Article 314-7 du code pénal

  • Question

L’article 314-7 du code pénal, qui dispose que le fait, par un débiteur, même avant la décision judiciaire constatant sa dette, d’organiser ou d’aggraver son insolvabilité soit en augmentant le passif ou en diminuant l’actif de son patrimoine, soit en diminuant ou en dissimulant tout ou partie de ses revenus, soit en dissimulant certains de ses biens, en vue de se soustraire à l’exécution d’une condamnation de nature patrimoniale prononcée par une juridiction répressive ou, en matière délictuelle, quasi délictuelle ou d’aliments, prononcée par une juridiction civile, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, prévoit-il une peine manifestement disproportionnée avec l’infraction, en méconnaissance de l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?

  • Saisine

15/07/2019 - J 19-81.642 - Pourvoi c/ Cour d’appel de Pau, chambre correctionnelle, 31 janvier 2019

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n°2073 du 24 septembre 2019 (19-81.642)- Cour de cassation - Chambre criminelle- ECLI:FR:CCASS:2019:CR02073

Demandeur(s) : M. X...


Attendu que la question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée : “L’article 314-7 du code pénal, qui dispose que le fait, par un débiteur, même avant la décision judiciaire constatant sa dette, d’organiser ou d’aggraver son insolvabilité soit en augmentant le passif ou en diminuant l’actif de son patrimoine, soit en diminuant ou en dissimulant tout ou partie de ses revenus, soit en dissimulant certains de ses biens, en vue de se soustraire à l’exécution d’une condamnation de nature patrimoniale prononcée par une juridiction répressive ou, en matière délictuelle, quasi délictuelle ou d’aliments, prononcée par une juridiction civile, est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, prévoit-il une peine manifestement disproportionnée avec l’infraction, en méconnaissance de l’article 8 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen ?” ;

Attendu que la disposition législative contestée est applicable à la procédure et n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Mais attendu que la question, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu que la question posée ne présente pas un caractère sérieux, dès lors que, d’une part, la disposition critiquée est soumise au devoir du juge d’individualiser la sanction, plafonnée par la loi, notamment en fonction de la situation personnelle du prévenu, du montant de la dette et de la gravité de l’infraction, et que, d’autre part, il n’apparaît pas de disproportion manifeste des peines encourues au regard de l’atteinte à l’intérêt général que constitue le fait d’organiser ou d’aggraver son insolvabilité par des manœuvres frauduleuses afin de se soustraire à l’exécution d’une condamnation de nature patrimoniale prononcée par décision judiciaire et de la nécessité de protéger, par une peine dissuasive, les créanciers victimes de tels agissements ;

Par ces motifs :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel


Président : M. Soulard
Rapporteur : Mme Méano, conseiller référendaire
Avocat général : M. Quintard
Avocat(s) : Scp ZRIBI et TEXIER - Scp FOUSSARD et FROGER

  • Décision du Conseil constitutionnel

Non lieu à renvoi