Article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881

  • Question

“L’article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse, est-il contraire, en l’espèce, aux articles 5 et 11 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, en ce qu’il ne vise à sanctionner que les provocations discriminatoires commises à l’encontre de personnes ou d’un groupe de personnes, à raison de leur origine, ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, et non une provocation discriminatoire visant des produits en fonction d’une certaine politique effectuée par une nation, étant observé que les articles précités de la Déclaration des droits de l’homme indiquent, d’une part, que tout ce qui n’est pas défendu par la loi, est autorisé, ce qui suppose que le droit soit accessible et prévisible, et, d’autre part, que la liberté d’expression est un droit fondamental ? ”

  • Saisine

Du 14/03/2011, B 10-88.315 - Pourvoi c/ Cour d’appel de Bordeaux

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n° 3377 du 7 juin 2011 (10-88.315) - Cour de cassation - Chambre criminelle


Demandeur(s) : Mme S... X... épouse Y...


Attendu que la question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée :

“L’article 24, alinéa 8, de la loi du 29 juillet 1881 sur la presse, est contraire, en l’espèce, aux articles 5 et 11 de la Déclaration des droits de l’homme de 1789, en ce qu’il ne vise à sanctionner que les provocations discriminatoires commises à l’encontre de personnes ou d’un groupe de personnes, à raison de leur origine, ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, et non une provocation discriminatoire visant des produits en fonction d’une certaine politique effectuée par une nation, étant observé que les articles précités de la Déclaration des droits de l’homme indiquent, d’une part, que tout ce qui n’est pas défendu par la loi, est autorisé, ce qui suppose que le droit soit accessible et prévisible, et, d’autre part, que la liberté d’expression est un droit fondamental” ;

Attendu que le texte contesté est applicable à la procédure et n’a pas déjà été déclaré conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Mais attendu que la question posée, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu que la question posée ne présente pas, à l’évidence, un caractère sérieux, dès lors qu’elle revient, dans la procédure en cause, à contester la qualification appliquée aux faits poursuivis par le ministère public et les juges du fond qui est soumise au contrôle de la Cour de cassation ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de renvoyer la question au Conseil constitutionnel ;

Par ces motifs :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;


Président : M. Louvel

Rapporteur : Mme Guirimand, conseiller

Avocat(s) : SCP Masse-Dessen et Thouvenin ; SCP Waquet, Farge et Hazan


  • Décision du Conseil constitutionnel

Non renvoyée au Conseil constitutionnel