appel, qui a constaté que le document signé par les parties ne satisfaisait pas aux exigences de l’article L. 1237-11 du code du travail, a décidé à bon droit que la rupture s’analysait en un licenciement sans cause réelle et sérieuse ;

 

 D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

 

 PAR CES MOTIFS  :

 

 REJETTE le pourvoi ;

 


Président : M. Frouin

Rapporteur : M. Frouin, président faisant fonction de rapporteur

Avocat général : Mme Courcol-Bouchard

Avocat(s) : Me Foussard ; SCP Boré et Salve de Bruneton