Arrêt n° 1830 du 11 juillet 2011 (11-40.031) - Cour de cassation - Chambre sociale

Non-lieu à renvoi


Demandeur(s) : M. Joël X...

Défendeur(s) : Société Union des regroupements d’achats publics, société anonyme


Statuant sur la question prioritaire de constitutionnalité transmise par un arrêt de la cour d’appel de Paris, en date du 5 mai 2011 :

Attendu que la question transmise est ainsi rédigée :

Les dispositions de l’article 45 cinquième alinéa de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique d’Etat méconnaissent-elles le principe constitutionnel d’égalité en ce qu’elles prévoient que ne sont pas applicables, à l’issue du détachement du fonctionnaire, les dispositions des articles L. 122-3-5, L. 122-3-8 et L. 122-9 du code du travail ou de toute disposition législative, réglementaire ou conventionnelle prévoyant le versement d’indemnités de licenciement ou de fin de carrière alors que le fonctionnaire détaché est soumis aux règles régissant la fonction qu’il exerce par l’effet de son détachement ?” ;

Attendu que les dispositions contestées sont applicables au litige et qu’elles n’ont pas déjà été déclarées conformes à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Attendu que la question n’est pas nouvelle ;

Attendu qu’il résulte de la disposition contestée que le fonctionnaire à l’issue de son détachement ne peut prétendre ni à l’indemnité due au salarié employé sous contrat à durée déterminée pour compenser la précarité de sa situation dans les cas prévus par les dispositions de l’article L. 122-3-5, reprises successivement à l’article L. 122-3-4 par l’ordonnance n° 86-948 du 11 août 1986 puis à l’article L. 1243-8 du code du travail, ni à l’indemnité de licenciement prévue par les dispositions de l’article L. 122-9 reprises à l’article L. 1234-9 du même code, ni à toute indemnité de licenciement ou de fin de carrière prévue par toute disposition législative, réglementaire ou conventionnelle ; que la disposition contestée, en revanche, ne fait pas obstacle, le cas échéant, au versement de dommages intérêts dans les cas prévus par les dispositions codifiées à la date d’entrée en vigueur de la loi du 11 janvier 1984 à l’article L. 122-3-9 puis reprises successivement à l’article L. 122-3-8 par l’ordonnance n° 86-948 du 11 août 1986 puis à l’article L. 1243-4 du code du travail, ni au versement de dommages intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse ;

Et attendu que la question posée ne présente pas un caractère sérieux dès lors, d’une part, que le principe d’égalité ne s’oppose pas à ce que le législateur règle de façon différente la situation des fonctionnaires détachés dans les entreprises soumises aux dispositions du code du travail et celle des autres salariés de ces mêmes entreprises, ces situations n’étant pas identiques et, d’autre part, qu’il apparaît à l’évidence que la différence de traitement instituée par le législateur est en rapport direct avec l’objet de la loi qui l’établit et notamment avec les droits et garanties institués au bénéfice du fonctionnaire placé en position de détachement ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel ;

PAR CES MOTIFS :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;



Président : M. Bailly, conseiller le plus ancien

Rapporteur : M. Struillou, conseiller

Avocat général : M. Foerst

Avocat(s) : SCP Fabiani et Luc-Thaler