Arrêt n° 1451 du 8 décembre 2010 (09-16.939) - Cour de cassation - Troisième chambre civile

Bail commercial

Rejet

 


 

Demandeur(s) : La société Challenge

Défendeur(s) : La société Le Longchamp

 


 

Sur le premier moyen :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Rennes, 10 juin 2009), que la SCI Challenge (la SCI), propriétaire de locaux à usage commercial donnés à bail à la SNC Le Longchamp, a délivré à cette dernière le 17 novembre 2005 un commandement visant la clause résolutoire du bail, puis l’a assignée en acquisition de la clause ;

Attendu que la SCI fait grief à l’arrêt d’avoir prononcé la nullité de la clause résolutoire de plein droit insérée au bail, alors, selon le moyen, que selon l’article L. 145 41 du code de commerce, toute clause insérée dans un contrat de bail commercial et en prévoyant la résiliation de plein droit ne produit effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux ; que le commandement doit, à peine de nullité, mentionner ce délai ; que ce texte aménage les conditions de mises en oeuvre et les effets de la clause résolutoire, prévoyant, dans ce cadre, les conditions de validité du commandement qui en conditionne l’application ; que si la mention, dans un contrat de bail, d’un délai de mise en oeuvre de quinze jours, assortissant la clause résolutoire également insérée dans ce contrat, est illicite au regard des dispositions précitées, et doit être annulée en vertu de l’article L. 145 15, cette nullité, touchant les modalités d’exercice d’une clause, non essentielles à l’application de celle ci, ne saurait être étendue à la clause résolutoire en son principe, ni au commandement qui la vise lequel mentionnait régulièrement l’application du délai légal de un mois avant l’acquisition de cette clause ; qu’en décidant le contraire, la cour d’appel viole les articles L. 145 15, L. 145 41 du code de commerce, ensemble les articles 1128 et 1134 du code civil ;

Mais attendu qu’ayant relevé que le bail prévoyait qu’à défaut de paiement d’un seul terme de loyer à son échéance exacte ou d’exécution d’une seule des conditions du bail et quinze jours après un simple commandement de payer ou une sommation d’exécuter contenant mention de la clause resté sans effet, le bail serait résilié de plein droit, la cour d’appel, qui a retenu à bon droit que la mention dans la clause résolutoire insérée au bail d’un délai de quinze jours tenait en échec les dispositions d’ordre public de l’article L. 145 41 du code de commerce aux termes duquel toute clause prévoyant la résiliation de plein droit ne produisait effet qu’un mois après un commandement demeuré infructueux, en a justement déduit que, l’article L. 145 15 du même code édictant la nullité de toute clause ayant pour effet de faire échec aux dispositions de l’article L. 145 41, la clause résolutoire insérée au bail litigieux était nulle ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

Et attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer sur le second moyen qui ne serait pas de nature à permettre l’admission du pourvoi ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi

 


 

Président : M. Lacabarats

Rapporteur : Mme Proust, conseiller référendaire

Avocat général : M. Cuinat

Avocat(s) : Me Blondel ; SCP Delaporte, Briard et Trichet