Articles L 2323-3, L 2323-4 et L 4612-8 du code du travail

  • Question

L’application combinée des dispositions des articles L 2323-3, L 2323-4 et L 4612-8 du code du travail est-elle conforme au principe général du droit d’égalité entre les justiciables, et aux principes fondamentaux des droits de la défense et de liberté pour tout travailleur de participer à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises tels que définis protégés et garantis par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ainsi que par l’alinéa 8 du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 ?

  • Saisine

Du 04/06/2018, B 18-40.024 - Cour d’appel de Versailles, 31 mai 2018

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n° 1301 du 12 juillet 2018 (18-40.024) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2018:SO01301

Demandeur (s) : Comité d’établissement Commercialisateur de la société Engie ; et autres
Défendeur (s) : Société Engie, société anonyme


Attendu que la question transmise est ainsi rédigée :

  “L’application combinée des dispositions des articles L. 2323-3, L. 2323-4 et L. 4612-8 du code du travail est-elle conforme au principe général du droit d’égalité entre les justiciables, et aux principes fondamentaux des droits de la défense et de liberté pour tout travailleur de participer à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises tels que définis protégés et garantis par l’article 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen ainsi que par l’alinéa 8 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 ?” ;

Mais attendu, d’abord, que les articles L. 2323-3 et L. 2323-4 du code du travail ont déjà été déclarés conformes à la Constitution dans les motifs et le dispositif de la décision n° 2017-652 QPC rendue le 4 août 2017 par le Conseil constitutionnel ; qu’aucun changement de circonstances de droit ou de fait n’est depuis intervenu qui, affectant la portée de ces dispositions législatives, en justifierait le réexamen ;

Attendu, ensuite, que l’article L. 4612-8, dans sa rédaction issue de la loi n° 2015-994 du 17 août 2015, est applicable au litige ; que la question ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu que la question posée, en tant qu’elle porte sur l’article L. 4612-8 du code du travail, ne présente pas un caractère sérieux en ce que les dispositions contestées prévoient des délais assortis des garanties nécessaires pour assurer le respect du principe de participation des travailleurs à la détermination collective des conditions de travail ainsi qu’à la gestion des entreprises et que les règles encadrant l’appel répondent aux exigences découlant des articles 6 et 16 de la Déclaration de 1789 dès lors qu’en application de l’article R. 2323-1 du code du travail, le délai de consultation du comité d’entreprise ne court qu’à compter de la communication ou de la mise à disposition des documents prévus par la loi ou par un accord collectif et que la cour d’appel, dans le cadre de sa compétence, est tenue de vérifier la conformité, à la date où il a statué, de la décision du juge de première instance aux dispositions des articles L. 2323-3, L. 2323-4 et L. 4612-8 du code du travail et, le cas échéant, d’exercer les pouvoirs qu’elle tient du dernier alinéa de l’article L. 2323-4 du code du travail, les justiciables étant placés à cet égard dans des situations identiques au regard des garanties qu’offre l’exercice de la voie de recours ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel ;

Par ces motifs :

DIT N’Y AVOIR LIEU A RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;


Président : M. Frouin
Rapporteur : Mme Slove
Avocat général : M. Boyer
Avocat(s) : SCP Thouvenin, Coudray et Grévy - SCP Célice, Soltner, Texidor et Périer

  • Décision du Conseil constitutionnel

Non lieu à renvoi