Article L. 1453-4 du code du travail

  • Question

L’article L. 1453-4 du code du travail, en ce qu’il réserve aux organisations d’employeurs et de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel, national et multi professionnel ou dans au moins une branche, la possibilité de désigner un défenseur syndical habilité à exercer les fonctions d’assistance et de représentation des parties devant les conseils de prud’hommes et les cours d’appel en matière prud’homale, est-il contraire aux droits et liberté garantis par la Constitution, et plus particulièrement à la liberté syndicale et au principe d’égalité ?".

  • Saisine

du 26/06/2017, F 17-40.047, H 17-40.048 - Conseil des Prud’hommes de Boulogne-Billancourt, 216 mai 2017

  • Décision de la Cour de cassation

Arrêt n° 2234 du 20 septembre 2017 (17-40.047 et 17-40.048) - Cour de cassation - Chambre sociale - ECLI:FR:CCASS:2017:SO02234

Demandeur : M. Laurent X...,

Défendeur : société Pomona


Vu la connexité, joint les questions prioritaires de constitutionnalité n° F 17-40.047 et F 17-40.048 ;

Attendu que la question transmise est ainsi rédigée :

"L’article L. 1453-4 du code du travail, en ce qu’il réserve aux organisations d’employeurs et de salariés représentatives au niveau national et interprofessionnel, national et multi professionnel ou dans au moins une branche, la possibilité de désigner un défenseur syndical habilité à exercer les fonctions d’assistance et de représentation des parties devant les conseils de prud’hommes et les cours d’appel en matière prud’homale, est-il contraire aux droits et libertés garantis par la Constitution et plus particulièrement à la liberté syndicale et au principe d’égalité ?"

Attendu que la disposition contestée est applicable au litige ;

Qu’elle n’a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel ;

Mais attendu, d’une part, que la question, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas encore eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu, d’autre part, que la question ne présente pas un caractère sérieux en ce qu’en premier lieu, les organisations syndicales représentatives au niveau national et interprofessionnel ou au moins dans une branche ne sont pas, par leur implantation et la reconnaissance de leur action, et au regard de leur capacité à représenter l’ensemble des salariés, dans la même situation que les autres organisations syndicales et que le législateur a entendu permettre aux travailleurs de recourir pour les assister ou les représenter devant les juridictions prud’homales, y compris les cours d’appel devant lesquelles la représentation est obligatoire, soit à un avocat soit à un salarié qui consacre à cette activité une partie significative de son temps de travail et a acquis une spécialisation dans ce domaine, et qu’il s’ensuit qu’en réservant aux organisations syndicales représentatives au niveau national et interprofessionnel ou au moins dans une branche le soin de désigner au sein d’un large périmètre le nombre adéquat des salariés qu’elles considéreront comme les plus aptes en fonction de leur expérience des relations professionnelles et de leurs connaissances en droit social, le législateur a obéi à une raison d’intérêt général et retenu un critère en lien direct avec l’objet de la loi ; qu’en second lieu l’exigence instituée par l’article L. 1453-4 du code du travail dans sa rédaction résultant de la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 a pour objectif d’assurer l’effectivité du droit de la défense, droit fondamental à caractère constitutionnel, et ne méconnaît pas le principe de liberté syndicale en ce qu’elle ne constitue pas une ingérence de l’Etat dans le fonctionnement du syndicat ni ne porte atteinte à la liberté des travailleurs d’adhérer au syndicat de leur choix ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel ;

PAR CES MOTIFS :

DIT N’Y AVOIR LIEU A RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;


Président : M. Frouin
Rapporteur : Mme Basset
Avocat général : M. Weissmann, avocat général référendaire
Avocats : SCP Marc Lévis

  • Décision du Conseil constitutionnel

Non lieu à renvoi