Article L. 624-9 du Code de commerce

  • Question

Les dispositions de L’article L.624-9 du Code de commerce sont-elles conformes à l’article 34 de la Constitution ainsi qu’aux articles 8,16 et 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ?

  • Saisine

Du 28/09/2017, S 17-40.057 - Tribunal de commerce de Valenciennes, 25 septembre 2017

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n°1525 du 19 décembre 2017 (17-40.057) - Cour de cassation - Chambre commerciale, financière et économique - ECLI:FR:CCASS:2017:CO01525

Demandeur : la société de droit polonais WTW Engineering
Défendeur : M. Julien X...pris en qualité de mandataire judiciaire de la SAS Scaldis


Attendu que la question transmise est ainsi rédigée :

 “question prioritaire de constitutionnalité portant sur les dispositions de l’article L. 624-9 du code de commerce pour violation de l’article 34 de la Constitution et des articles 8,16 et 17 de la Déclaration de 1789
 
Attendu que l’article L. 624-9 du code de commerce, dans sa rédaction issue de l’ordonnance du 18 décembre 2008, énonce que la revendication des meubles ne peut être exercée que dans le délai de trois mois suivant la publication du jugement d’ouverture ;

Attendu que cette disposition, qui sert de fondement à la fin de non-recevoir opposée par le liquidateur judiciaire de la société Scaldis à la requête en revendication déposée par la société WTW Engineering, auteur de la question, est applicable au litige ;

Qu’elle n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Mais attendu, d’une part, que la question, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu, d’autre part, que la disposition critiquée, qui soumet le propriétaire d’un bien, lorsque le contrat portant sur ce bien n’a pas fait l’objet d’une publicité, à l’obligation d’agir en revendication dans le délai de trois mois suivant la publication du jugement ouvrant la procédure collective du détenteur de ce bien, sous peine, selon l’interprétation qu’en donne la jurisprudence constante de la Cour de cassation, de rendre son droit inopposable aux organes de la procédure collective et aux créanciers du débiteur, n’a ni pour objet, ni pour effet d’entraîner la privation de ce droit ; que l’inopposabilité du droit de propriété sur le bien qui n’a pas été revendiqué dans le délai prévu par la disposition critiquée sanctionne la défaillance du propriétaire à se soumettre à la discipline collective instaurée en vue de la connaissance rapide du contenu du patrimoine du débiteur et du gage des créanciers, laquelle répond à un objectif d’intérêt général, sans porter une atteinte disproportionnée aux conditions d’exercice de ce droit au regard de l’objectif poursuivi, dès lors, en outre, que le délai ne court pas contre celui qui est dans l’impossibilité absolue d’agir ; que la question posée ne présente donc pas de caractère sérieux au regard des exigences qui s’attachent aux principes de valeur constitutionnelle invoqués ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel ;

Par ces motifs  :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;


Président : Mme Mouillard
Rapporteur : Mme Schmidt, conseiller référendaire
Avocat général : Mme Henry

  • Décision du Conseil constitutionnel

Non lieu à renvoi