Articles 131-30-1, 132-19 et 132-24 du code pénal puis 362 et 365-1 du code de procédure pénale

  • Question

1° - Les dispositions combinées des articles 132-19 et 132-24 du code pénal prévoyant la motivation spéciale du prononcé de la peine d’emprisonnement ferme, en ce qu’elles ne s’étendent pas à la réclusion criminelle, et celles des articles 362 et 365-1 du code de procédure pénale, en ce qu’elles n’imposent pas de motiver la peine, portent-elles atteintes au principe de motivation des décisions de justice, au droit à une procédure juste et équitable, aux droits de la défense, à la légalité des peines, au droit au respect de la vie privée et à la liberté individuelle, garantis par les articles 2, 7, 8, 9 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ainsi que par l’article 34 de la Constitution ?
2° - Les dispositions de l’article 131-30-1 du code pénal, prévoyant la motivation spéciale du prononcé de la peine d’interdiction définitive du territoire français dans certaines circonstances expressément énumérées, en ce qu’elles ne s’étendent pas à la matière criminelle, et celles des articles 362 et 365-1 du code de procédure pénale, en ce qu’elles n’imposent pas de motivation sur la peine de l’interdiction définitive du territoire français, portent-elles atteinte au principe de motivation des décisions de justice, au droit à une procédure juste et équitable, aux droits de la défense, à la légalité des peines, au droit au respect de la vie privée et à la liberté individuelle, garantis par les articles 2, 7, 8, 9 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ainsi que par l’article 34 de la Constitution ?

  • Saisine

Du 16/12/2013, B 13-84.463 - Pourvoi c/ Cour d’assises de la Dordogne

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n° 1083 du 12 mars 2014 (13-84.463) - Cour de cassation - Chambre criminelle - ECLI:FR:CCASS:2014:CR01083


Demandeur(s) : M. X...


 

Attendu que la première question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée :

"Les dispositions combinées des article 132-19 et 132-24 du code pénal prévoyant la motivation spéciale du prononcé de la peine d’emprisonnement ferme, en ce qu’elles ne s’étendent pas à la réclusion criminelle, et celles des articles 362 et 365-1 du code de procédure pénale, en ce qu’elles n’imposent pas de motiver la peine, portent-elles atteinte au principe de motivation des décisions de justice, au droit à une procédure juste et équitable, aux droits de la défense, à la légalité des peines, au droit au respect de la vie privée et à la liberté individuelle, garantis par les articles 2, 7, 8, 9 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ainsi que par l’article 34 de la Constitution ?" ;

Attendu que la seconde question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée :

"Les dispositions de l’article 131-30-1 du code pénal, prévoyant la motivation spéciale du prononcé de la peine d’interdiction définitive du territoire français dans certaines circonstances expressément énumérées, en ce qu’elles ne s’étendent pas à la matière criminelle, et celles des articles 362 et 365-1 du code de procédure pénale, en ce qu’elles n’imposent pas de motivation sur la peine de l’interdiction définitive du territoire français, portent-elles atteinte au principe de motivation des décisions de justice, au droit à une procédure juste et équitable, aux droits de la défense, à la légalité des peines, au droit au respect de la vie privée et à la liberté individuelle, garantis par les articles 2, 7, 8, 9 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, ainsi que par l’article 34 de la Constitution ?" ;

Attendu que les dispositions contestées sont applicables à la procédure et n’ont pas été déclarées conformes à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Mais attendu que les questions, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, ne sont pas nouvelles ;

Et attendu que les questions posées ne présentent pas à l’évidence un caractère sérieux dès lors que l’absence de motivation des peines de réclusion criminelle, ainsi que des peines complémentaires d’interdiction du territoire, prononcées par les cours d’assises , qui s’explique par l’exigence d’un vote à la majorité absolue ou à la majorité de six ou de huit voix au moins lorsque le maximum de la peine privative de liberté est prononcé, ne porte pas atteinte au droit à l’égalité devant la justice garanti par les articles 6 et 16 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, les personnes accusées devant la cour d’assises étant ainsi dans une situation différente de celles poursuivies devant le tribunal correctionnel ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de renvoyer les questions au Conseil constitutionnel ;

Par ces motifs :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel les questions prioritaires de constitutionnalité ;

 


Président : M. Louvel
Rapporteur : M. Moignard, conseiller
Avocat général : M. Bonnet

Avocat(s) : SCP Waquet, Farge et Hazan ; SCP Odent et Poulet


  • Décision du Conseil constitutionnel

Non renvoyée au Conseil constitutionnel