Dispositions combinées des articles 132-19 et 132-24 du code pénal et de l’article 365-1 du code de procédure pénale

  • Question

« Les dispositions combinées des articles 132-19 et 132-24 du code pénal prévoyant la motivation spéciale du prononcé de la peine correctionnelle, et celles de l’article 365-1 du code de procédure pénale qui, en cas de condamnation, imposent à la Cour d’assises de motiver la déclaration de culpabilité, en ce qu’elles n’imposent pas également de motiver la peine de réclusion, portent-elles atteinte au droit à une procédure juste et équitable, à la légalité des peines, à l’égalité devant la loi et devant la justice, et aux droits de la défense, garantis par les articles 5, 6, 7, 8, 9 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ainsi qu’à l’article 34 de la Constitution ? »

  • Saisine

Du 07/08/2013, R 13-80.474 - Pourvoi c/ Cour d’assises d’appel du Val de Marne

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n° 5239 du 6 novembre 2013 (13-80.474) - Cour de cassation - Chambre criminelle - ECLI:FR:CCASS:2013:CR05239


Demandeur(s) : M. X...


 

Attendu que la question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée :

"Les dispositions combinées des articles 132-19 et 132-24 du code pénal prévoyant la motivation spéciale du prononcé de la peine correctionnelle, et celles de l’article 365-1 du code de procédure pénale qui, en cas de condamnation, imposent à la cour d’assises de motiver la déclaration de culpabilité, en ce qu’elles n’imposent pas également de motiver la peine de réclusion, portent-elles atteinte au droit à une procédure juste et équitable, à la légalité des peines, à l’égalité devant la loi et devant la justice et aux droits de la défense, garantis par les articles 5, 6, 7,8, 9 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ainsi qu’à l’article 34 de la Constitution ?" ;

Attendu que l’article 365-1du code de procédure pénale a été déclaré conforme à la Constitution par la décision n° 2011-635 DC du 4 août 2011 du Conseil constitutionnel ; que la question prioritaire de constitutionnalité est donc sans objet en ce qui le concerne ;

Attendu que les dispositions des articles 132-19 et 132-24 du code pénal n’ont pas été déclarées conformes à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Attendu que la question n’est pas nouvelle, puisqu’elle ne porte pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application ;

Et attendu que la question posée ne présente pas, à l’évidence, un caractère sérieux dès lors que l’absence de motivation des peines de réclusion criminelle et d’emprisonnement prononcées par les cours d’assises, qui s’explique par l’exigence d’un vote à la majorité absolue ou à la majorité de six ou de huit voix au moins lorsque le maximum de la peine privative de liberté est prononcé, ce qui exclut tout risque d’arbitraire et n’est pas, en soi, contraire au principe de nécessité des peines, ne porte pas atteinte au droit à l’égalité devant la justice garanti par les articles 6 et suivants de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, les personnes accusées de crime devant les cours d’assises étant dans une situation différente de celles poursuivies devant le tribunal correctionnel ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel ;

Par ces motifs :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité

 


Président : M. Louvel
Rapporteur : M. Moreau
Avocat général : M. Valdès-Boulouque
Avocat(s) : SCP Waquet, Farge et Hazan ; SCP Yves et Blaise Capron


  • Décision du Conseil constitutionnel

Non renvoyée au Conseil constitutionnel