Arrêt n° 4776 du 4 septembre 2012 (12-80.081) - Cour de cassation - Chambre criminelle - ECLI:FR:CCASS:2012:CR04776

Non-lieu à renvoi


Demandeur(s) : M. Hugues X....


Attendu que la question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée : “L’article 432-1 du code pénal, qui réprime “le fait, par une personne dépositaire de l’autorité publique, agissant dans l’exercice de ses fonctions, de prendre des mesures destinées à faire obstacle à l’exécution de la loi”, méconnaît-il le principe de la légalité prévu par l’article 34 de la Constitution et l’article 8 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, faute de préciser si pour son application, la “loi” doit être entendue au sens matériel ou au sens formel ?” ;

Attendu que la disposition contestée qui n’a pas été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d’une décision du Conseil constitutionnel est applicable à la procédure ;

Mais attendu que la question, ne portant pas sur l’interprétation d’une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n’aurait pas eu l’occasion de faire application, n’est pas nouvelle ;

Et attendu que la question posée ne présente pas un caractère sérieux dès lors qu’il résulte du texte même de l’article 432-1 du code pénal que celui-ci ne réprime que la prise de mesures destinées à faire échec à l’exécution d’une loi, ce qui correspond à la prévention retenue contre le demandeur qui est prévenu d’avoir pris les mesures destinées à faire échec à l’application d’un article législatif du code de procédure pénale ;

D’où il suit qu’il n’y a pas lieu de la renvoyer au Conseil constitutionnel ;

Par ces motifs :

DIT N’Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel la question prioritaire de constitutionnalité


Président : M. Louvel

Rapporteur : M. Guérin, conseiller