Arrêt n°400 du 16 mai 2019 (17-24.474) - Cour de cassation - Troisième chambre civile
- ECLI:FR:CCASS:2019:C300400

Urbanisme

Rejet

Demandeur(s) : Mme D... X..., épouse Y...

Défendeur(s) : Ville de Paris, représentée par son maire en exercice ; et autres


Sur le moyen unique :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 30 juin 2017), que M. et Mme Y..., usufruitiers d’un appartement à usage d’habitation, ont, le 22 juillet 2015, été assignés en référé par le procureur de la République en paiement d’une amende civile, sur le fondement de l’article L. 651-2 du code de la construction et de l’habitation, pour avoir loué ce logement de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage, en contravention avec les dispositions de l’article L. 637-7 du même code ; que, par ordonnance du 21 septembre 2015, ils ont été condamnés à payer une amende de 2 500 euros ; que, le 10 novembre 2015, le procureur de la République a interjeté appel de cette ordonnance ; que la Ville de Paris est intervenue volontairement à l’instance ;

Attendu que M. et Mme Y... font grief à l’arrêt de recevoir la Ville de Paris en son intervention volontaire et de les condamner à payer une amende de 15 000 euros, alors, selon le moyen :

1°/ qu’est irrecevable en intervention volontaire un appel dans le cadre d’un appel principal irrecevable comme tardif ; que l’appel du parquet étant irrecevable comme tardif, aucune intervention ne pouvait être reçue ; que la cour d’appel a violé les articles 329, 490, 528 et 550 du code de procédure civile ;

2°/ que, dans leurs conclusions d’appel, ils invoquaient la tardiveté de l’appel du parquet, appelant principal, en soulevaient l’irrecevabilité et faisaient valoir l’irrecevabilité de l’intervention de la Ville de Paris ; que le moyen, tiré du lien entre tardiveté de l’appel principal et l’irrecevabilité de l’intervention, était dans la cause, et que la cour d’appel a violé l’article 4 du code de procédure civile et méconnu le cadre du litige ;

3°/ que la modification de l’article L. 651-2 du code de la construction et de l’habitation par la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016, confiant désormais au maire de la commune le soin de saisir le tribunal de grande instance en cas d’infraction aux règles sur la destination des locaux ne peut s’appliquer qu’aux procédures ouvertes après son entrée en vigueur ; que l’action ayant été introduite par le parquet le 22 juillet 2015 soit antérieurement à la loi nouvelle, elle continuait à être régie par la loi ancienne ; qu’en permettant la substitution de la Ville de Paris au parquet en cause d’appel, la cour d’appel a violé l’article L. 651-2 du code de la construction et de l’habitation, dans sa rédaction applicable en la cause ;

Mais attendu, d’une part, que les dispositions de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016, en ce qu’elles confèrent qualité au maire de la commune ou à l’Agence nationale de l’habitat pour saisir le président du tribunal de grande instance en cas de violation des règles sur le changement d’usage des locaux destinés à l’habitation, revêtent le caractère d’une loi de procédure et sont, à ce titre, d’application immédiate aux instances en cours ;

Attendu, d’autre part, qu’ayant retenu à bon droit que, lorsque l’intervenant se prévaut d’un droit propre, le sort de son intervention n’est pas lié à celui de l’action principale et relevé que l’intervention volontaire de la Ville de Paris était une intervention principale puisqu’elle agissait pour son propre compte et non pas pour soutenir la prétention du ministère public, la cour d’appel a exactement déduit, de ces seuls motifs, que l’irrecevabilité de l’appel du procureur de la République était sans incidence sur la recevabilité de l’intervention principale de la Ville de Paris ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS  :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Chauvin
Rapporteur : M. Jacques
Avocat général : M. Burgaud, avocat général référendaire
Avocat : SCP Waquet, Farge et Hazan - SCP Foussard et Froger