Articles L. 1235-7-1 et L. 1233-57-5 du code du travail

  • Question

Les articles L. 1235-7-1 et L. 1233-57-5 du code du travail, institués par l’article 18 de la loi du 14 juin 2013, en ce que ces dispositions ne prévoient pas le droit des représentants du personnel d’accéder de manière utile et effective à un juge afin de faire cesser le trouble illicite résultant de la mise en œuvre anticipée d’un projet de réorganisation avant l’achèvement de la procédure légale de consultation des instances représentatives du personnel dans un contexte de compression des effectifs et d’ouverture d’un plan de sauvegarde de l’emploi, portent-t-ils atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, précisément à l’article 16 de la Déclaration de 1789 et à l’alinéa 8 du préambule de la Constitution ?

  • Saisine

du 15/07/2019, Z 19-13.714 - Pourvoi c/ Cour d’appel de Paris, 2e chambre, 31 janvier 2019

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n°1560 du 8 octobre 2019 (19-13.714)- Cour de cassation - Chambre sociale- ECLI:FR:CCASS:2019:SO01560

Demandeur(s) : comité d’entreprise de la société New Look ; et autres

Défendeur(s) : société BTSG ; et autres


Enoncé de la question prioritaire de constitutionnalité

1. A l’occasion du pourvoi formé contre l’arrêt rendu le 31 janvier 2019 par la cour d’appel de Paris, le comité d’entreprise de la société New Look et le syndicat SUD commerces et services Ile-de-France ont, par mémoire distinct et motivé, demandé de renvoyer au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ainsi rédigée :

« Les articles L. 1235-7-1 et L. 1233-57-5 du code du travail, institués par l’article 18 de la loi du 14 juin 2013, en ce que ces dispositions ne prévoient pas le droit des représentants du personnel d’accéder de manière utile et effective à un juge afin de faire cesser le trouble illicite résultant de la mise en oeuvre anticipée d’un projet de réorganisation avant l’achèvement de la procédure légale de consultation des instances représentatives du personnel dans un contexte de compression des effectifs et d’ouverture d’un plan de sauvegarde de l’emploi, portent-t-ils atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, précisément à l’article 16 de la Déclaration de 1789 et à l’alinéa 8 du préambule de la Constitution ?  »

Examen de la question prioritaire de constitutionnalité

2. Les dispositions contestées sont applicables au litige, dès lors que la cour d’appel s’est fondée sur celles-ci pour confirmer l’ordonnance du tribunal de grande instance en ce qu’elle a déclaré irrecevable devant les juridictions de l’ordre judiciaire l’ensemble des demandes principales formées par le comité d’entreprise et le syndicat aux fins de suspension sous astreinte de la fermeture de magasins et de toute mise en oeuvre du projet de restructuration.

3. Elles n’ont pas déjà été déclarées conformes à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel.

4. Cependant, d’une part, la question posée, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle.

5. D’autre part, la question posée ne présente pas un caractère sérieux en ce qu’il ne résulte ni des dispositions législatives contestées ni d’une interprétation jurisprudentielle constante de la Cour de cassation ou du Conseil d’Etat que les représentants du personnel sont privés d’accéder de manière utile et effective à un juge, afin de faire cesser le trouble illicite résultant de la mise en oeuvre anticipée d’un projet de réorganisation avant l’achèvement de la procédure légale de consultation des instances représentatives du personnel dans un contexte de compression des effectifs et d’ouverture d’un plan de sauvegarde de l’emploi.

6. La question posée, au regard du grief invoqué, ne tend qu’à contester l’interprétation de ces textes prêtée par les demandeurs à l’arrêt attaqué.

7. En conséquence, il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;


Président : M. Cathala
Rapporteur : Mme Depelley, conseiller référendaire
Avocat général : Mme Trassoudaine-Verger
Avocat : SCP Thouvenin, Coudray et Grévy - SCP Gatineau et Fattaccini

  • Décision du Conseil constitutionnel

Non lieu à renvoi