04-12.655 
Arrêt n° 1777 du 22 novembre 2005
Cour de cassation - Première chambre civile

Avocat

Cassation


Demandeur(s) à la cassation : société civile professionnelle (SCP) Ménard-Quimbert et associés
Défendeur(s) à la cassation : M. Renaud X...


Attendu que M. X..., avocat, qui avait conclu avec la SCP Ménard-Quimbert et associés un contrat de collaboration auquel les parties étaient convenues de mettre fin, a assigné cette SCP d’avocats devant le tribunal d’instance en paiement de certaines sommes au titre de la rétrocession d’honoraires et du remboursement de frais de déplacements ; que l’arrêt attaqué a accueilli la demande ;

Sur le premier moyen, pris en ses deux branches :

Attendu que l’arrêt retient exactement que la procédure prévue pour les contestations en matière d’honoraires, qui ne concerne que celles nées entre un avocat et son client et afférentes au montant et au recouvrement des honoraires dus à l’occasion d’un litige auquel le premier a apporté son concours au second, n’est pas applicable aux contestations relatives à la rétrocession d’honoraires stipulée dans un contrat de collaboration entre avocats ; que le moyen n’est fondé en aucune de ses branches ;

Mais, sur le deuxième moyen, pris en ses deux branches :

Vu l’article 2061 du Code civil ;

Attendu qu’aux termes de ce texte, en sa rédaction issue de la loi du 15 mai 2001, sous réserve des dispositions législatives particulières, la clause compromissoire est valable dans les contrats conclus en raison d’une activité professionnelle ; qu’il en résulte qu’une telle clause, stipulée dans de tels contrats, nulle sous l’empire du texte antérieur, peut être invoquée à l’occasion d’un litige portant sur l’exécution de ces contrats, peu important, à cet égard, qu’ils aient ou non pris fin avant l’entrée en vigueur de la loi nouvelle ;

Attendu que, pour rejeter l’exception d’incompétence soulevée par la SCP Ménard-Quimbert et associés, l’arrêt retient que la clause d’arbitrage insérée dans le contrat de collaboration ne pouvait être utilement invoquée, dès lors que le bâtonnier avait, par lettre datée du 8 septembre 1999, signalé la nullité d’une telle clause à la SCP d’avocats, qui n’avait pas discuté la pertinence de cet avis ni l’exclusion implicite de ladite clause lors de l’homologation du contrat de collaboration ;

Attendu qu’en statuant ainsi, alors que la clause compromissoire contenue dans le contrat de collaboration liant les parties était valable et devait être mise en oeuvre, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu d’examiner le troisième moyen :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 10 février 2004, entre les parties, par la cour d’appel d’Angers ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel d’Orléans ;


Président : M. Ancel 
Rapporteur : M. Gallet, conseiller
Avocat général : M. Sainte-Rose
Avocat(s) : la SCP Boré et Salve de Bruneton, la SCP Vuitton