01-13.956
Arrêt n° 1417 du 19 octobre 2004
Cour de cassation - Première chambre civile

Responsabilité contractuelle

Rejet


Demandeur(s) à la cassation : Mme Nicole X...
Défendeur(s) à la cassation : M. Patrick Y... et autre


Donne acte à Mme X... du désistement partiel de son pourvoi en ce qu’il est dirigé contre M. Y... ;

Sur le moyen unique :

Attendu que le 8 mars 1997, M. Y... a acheté à Mme X... un véhicule que celle-ci avait elle-même acquis d’occasion en 1992 ; que préalablement à la vente, Mme X.. avait fait effectuer un contrôle technique par la société Auto Bleu contrôle qui n’a pas décelé de dysfonctionnements importants ; que le 15 avril 1997, M. Y... a été victime d’un accident de la route et a découvert, lors des réparations, que le véhicule avait été précédemment accidenté et mal réparé ; que M. Y... a assigné Mme X... en résolution de la vente et en paiement de dommages-intérêts sur le fondement de la garantie des vices cachés ; que celle-ci a appelé en garantie la société Auto Bleu Contrôle ;

Attendu que Mme X... fait grief à l’arrêt attaqué (Paris, 9 mai 2001) d’avoir rejeté sa demande en garantie formée à l’encontre société Auto Bleu contrôle, alors, selon le moyen, qu’un centre de contrôle technique est contractuellement tenu envers ses clients d’une obligation de sécurité dont il ne peut s’exonérer qu’en prouvant qu’il n’a pas commis de faute ; qu’en constatant que le véhicule litigieux était affecté d’un vice caché tenant à un précédent accident mal réparé, qui n’avait pas été détecté par la société Auto Bleu contrôle et qui avait été à l’origine de l’accident dont M. Y... avait été la victime, puis en estimant qu’en l’état des conclusions dubitatives de l’expert judiciaire, la faute du centre de contrôle technique n’était pas suffisamment établie pour engager sa responsabilité, cependant qu’il appartenait à la société Auto Bleu contrôle, pour s’exonérer de sa responsabilité, de démontrer qu’elle n’avait pas commis de faute, la cour d’appel a inversé la charge de la preuve et violé les articles 1147 et 1315 du Code civil ;

Mais attendu que la mission d’un centre de contrôle technique se bornant, en l’état de l’arrêté du 18 juin 1991, à la vérification, sans démontage du véhicule, d’un certain nombre de points limitativement énumérés par ce texte, sa responsabilité ne peut être engagée en dehors de cette mission ainsi restreinte, qu’en cas de négligence susceptible de mettre en cause la sécurité du véhicule ; que dès lors, c’est sans inverser la charge de la preuve que la cour d’appel a estimé qu’en l’état des conclusions nettement dubitatives de l’expert, la faute de la société Auto Bleu contrôle n’était pas établie ; d’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Renard-Payen, conseiller doyen faisant fonction 
Rapporteur : Mme Chardonnet, conseiller référendaire
Avocat général : M. Cavarroc
Avocat(s) : Me Balat, Me Hemery