Article L. 1252-2 du code du travail

  • Question

Les dispositions de l’article L. 1252-2 du code du travail, et notamment l’expression « personnel qualifié » qu’elle contiennent, sont-elles conformes à la Constitution ? 

  • Saisine

Du 12/04/2019, J 19-40.012 - Cour d’appel de Lyon, chambre sociale A, 6 mars 2019

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n°1268 du 10 juillet 2019 (19-40.012, 19-40.013) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2018:SO01268

Demandeur (s) : Société Pro services consulting, société par actions simplifiée unipersonnelle
Défenseur (s) : M. X... ; et autres


Vu la connexité, joint les questions prioritaires de constitutionnalité n° J 19-40.012 et K 19-40.013 ;

Attendu que la question transmise est ainsi rédigée :

 « Ordonne la transmission à la Cour de cassation dans les délais et conditions requis la question prioritaire de constitutionnalité soulevée par la société Pro services consulting relative à la constitutionnalité de l’article L. 1252-2 du code du travail et de l’expression « personnel qualifié » qu’elle contient » ;

Que toutefois, la question posée par la partie dans son mémoire distinct est :

 « Constater que la question de la conformité aux droits et libertés que la Constitution garantit, à savoir à l’objectif d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi (art. 4, 5, 6 et 16 DDHC) et à l’incompétence négative du législateur (art. 34 C.) en lien avec la violation de la liberté d’entreprendre (art. 4 DDHC) et de la liberté du travail (art. 5 Pr. 46), et au principe de légalité des délits et des peines (art. 8 DDHC) de l’article L. 1252-2 du code du travail, et plus précisément, de l’expression « personnel qualifié » qu’il contient, présente un caractère sérieux » ;

Que si la question peut être reformulée par le juge à l’effet de la rendre plus claire ou de lui restituer son exacte qualification, il ne lui appartient pas d’en modifier l’objet ou la portée ; que dans une telle hypothèse, il y a lieu de considérer que la Cour de cassation est régulièrement saisie et se prononce sur le renvoi de la question prioritaire de constitutionnalité telle qu’elle a été soulevée dans le mémoire distinct produit devant la juridiction qui l’a transmise ;

Attendu que la disposition contestée est applicable au litige ;

Qu’elle n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs ou le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Mais attendu, d’une part, que la question, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu, d’autre part, que la question posée ne présente pas un caractère sérieux ; qu’en effet, en premier lieu, les dispositions contestées, en application desquelles le personnel qualifié pouvant être mis à disposition dans le cadre d’un contrat de travail à temps partagé est celui que les entreprises utilisatrices ne peuvent recruter elles-mêmes en raison de leur taille ou de leurs moyens, n’encourent pas le grief de méconnaissance de l’objectif d’intelligibilité et d’accessibilité de la loi portant atteinte à la liberté d’entreprendre et à la liberté du travail ; qu’en second lieu, les dispositions contestées, qui instaurent une dérogation légale à l’interdiction du prêt de main-d’oeuvre à but lucratif, dont les éléments constitutifs sont énoncés par des dispositions, telles qu’interprétées par la jurisprudence de la Cour de cassation, claires et précises, ne portent pas atteinte au principe de légalité des délits et des peines ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel ;

PAR CES MOTIFS :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;
 


Président : M. Cathala
Rapporteur : Mme Sommé
Avocat général : M. Desplan

  • Décision du Conseil constitutionnel

Non lieu à renvoi