Arrêt n° 952 du 25 septembre 2013 (12-11.967) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2013:C100952

Divorce, séparation de corps

Rejet


Demandeur(s) : Mme X...
Défendeur(s) : M. Y... ; et autres


 

Attendu, selon les arrêts attaqués (Aix-en-Provence, 21 janvier 2010 et 20 janvier 2011), que M. Y... et Mme X... se sont mariés le 25 octobre 1993 sous le régime de la communauté réduite aux acquêts avec clause de partage inégal en cas de décès de l’un d’eux ; qu’aux termes du contrat de mariage, le mari a apporté divers droits à la communauté, dont un portefeuille de valeurs mobilières d’une valeur de n...francs ( n...euros) et une somme de n...francs (n...euros) en numéraire ; que le divorce des époux a été prononcé aux torts exclusifs de l’épouse par un arrêt du 21 mars 2003 ;

Sur les trois premiers moyens, ci-après annexés :

Attendu que ces moyens ne sont pas de nature à permettre l’admission du pourvoi ;

Sur les quatrième et cinquième moyens réunis :

Attendu que Mme X... fait grief à l’arrêt du 21 janvier 2010 de dire que M. Y... est créancier de l’indivision post communautaire d’une somme de n...euros au titre de son apport en numéraire, ainsi que, le cas échéant, d’une somme de n...euros correspondant à la valeur liquidative des valeurs mobilières apportées par lui à la communauté, à la date de l’apport, si celles-ci ne se retrouvent pas dans l’actif de communauté alors, selon le moyen :

1°/ que le droit de reprise résultant de l’application de l’article 267 du code civil ne peut s’exercer que pour autant que le bien apporté se retrouve dans la communauté au moment du divorce, à moins qu’un autre bien lui ait été subrogé ; qu’en décidant que M. Y... serait créancier de l’indivision post communautaire d’une somme de n...euros, montant de son apport en numéraires, et, le cas échéant, si elles ne se retrouvent pas dans l’actif de communauté, d’une somme de n...euros correspondant à la valeur liquidative des valeurs mobilières apportées par lui à la communauté, à la date de l’apport, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

2°/ que la contradiction entre les motifs et le dispositif équivaut à un défaut de motifs ; qu’en énonçant, dans les motifs de son arrêt, que M. Y... est en droit de voir retirer à son profit de l’actif de communauté les valeurs mobilières apportées si elles se retrouvent en nature, ou à défaut se voir dire créancier de la communauté d’une somme égale à son apport, à savoir n...euros, et voir retirer à son profit de l’actif de communauté ou se voir dire créancier de cette dernière de la somme de n...euros, montant de son apport en numéraires, et en retenant, dans le dispositif de sa décision, que M. Y... est créancier de l’indivision post communautaire d’une somme de n...euros, et, le cas échéant, si elles ne se retrouvent pas dans l’actif de communauté, d’une somme de n...euros correspondant à la valeur liquidative des valeurs mobilières apportées par lui à la communauté, la cour d’appel a violé l’article 455 du code de procédure civile ;

3°/ qu’en l’état des motifs du jugement qui, pour décider que la reprise ne pourrait s’appliquer aux apports en numéraires, dès lors que les ex-époux ne travaillant pas au moment de leur mariage, ils avaient probablement servi à la vie quotidienne du couple, la cour d’appel, qui n’a pas caractérisé en quoi la mise en communauté du solde de ce compte courant par M. Y... aurait relevé d’un avantage matrimonial que M. Y... aurait consenti à Mme X..., a privé sa décision de base légale au regard de l’article 267 du code civil ;

Mais attendu que l’article 267, alinéa 1er, ancien du code civil dispose que, lorsque le divorce est prononcé aux torts exclusifs d’un époux, celui-ci perd de plein droit tous les avantages matrimoniaux que son conjoint lui avait consentis ; que ce texte, rédigé en termes généraux, s’applique à tous les avantages que l’un des époux peut tirer des clauses d’une communauté conventionnelle et, notamment, de la stipulation, au moment du mariage, d’une clause d’apports ; que la liquidation des intérêts pécuniaires des époux devant être faite sans tenir compte des avantages matrimoniaux consentis par le mari à son épouse, c’est, dès lors, sans encourir les griefs des moyens que la cour d’appel a décidé que le mari était fondé à reprendre ses apports ou la valeur de ceux-ci ; que les moyens ne sont pas fondés ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

 


Président : M. Charruault
Rapporteur : Mme Bodard-Hermant, conseiller référendaire
Avocat général : M. Jean
Avocat(s) : SCP Lyon-Caen et Thiriez ; Me Blondel