Arrêt n°981 du 20 novembre 2019 (18-23.877) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C100981

Étranger

Cassation sans renvoi

Sommaire :
Saisi d’une requête en prolongation d’une rétention administrative, le juge judiciaire doit motiver sa décision sur le bien-fondé de la requête du préfet et la justification légale du maintien en rétention. Il ne doit pas se limiter à statuer sur les irrégularités de procédure soulevées par l’étranger.


Demandeur(s) : M. A... X...

Défendeur(s) : le Préfet du Cher ; et autres


Sur le moyen unique, pris en sa première branche :

Vu l’article 455 du code de procédure civile ;

Attendu, selon l’ordonnance attaquée, rendue par le premier président d’une cour d’appel, et les pièces de la procédure, que, le 14 février 2018, M. X..., de nationalité congolaise, en situation irrégulière en France et faisant l’objet d’un arrêté l’obligeant à quitter sans délai le territoire, a été placé en rétention administrative sur décision du préfet, qui a saisi le juge des libertés et de la détention d’une demande de prolongation de cette mesure ;

Attendu que, pour ordonner le maintien de la mesure, l’ordonnance retient que le premier juge a estimé, à tort, la procédure irrégulière, dès lors que les obligations d’information de M. X... sur ses droits en rétention ont été respectées ;

Qu’en statuant ainsi, sans motiver sa décision sur le bien-fondé de la requête du préfet et la justification légale d’un maintien en rétention, le premier président a méconnu les exigences du texte susvisé ;

Et vu les articles L. 411-3 du code de l’organisation judiciaire et 1015 du code de procédure civile ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur l’autre branche du moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’ordonnance rendue le 19 février 2018, entre les parties, par le premier président de la cour d’appel de Paris ;

DIT n’y avoir lieu à renvoi ;


Président : Mme Batut
Rapporteur : Mme Feydeau-Thieffry, conseiller référendaire
Avocat général : M. Sassoust
Avocat(s) : SCP Thouvenin, Coudray et Grévy