Arrêt n°866 du 17 octobre 2019 (19-50.002) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C100866

Étranger

Cassation sans renvoi

Demandeur(s) : M. le procureur général près la cour d’appel de Rennes

Défendeur(s) : M. A... X...


Sur le moyen unique :

Vu l’article L. 554-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

Attendu qu’il résulte de ce texte qu’un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ ; que l’administration n’a l’obligation d’exercer toutes diligences à cet effet qu’à compter du placement en rétention ;

Attendu, selon l’ordonnance attaquée, rendue par le premier président d’une cour d’appel, et les pièces de la procédure, que M. X..., de nationalité albanaise, condamné à une peine d’interdiction définitive du territoire français, s’est vu retirer sa carte de résident et notifier un arrêté fixant l’Albanie comme pays de renvoi ; qu’il a été placé en rétention administrative à sa sortie d’écrou, le 15 novembre 2018 ; que le juge des libertés et de la détention a été saisi par M. X... d’une contestation de la décision de placement en rétention et par le préfet d’une demande de prolongation de cette mesure ;

Attendu que, pour rejeter cette demande, l’ordonnance retient que les services préfectoraux, saisis pour mettre à exécution la mesure d’éloignement bien avant la date prévisible de fin de peine de M. X..., dont la décision pénale de condamnation mentionnait la véritable identité et la nationalité, n’ont entrepris aucune démarche utile avant sa libération ;

Qu’en statuant ainsi, en exigeant de l’administration qu’elle justifie de l’accomplissement de diligences nécessaires à l’éloignement de l’étranger durant la période d’incarcération ayant précédé son placement en rétention, le premier président, qui a ajouté une condition à la loi, a violé le texte susvisé ;

Et vu les articles L. 411-3 du code de l’organisation judiciaire et 1015 du code de procédure civile

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’ordonnance rendue le 18 novembre 2018, entre les parties, par le premier président de la cour d’appel de Rennes ;

DIT n’y avoir lieu à renvoi ;


Président : Mme Batut
Rapporteur : Mme Feydeau-Thieffry, conseiller référendaire
Avocat général : M. Poirret, premier avocat général