Arrêt n°1148 du 20 décembre 2018 (18-10.355) - Cour de cassation - Troisième chambre civile
- ECLI:FR:CCASS:2018:C301148

Bail d’habitation - Adjudication

Rejet

Demandeur (s) : Mme X..., épouse Y...
Défendeur (s) : M. Z..., pris en qualité de mandataire liquidateur de la société Belles Feuilles ; et autres


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 9 novembre 2017), que la société Belles Feuilles (la société), marchand de biens, propriétaire d’un immeuble situé 60 boulevard Saint-Germain à Paris, a été placée en liquidation judiciaire ; que le liquidateur judiciaire a saisi le juge-commissaire afin d’être autorisé à procéder à la vente, par voie d’adjudication judiciaire, d’un appartement situé dans cet immeuble et donné à bail à Mme Y..., et de trois caves ;

Attendu que Mme Y... fait grief à l’arrêt d’ordonner au liquidateur de procéder à la vente par voie d’adjudication judiciaire de ces locaux alors, selon le moyen :

1°/ que l’accord collectif du 16 mars 2005, applicable aux opérations de vente par lots de plus de dix logements d’un même immeuble, rendu obligatoire par le décret n° 99-268 du 22 juillet 1999, s’applique à toute vente rentrant dans ses prescriptions même en l’absence de tout congé pour vendre délivré aux locataires des logements inclus dans l’opération ; qu’en affirmant, pour juger que le liquidateur judiciaire de la société Belles Feuilles n’avait pas méconnu les droits de Mme Y..., que l’ordonnance ne fait aucune référence à un congé délivré ou à délivrer à cette dernière et ne précise pas que l’immeuble doit être vendu libre de toute occupation, la cour d’appel a violé les articles 1 et 2 de l’accord collectif du 9 juin 1998 ;

2°/ que la procédure d’information doit être mise en oeuvre par le bailleur de l’immeuble préalablement à toute décision de mise en vente consécutive à la division de l’immeuble en plus de dix logements ; qu’en affirmant que la décision ordonnant la mise en vente par voie d’adjudication des lots n° 11, 18, 46 et 61 à la suite de la division de l’immeuble était régulière dès lors qu’elle ne faisait pas obstacle à l’accomplissement a posteriori par M. Z... des formalités d’ordre public nécessaires au respect des droits de Mme Y..., la cour d’appel a violé l’article 1er de l’accord collectif du 9 juin 1998 ;

Mais attendu que, l’accord collectif du 9 juin 1998 n’étant pas applicable en cas de vente par adjudication volontaire ou forcée, où la protection du locataire est assurée par la procédure prévue par l’article 10, II de la loi du 31 décembre 1975, c’est sans en violer les dispositions que la cour d’appel a ordonné la vente aux enchères publiques, par le liquidateur, de l’appartement donné à bail à Mme Y... ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

Par ces motifs :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Chauvin
Rapporteur : Mme Collomp, conseiller référendaire
Avocat général : M. Sturlèse
Avocat(s) : SCP Didier et Pinet - SCP Boré, Salve de Bruneton et Mégret - SCP Potier de La Varde, Buk-Lament et Robillot