Arrêt n°779 du 11 juillet 2019 (18-26.233) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C100779

Non lieu à renvoi - Sursis à statuer

Demandeur (s) : M. X...
Défenseur (s) : Le préfet du Tarn ; et autre


Attendu qu’à l’occasion du pourvoi en cassation qu’il a formé contre l’ordonnance d’un premier président de cour d’appel rejetant sa demande de mainlevée de la mesure de rétention administrative, M. X... a, par mémoire distinct et motivé, présenté une question prioritaire de constitutionnalité dans les termes suivants :

 « Les dispositions de l’article L. 556-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile concernant les demandes d’asile en rétention – lesquelles, selon l’interprétation de la Cour de cassation, prévoient que toute contestation portant sur l’existence, la date ou le contenu de l’arrêté de maintien en rétention faisant suite à une demande d’asile formalisée en cours de rétention échappe au contrôle du juge judiciaire pour relever de la compétence du juge administratif – portent-elles atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, et notamment au principe de liberté individuelle, et au droit à un recours juridictionnel effectif ? » ;

Vu l’article 126-12 du code de procédure civile ;

Attendu qu’en vertu de ce texte, la Cour de cassation n’est pas tenue de renvoyer au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité mettant en cause, par les mêmes motifs, une disposition législative dont le Conseil constitutionnel est déjà saisi ;

Attendu que par un arrêt du 11 juillet 2019 (pourvoi n° 18-26.232), la première chambre civile a renvoyé au Conseil constitutionnel une question prioritaire de constitutionnalité relative à l’article L. 556-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, tel qu’interprété par la Cour de cassation ; que la présente question prioritaire de constitutionnalité met en cause, par les mêmes motifs, les mêmes dispositions ; qu’il n’y a donc pas lieu de renvoyer au Conseil constitutionnel la présente question et qu’il convient de surseoir à statuer sur le fond ;

PAR CES MOTIFS :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité ;

SURSOIT à statuer sur le pourvoi jusqu’à la décision du Conseil constitutionnel ;


Président : Mme Batut
Rapporteur : Mme Gargoullaud, conseiller référendaire
Avocat général : Mme Marilly, avocat général référendaire
Avocat (s) : SCP Spinosi et Sureau