Article 222-33-2-2 du code pénal

  • Question

L’article 222-33-2-2 du code pénal est -il contraire aux articles 5, 8 et 16 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 , 34 de la Constitution ainsi qu’aux principes de clarté et de précision de la loi, de prévisibilité juridique et de sécurité juridique en ce qu’il permet de sanctionner le délit de harcèlement moral sans que les éléments constitutifs de ce délit à savoir les agissements répréhensibles et les droits auxquels le prévenu est susceptible de porter atteinte, soient suffisamment définis par la loi ?

  • Saisine

Du 20/02/2018, F 18-90.007 - Tribunal de grande instance de Montpellier, 12 février 2018

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n°1166 du 9 mai 2018 (18-90.007) - Cour de cassation - Chambre criminelle - ECLI:FR:CCASS:2018:CR01166

Demandeur : M. Jean-Marc X...


Attendu que la question prioritaire de constitutionnalité transmise est ainsi rédigée :

"L’article 222-33-2-2 du code pénal est-il contraire aux articles 5, 8 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, 34 de la constitution ainsi qu’aux principes de clarté et de précision de la loi, de prévisibilité juridique et de sécurité juridique en ce qu’il permet de sanctionner le délit de harcèlement moral sans que les éléments constitutifs de ce délit à savoir les agissements répréhensibles et les droits auxquels le prévenu est susceptible de porter atteinte, soient suffisamment définis par la loi ? "

Que, toutefois, la question posée par M. X ... dans son mémoire est ainsi formulée :

Les dispositions de l’article 222-33-2-2 du code pénal violent-elles le principe de clarté de la loi, qui découle de l’article 34 de la Constitution, et l’objectif de valeur constitutionnelle d’intelligibilité de la loi, qui découle des articles 4, 5, 6 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ?

Attendu que si le juge peut reformuler la question à l’effet de la rendre plus claire ou de lui restituer son exacte qualification, il ne lui appartient pas d’en modifier l’objet et la portée ; qu’il y a donc lieu de considérer que la Cour de cassation est régulièrement saisie et se prononce sur le renvoi de la question prioritaire de constitutionnalité telle qu’elle a été soulevée dans le mémoire distinct produit devant la juridiction qui la lui a transmise ;

Attendu que la disposition législative contestée est applicable à la procédure et n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Mais attendu que la question, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu que la question posée ne présente pas un caractère sérieux, dès lors que les dispositions légales critiquées, qui exigent des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime se traduisant par une altération de sa santé physique ou mentale, sont rédigées en des termes suffisamment clairs et précis et dans le strict respect du principe de légalité des délits et des peines pour que l’interprétation de ce texte, qui entre dans l’office du juge pénal, puisse se faire sans risque d’arbitraire ;

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;


Président : M. Soulard
Rapporteur : M. Béghin
Avocat général : M. Valat


  • Décision du Conseil constitutionnel

Non lieu à renvoi