Arrêt n° 911 du 11 septembre 2013 (12-19.094) - Cour de cassation - Première chambre civile- ECLI:FR:CCASS:2013:C100911

Protection des consommateurs

Cassation partielle


Demandeur(s) : société caisse de Crédit mutuel
Défendeur(s) : société Bécheret-Thierry-Senechal-Gorrias ; et autres


 

Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :

Vu les articles L. 341-2 et L. 341-3 du code de la consommation ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que par actes sous seing privé des 1er août 2006 et 24 avril 2008, la caisse de Crédit mutuel de Chagny (la banque) a consenti à la société Radiance deux prêts professionnels garantis par le cautionnement solidaire de M. X... ; que la banque ayant mis en demeure M. X... de s’acquitter d’une somme en tant que caution, ce dernier et la société Becheret-Thierry-Senechal-Gorrias, mandataire judiciaire de la société Radiance, ont assigné la banque aux fins notamment de voir prononcer la nullité des actes de cautionnement ;

Attendu que pour accueillir cette demande, l’arrêt retient, d’une part, que dans l’acte de cautionnement du 1er août 2006, le texte reproduisant la formule prévue à l’article L. 341-2 est séparé de celui reproduisant la formule prévue à l’article L. 341-3 par une virgule et non par un point, en sorte que le premier mot de l’expression « en renonçant au bénéfice de discussion » commence par une minuscule et non par une majuscule ainsi qu’il est expressément mentionné à l’article L. 341-3, d’autre part, que dans l’acte de cautionnement du 24 avril 2008, les formules des articles L. 341-2 et suivant ne sont séparées par aucun signe de ponctuation et qu’une telle anomalie ne saurait être tenue pour une erreur purement matérielle puisque le texte unique ainsi composé au mépris des dispositions précitées est incompréhensible et de nature à vicier le consentement de la caution ;

Qu’en statuant ainsi, alors que ni l’omission d’un point ni la substitution d’une virgule à un point entre la formule caractérisant l’engagement de caution et celle relative à la solidarité, ni l’apposition d’une minuscule au lieu d’une majuscule au début de la seconde de ces formules, n’affectent la portée des mentions manuscrites conformes pour le surplus aux dispositions légales, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il a prononcé la nullité des actes de cautionnement souscrits par M. X..., l’arrêt rendu le 26 janvier 2012, entre les parties, par la cour d’appel de Dijon ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Besançon ;

 


Président : M. Charruault
Rapporteur : M. Vitse, conseiller référendaire
Avocat général : M. Legoux
Avocat(s) : SCP Waquet, Farge et Hazan ; SCP Le Bret-Desaché