03-11.098
Arrêt n° 822 du 30 juin 2004
Cour de cassation - Troisième chambre civile

Bail à loyer (loi du 6 juillet 1989)

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : M. Joël X...
Défendeur(s) à la cassation : Mme Jeanne Y...


Sur le moyen unique :

Vu l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 ;

Attendu que les charges locatives peuvent donner lieu au versement de provisions et doivent, en ce cas, faire l’objet d’une régularisation au moins annuelle ; qu’un mois avant cette régularisation, le bailleur en communique au locataire le décompte par nature de charges ainsi que, dans les immeubles collectifs, le mode de répartition entre les locataires ; que durant un mois à compter de l’envoi de ce décompte, les pièces justificatives sont tenues à la disposition des locataires ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Caen, 3 octobre 2002), que M. X..., locataire d’un appartement dépendant d’un immeuble soumis au statut de la copropriété, a demandé qu’il fût enjoint à Mme Y..., sa bailleresse, de mettre à sa disposition les pièces justificatives des charges réelles relatives à l’exercice 1999-2000 ;

Attendu que pour rejeter cette demande l’arrêt constate que le décompte adressé à M. X... est parfaitement détaillé, qu’il répond, dès lors, aux exigences de l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 en permettant une ventilation poste par poste et la vérification de la nature récupérable des charges considérées par application des dispositions du décret du 26 août 1987, que, par ailleurs, aucune disposition légale ne prévoit qu’un locataire d’un lot dépendant d’une copropriété puisse se faire remettre copie de tout ou partie de la comptabilité du syndicat des copropriétaires ou même y avoir directement accès, que de même la loi du 6 juillet 1989 n’a nullement prévu l’obligation d’accéder directement à chacun des documents comptables concernés ;

Qu’en statuant ainsi, sans relever que la bailleresse avait tenu à la disposition de son locataire les pièces justificatives des charges locatives figurant au décompte qu’elle lui avait adressé, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 3 octobre 2002, entre les parties, par la cour d’appel de Caen ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Rennes ;


Président : M. Weber 
Rapporteur : Mme Monge, conseiller référendaire
Avocat général : M. Bruntz
Avocat(s) : la SCP Vier et Barthélemy, la SCP Bachellier et Potier de la Varde