Arrêt n° 1058 du 22 novembre 2018 (17-26.209) - Cour de cassation - Troisième chambre civile
- ECLI:FR:CCASS:2018:C301058

Vente immobilière - Protection de la nature et de l’environnement

Rejet

Demandeur (s) : Société GDLMA, société civile immobilière
Défendeur (s) : Société Faiveley transport Amiens, société par actions simplifiée


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 23 juin 2017), qu’en 1992 et 1993, la société SAB Wabco, aux droits de laquelle se trouve la société Faiveley transports Amiens (la société Faiveley), a vendu à la société civile immobilière GDLMA (la SCI GDLMA) des terrains faisant partie d’un site industriel sur lequel une activité de fabrication de systèmes de freinage automobile et ferroviaire a été exercée de 1892 à 1999, incluant des installations classées pour la protection de l’environnement ; qu’en 2010, à l’occasion d’une opération de réaménagement, la SCI GDLMA a découvert l’existence d’une pollution du sol des terrains vendus ; qu’elle a assigné la société Faiveley en réparation de ses préjudices ;

Sur le premier moyen, ci-après annexé :

Attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce moyen qui n’est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;

Sur le deuxième moyen :

Attendu que la SCI GDLMA fait grief à l’arrêt de rejeter sa demande au titre d’un manquement de la société Faiveley à l’obligation d’information de l’article L. 514-20 du code de l’environnement, alors, selon le moyen, que, lorsqu’une installation soumise à autorisation a été exploitée sur un terrain, le vendeur de ce terrain est tenu d’en informer par écrit l’acheteur ; que cette obligation porte non seulement sur la vente des parties du site sièges des activités relevant du régime de l’autorisation, mais également sur la vente de tout terrain issu de la division de ce site ; que, pour débouter la société GDLMA, acquéreur d’une parcelle comprise dans un ancien site industriel relevant du régime de l’autorisation, de sa demande au titre du manquement du vendeur à son obligation spécifique d’information, l’arrêt retient qu’il n’aurait pas été démontré qu’elles auraient été le siège d’une installation classée soumise à autorisation ou d’une installation connexe ; qu’en statuant ainsi, la cour d’appel a violé l’article 8-1 de la loi n°76-663 du 19 juillet 1976 modifiée relative aux installations classées pour la protection de l’environnement, devenu l’article L. 514-20 du code de l’environnement  ;

Mais attendu que l’article L 514-20 du code de l’environnement, qui dispose que, lorsqu’une installation classée soumise à autorisation ou à enregistrement a été exploitée sur un terrain, le vendeur de ce terrain est tenu d’en informer par écrit l’acheteur, nécessite, pour son application, qu’une installation classée ait été implantée, en tout ou partie, sur le terrain vendu ; qu’ayant relevé qu’aucune des installations classées implantées sur le site industriel de Sevran-Livry-Gargan n’avait été exploitée sur les parcelles cédées à la SCI GDLMA et retenu qu’il n’était pas établi qu’une installation de nature, par sa proximité ou sa connexité, à en modifier les dangers ou inconvénients, au sens de l’article R. 512-32 du même code, y eût été exploitée, la cour d’appel en a déduit à bon droit que le vendeur n’avait pas manqué à son obligation d’information ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

Sur le troisième moyen, ci-après annexé :

Attendu que la SCI GDLMA fait grief à l’arrêt de rejeter sa demande contre la société Faiveley pour manquement à son obligation de remise en état ;

Mais attendu qu’ayant relevé que les installations classées exploitées sur le site d’activités de la société SAB Wabco étaient implantées uniquement sur deux parcelles qui n’étaient pas celles dont la SCI GDLMA était propriétaire et retenu que, si une pollution du sol avait bien été constatée dans le rapport Soler environnement de 2010, aucun des rapports produits postérieurement par la société GDLMA ne permettait d’établir avec certitude que cette pollution avait existé antérieurement ni de la rattacher à l’activité de la société SAB Wabco, ces documents n’excluant pas que des polluants en provenance d’autres sites à risques eussent été transportés par les eaux souterraines, la cour d’appel, devant laquelle aucune mesure d’expertise n’était demandée, a pu déduire de ces seuls motifs, sans inverser la charge de la preuve et sans être tenue de procéder à une recherche que ses constatations rendaient inopérante, ni de répondre à de simples allégations sur l’origine de la pollution non assorties d’une offre de preuve, que la responsabilité délictuelle de la société Faiveley ne pouvait être retenue ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

Par ces motifs :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Chauvin
Rapporteur : Mme Farrenq-Nési
Avocat général : M. Kapella
Avocat(s) : SCP Baraduc, Duhamel et Rameix - SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin