Arrêt n° 615 du 10 octobre 2018 (16-19.430) - Cour de cassation - Première chambre civile
- ECLI:FR:CCASS:2018:C100615

Professions médicales et paramédicales

Irrecevabilité partielle et cassation

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Demandeur (s) : Mme X... ; et autres
Défendeur (s) : Société TÜV Rheinland LGA Products GmbH ; et autre


Attendu, selon l’arrêt attaqué, que la société Poly implant prothèse (la société PIP), qui fabriquait et commercialisait des implants mammaires, a demandé à la société TÜV Rheinland Product Safety GmbH, devenue la société TÜV Rheinland LGA Products GmbH (la société TRLP), de procéder à l’évaluation du système de qualité mis en place pour la conception, la fabrication et le contrôle final ainsi qu’à l’examen du dossier de conception de ces dispositifs médicaux ; que la société TRLP, membre du groupe TÜV Rheinland Group (groupe TÜV), est l’un des organismes notifiés par les Etats membres à la Commission européenne et aux autres Etats membres, au sens de la directive 93/42/CEE du Conseil, du 14 juin 1993, relative aux dispositifs médicaux, aux fins de l’évaluation de la conformité de ces dispositifs aux exigences de la directive ; que les organismes notifiés sont chargés de mettre en oeuvre les procédures de certification et d’évaluation prévues, en droit interne, par les dispositions du code de la santé publique relatives aux dispositifs médicaux, et sont habilités à cet effet par le directeur général de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (l’AFSSAPS), à laquelle a succédé l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé ; qu’une première inspection de certification a été réalisée auprès de la société PIP, suivie d’inspections de surveillance et d’inspections visant à renouveler la première certification ; que la société TRLP a confié la réalisation d’inspections à la société TÜV Rheinland France (la société TRF), également membre du groupe TÜV ; qu’ainsi, le 22 octobre 1997, la société TRLP a rendu une décision d’approbation du système de qualité de la société PIP, qu’elle a renouvelée les 17 octobre 2002, 15 mars 2004 et 13 décembre 2007 ; que, le 25 février 2004, la société PIP a soumis la conception du dispositif médical dénommé “implants mammaires pré-remplis de gel de silicone à haute cohésivité (IMGHC)” à la société TRLP, qui a délivré, le 15 mars 2004, un certificat d’examen CE, valable jusqu’au 14 mars 2009 ; que, le 27 mai 2009, saisie d’une nouvelle demande de la société PIP, la société TRLP a émis un second certificat ; qu’à la suite d’une inspection, les 16 et 17 mars 2010, l’AFSSAPS a constaté que de nombreux implants avaient été fabriqués à partir d’un gel de silicone différent du gel de marque Nusil qui figurait dans le dossier de marquage CE de conformité aux dispositions de la directive ; qu’en raison du risque de rupture précoce des implants fabriqués par la société PIP et du caractère inflammatoire du gel utilisé, le ministère de la santé français a recommandé à l’ensemble des femmes concernées de faire procéder, à titre préventif, à l’explantation de ceux-ci ; que la société Allianz, assureur de la société PIP, a assigné celle-ci en annulation des contrats d’assurance par elle souscrits ; que les sociétés GF Electromedics Srl, EMI Importacao E Distribuicao Ltda et J et D Medicals, distributeurs d’implants mammaires, sont intervenues volontairement à l’instance pour soutenir que l’assureur devait sa garantie ; qu’elles ont assigné en intervention forcée les sociétés TRLP et TRF, aux fins de déclaration de responsabilité et d’indemnisation ; que d’autres distributeurs et plusieurs personnes physiques, alléguant être victimes des agissements de la société PIP, de ses dirigeants et de son personnel, sont intervenus volontairement à l’instance aux mêmes fins ;

Sur la recevabilité du pourvoi principal, en ce qu’il est formé par les demandeurs audit pourvoi dont les noms sont mentionnés à l’annexe A, contestée par la défense :

Vu les articles 528, 612, 640, 643 et 684 du code de procédure civile, 3, 5, 6 et 7 de la Convention de La Haye du 15 novembre 1965 relative à la signification et la notification à l’étranger des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile ou commerciale ;

Attendu qu’à l’égard des parties domiciliées à l’étranger, le délai de pourvoi de deux mois augmenté de deux mois court du jour de la remise régulièrement faite au parquet et non de la date de la remise aux intéressés d’une copie de l’acte par les autorités étrangères, sauf dans les cas où un règlement communautaire ou un traité international autorise l’huissier de justice ou le greffe à transmettre directement cet acte à son destinataire ou à une autorité compétente de l’Etat de destination ; que la date de signification d’un arrêt à l’adresse indiquée dans celui-ci, selon les modalités de la Convention de La Haye du 15 novembre 1965, est, à l’égard de son destinataire, celle à laquelle l’autorité étrangère compétente lui a remis l’acte ; que, lorsque cet acte n’a pu lui être remis, la signification est réputée faite à la date à laquelle l’autorité étrangère compétente a établi l’attestation conforme à la formule modèle annexée à la Convention précisant le fait qui aurait empêché l’exécution ;

Qu’il résulte des actes d’huissier produits par les sociétés TRLP et TRF et auxquels ces sociétés se réfèrent à l’appui des exceptions d’irrecevabilité du pourvoi principal qu’elles invoquent, que l’huissier instrumentaire, à leur demande, a adressé aux autorités centrales des Etats requis concernés des demandes de signification ou de notification de l’arrêt, sur le fondement de l’article 3 de la Convention de La Haye ; que les sociétés TRLP et TRF ne soutiennent pas qu’elles auraient également fait application de l’un ou l’autre des autres moyens de signification ou de notification des actes judiciaires dont le régime juridique est fixé par les articles 8 à 11 de la même Convention ;

Que, cependant, aucune attestation établie conformément à la formule modèle annexée à la Convention, en application de l’article 6, alinéa 1, relatant l’exécution de la demande de signification et indiquant la forme, le lieu et la date de l’exécution ainsi que la personne à laquelle l’acte a été remis, en application de l’article 6, alinéa 2, ou précisant le fait qui aurait empêché l’exécution de la demande, n’est produite au soutien de la fin de non-recevoir tirée de l’irrecevabilité du pourvoi principal en ce qu’il a été formé par les demandeurs mentionnés à l’annexe A ; qu’il en résulte que, le délai de pourvoi n’ayant pas valablement couru à l’égard de ces demandeurs, le pourvoi principal, en ce qu’il a été formé par ceux-ci le 23 juin 2016, est recevable ;

Sur la recevabilité du pourvoi principal, en ce qu’il est formé par Mmes Y..., Z..., A..., B..., C..., D..., E...,F..., G..., H..., I..., J..., K... et L..., contestée par la défense  :

Vu les articles 528, 612, 640, 643, 675 et 684 du code de procédure civile, 9, paragraphe 1, du règlement n° 1393/2007 du Parlement européen et du Conseil du 13 novembre 2007 relatif à la signification et à la notification dans les États membres des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile ou commerciale (signification ou notification des actes), et abrogeant le règlement (CE) n° 1348/2000 du Conseil ;

Attendu qu’à l’égard des parties domiciliées à l’étranger, le délai de pourvoi de deux mois augmenté de deux mois court du jour de la remise régulièrement faite au parquet et non de la date de la remise aux intéressés d’une copie de l’acte par les autorités étrangères, sauf dans les cas où un règlement communautaire ou un traité international autorise l’huissier de justice ou le greffe à transmettre directement cet acte à son destinataire ou à une autorité compétente de l’Etat de destination ; qu’à l’égard du destinataire, la date de signification d’un acte, selon les modalités du règlement n° 1393/2007, est celle à laquelle l’acte a été signifié conformément à la législation de l’Etat membre requis ;

Que, selon l’article 10, paragraphe 1, du même règlement, lorsque les formalités relatives à la signification de l’acte ont été accomplies, une attestation le confirmant est établie au moyen du formulaire type figurant à l’annexe I et adressée à l’entité d’origine ; que, selon la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, le règlement n° 1393/2007 ne prévoit aucune exception à l’utilisation des formulaires types qui figurent aux annexes I et II de ce règlement, lesquels contribuent à simplifier et à rendre plus transparente la procédure de transmission des actes, garantissant ainsi tant la lisibilité de ceux-ci que la sécurité de leur transmission (arrêts du 16 septembre 2015, Alpha Bank Cyprus, C-519/13, et du 2 mars 2017, Henderson, C-354/15) ;

Qu’il résulte des actes d’huissier produits par les sociétés TRLP et TRF et auxquels ces sociétés se réfèrent à l’appui des exceptions d’irrecevabilité du pourvoi principal qu’elles invoquent, que l’huissier instrumentaire, à leur demande, a transmis l’arrêt aux entités requises des Etats membres concernés aux fins de signification ou de notification dans ces Etats membres, sur le fondement de l’article 4, paragraphe 3, du règlement n° 1393/2007 ; que les sociétés TRLP et TRF ne soutiennent pas qu’elles auraient également fait application de l’un ou l’autre des autres moyens de transmission et de signification ou de notification des actes judiciaires dont le régime juridique est fixé par les articles 12 à 15 de ce règlement ;

Que, cependant, en premier lieu, aucune attestation établie au moyen du formulaire type figurant à l’annexe I, adressée à l’entité d’origine et confirmant que les formalités relatives à la signification de l’acte ont été accomplies à l’égard de Mmes Y..., Z..., A..., B... et C..., en application de l’article 10, paragraphe 1, du règlement n° 1393/2007, n’est produite par les sociétés TRLP et TRF ;

Qu’en deuxième lieu, les attestations établies au moyen du formulaire type figurant à l’annexe I et adressées à l’entité d’origine, en application de l’article 10, paragraphe 1, du règlement n° 1393/2007, précisent que la signification ou la notification de l’acte à Mmes D..., E...,F... et G... n’a pas été accomplie au motif, selon les cas, que l’adresse du destinataire est introuvable ou que celui-ci est introuvable ;

Qu’en troisième lieu, les attestations établies au moyen du formulaire type figurant à l’annexe I et adressées à l’entité d’origine, en application de l’article 10, paragraphe 1, du règlement n° 1393/2007, ne précisent pas que Mmes H..., I..., J..., K... et L... ont été informées par écrit qu’elles pouvaient refuser de recevoir l’acte si celui-ci n’était pas rédigé ou accompagné d’une traduction dans une langue qu’elles comprennent ou dans la langue officielle ou l’une des langues officielles du lieu de signification ou de notification, conformément à l’article 8, paragraphe 1, du règlement n° 1393/2007 ;

Qu’il en résulte que, le délai de pourvoi n’ayant pas valablement couru à l’égard de ces demandeurs, le pourvoi principal, en ce qu’il a été formé par ceux-ci le 23 juin 2016, est recevable ;

Sur la recevabilité du pourvoi principal, en ce qu’il est formé par Mme M..., contestée par la défense :

Vu l’article 612 du code de procédure civile ;

Attendu que l’arrêt a été régulièrement signifié le 31 août 2015 à Mme M..., domiciliée en France, qui a formé un pourvoi le 23 juin 2016, soit postérieurement à l’expiration du délai de deux mois imparti pour le dépôt du pourvoi ; que le pourvoi principal, en ce qu’il a été formé par Mme M..., n’est pas recevable ;

Sur la recevabilité du pourvoi principal, en ce qu’il est formé par Mmes N..., O... et P..., contestée par la défense :

Vu les articles 528, 612, 640, 643 et 684 du code de procédure civile ;

Attendu qu’à l’égard des parties domiciliées à l’étranger, le délai de pourvoi de deux mois augmenté de deux mois court du jour de la remise régulièrement faite au parquet et non de la date de la remise aux intéressés d’une copie de l’acte par les autorités étrangères, sauf dans les cas où un règlement communautaire ou un traité international autorise l’huissier de justice ou le greffe à transmettre directement cet acte à son destinataire ou à une autorité compétente de l’Etat de destination ;

Attendu que Mmes N..., O... et P... sont domiciliées à l’étranger, soit, respectivement, en Équateur, en Thaïlande et au Panama ; qu’aucun règlement communautaire ou traité international n’autorise l’huissier de justice ou le greffe à transmettre directement l’acte en cause à son destinataire ou à une autorité compétente de l’Etat de destination ; que l’arrêt a été remis au parquet le 22 septembre 2015, pour Mmes N... et O..., et le 28 septembre 2015, pour Mme P... ; que, les remises ayant été régulièrement faites, le pourvoi principal, en ce qu’il a été formé par celles-ci le 23 juin 2016, est tardif et, partant, irrecevable ;

Sur la recevabilité du pourvoi principal, en ce qu’il est formé par les demandeurs audit pourvoi dont les noms sont mentionnés aux annexes B et C, contestée par la défense :

Vu les articles 528, 612, 640, 643 et 684 du code de procédure civile, 3, 5, 6 et 7 de la Convention de La Haye du 15 novembre 1965 relative à la signification et la notification à l’étranger des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile ou commerciale ;

Attendu qu’à l’égard des parties domiciliées à l’étranger, le délai de pourvoi de deux mois augmenté de deux mois court du jour de la remise régulièrement faite au parquet et non de la date de la remise aux intéressés d’une copie de l’acte par les autorités étrangères, sauf dans les cas où un règlement communautaire ou un traité international autorise l’huissier de justice ou le greffe à transmettre directement cet acte à son destinataire ou à une autorité compétente de l’Etat de destination ; que la date de signification d’un arrêt à l’adresse indiquée dans celui-ci, selon les modalités de la Convention de La Haye du 15 novembre 1965, est, à l’égard de son destinataire, celle à laquelle l’autorité étrangère compétente lui a remis l’acte ; que, lorsque cet acte n’a pu lui être remis, la signification est réputée faite à la date à laquelle l’autorité étrangère compétente a établi l’attestation conforme à la formule modèle annexée à la Convention précisant le fait qui aurait empêché l’exécution ;

Que l’huissier instrumentaire, à la demande des sociétés TRLP et TRF, a adressé aux autorités centrales des Etats requis concernés des demandes de signification ou de notification de l’arrêt, conformément à l’article 3 de la Convention de La Haye ;

Que les sociétés TRLP et TRF produisent les attestations établies, à l’égard des demandeurs au pourvoi principal mentionnés aux annexes B et C, conformément à la formule modèle annexée à la Convention, en application de l’article 6, alinéa 1, dont les mentions imprimées sont rédigées en langue française ou en langue anglaise et les blancs correspondant à ces mentions sont remplis soit dans la langue de l’Etat requis, soit en langue française, soit en langue anglaise, en application de l’article 7 ;

Que les attestations relatives aux demandeurs au pourvoi principal mentionnés à l’annexe B relatent l’exécution de la demande de signification et indiquent la forme, le lieu et la date de l’exécution ainsi que la personne à laquelle l’acte a été remis, en application de l’article 6, alinéa 2 ;

Que les attestations relatives aux demandeurs audit pourvoi mentionnés à l’annexe C précisent le fait qui aurait empêché l’exécution de la demande, en application du même texte ;

Qu’il s’ensuit que les significations ont été régulièrement faites, de sorte que, le délai de pourvoi ayant valablement couru à l’encontre de chacun des demandeurs mentionnés aux annexes B et C, à compter de la date de la signification de l’arrêt correspondante, dans le premier cas, et de celle de l’attestation, dans le second, telles qu’elles figurent dans les mêmes annexes, le pourvoi principal, en ce qu’il a été formé par ceux-ci le 23 juin 2016, est tardif et, partant, irrecevable ;

 Sur la recevabilité du pourvoi principal, en ce qu’il est formé par Mme Q..., contestée par la défense :

Vu les articles 528, 612, 640, 643, 675 et 684 du code de procédure civile, 9, paragraphe 1, du règlement n° 1393/2007 du Parlement européen et du Conseil du 13 novembre 2007 relatif à la signification et à la notification dans les États membres des actes judiciaires et extrajudiciaires en matière civile ou commerciale (signification ou notification des actes), et abrogeant le règlement (CE) n° 1348/2000 du Conseil ;

Attendu qu’à l’égard des parties domiciliées à l’étranger, le délai de pourvoi de deux mois augmenté de deux mois court du jour de la remise régulièrement faite au parquet et non de la date de la remise aux intéressés d’une copie de l’acte par les autorités étrangères, sauf dans les cas où un règlement communautaire ou un traité international autorise l’huissier de justice ou le greffe à transmettre directement cet acte à son destinataire ou à une autorité compétente de l’Etat de destination ; qu’à l’égard du destinataire, la date de signification d’un acte, selon les modalités du règlement n° 1393/2007, est celle à laquelle l’acte a été signifié conformément à la législation de l’Etat membre requis ;

Qu’il résulte de l’article 10, paragraphe 1, du même règlement, que, lorsque les formalités relatives à la signification de l’acte ont été accomplies, une attestation le confirmant est établie au moyen du formulaire type figurant à l’annexe I et adressée à l’entité d’origine ; que, selon la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne, le règlement n° 1393/2007 ne prévoit aucune exception à l’utilisation des formulaires types qui figurent aux annexes I et II de ce règlement, lesquels contribuent à simplifier et à rendre plus transparente la procédure de transmission des actes, garantissant ainsi tant la lisibilité de ceux-ci que la sécurité de leur transmission (arrêts du 16 septembre 2015, Alpha Bank Cyprus, C-519/13, et du 2 mars 2017, Henderson, C-354/15) ;

Que l’huissier instrumentaire, à la demande des sociétés TRLP et TRF, a transmis l’arrêt aux entités requises des Etats membres concernés aux fins de signification ou de notification dans ces Etats membres, conformément à l’article 4, paragraphe 3, du règlement n° 1393/2007 ;

Que les sociétés TRLP et TRF produisent l’attestation établie, à l’égard de Mme Q..., au moyen du formulaire type figurant à l’annexe I, adressée à l’entité d’origine, avec une copie de l’arrêt signifié, conformément à l’article 10, paragraphe 1, laquelle est rédigée en espagnol et précise, d’une part, que l’arrêt a été signifié, selon la loi de l’Etat membre requis, le 21 décembre 2015, au destinataire lui-même, d’autre part, que Mme Q... a été informée par écrit qu’elle pouvait refuser de recevoir l’acte si celui-ci n’était pas rédigé ou accompagné d’une traduction dans une langue qu’elle comprend ou dans la langue officielle ou l’une des langues officielles du lieu de signification ; que, la signification ayant été régulièrement faite, le pourvoi principal, en ce qu’il a été formé par Mme Q... le 23 juin 2016, est tardif et, partant, irrecevable ;

Sur le premier moyen, le deuxième moyen, pris en ses quatrième, cinquième, sixième et septième branches, le troisième moyen, pris en sa deuxième branche, du pourvoi principal et le quatrième moyen du pourvoi incident, pris en sa troisième branche, ci-après annexés :

Attendu que ces griefs ne sont manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;

Sur le premier moyen du pourvoi incident, dont l’examen est préalable :

Attendu que les sociétés TRLP et TRF font grief à l’arrêt d’admettre la compétence de la juridiction française pour connaître des demandes indemnitaires formées contre la société TRLP, alors, selon le moyen :

1°/ qu’aux termes de l’article 5, § 3, du Règlement (CE) n° 44/2001 du Conseil du 22 décembre 2000 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (dit « règlement Bruxelles I »), la juridiction compétente pour connaître d’une action en responsabilité délictuelle est le tribunal du lieu où le fait dommageable s’est produit ; que le lieu du fait dommageable s’entend du lieu où le dommage a été subi par cette dernière ou du lieu de survenance du fait générateur de responsabilité ; que ce fait générateur s’entend de la faute d’action ou d’omission spécialement imputée à la partie dont la responsabilité est recherchée ; qu’en retenant la compétence des juridictions françaises pour connaître des demandes formées par les intervenantes personnes physiques et distributeurs étrangers contre la société TRLP au motif que « l’événement causal à l’origine du dommage est la fabrication des prothèses réalisées de manière frauduleuse par la société PIP dont le siège est situé dans le département du Var », quand il lui appartenait de localiser le fait générateur de responsabilité spécialement imputé à la société TRLP, dont la responsabilité était ici recherchée, la cour d’appel s’est déterminée par un motif impropre à fonder sa propre compétence juridictionnelle pour connaître des demandes dirigées contre cette société, privant sa décision de base légale au regard du texte susvisé ;

2°/ que le fait générateur de responsabilité qui détermine le for compétent en matière délictuelle s’entend de la faute qui constitue prétendument la cause directe, impulsive et déterminante du dommage allégué par le demandeur à l’action ; qu’en l’espèce, les distributeurs et intervenantes personnes physiques reprochant en substance à la société TRLP d’avoir certifié le système de qualité de la société PIP ainsi que son dossier de conception, sans détecter la fraude commise par cette dernière, le fait générateur, au sens de l’article 5, § 3, du règlement Bruxelles I, devait être localisé en Allemagne, Etat à partir duquel avaient été émises les certifications litigieuses, qui constitueraient la cause directe, impulsive et déterminante des dommages invoqués par les distributeurs et intervenantes personnes physiques ; qu’en retenant, néanmoins, sa compétence pour connaître de l’action en responsabilité dirigée contre la société TRLP au motif que les distributeurs et intervenantes personnes physiques invoquaient, au soutien de leurs demandes, un manquement allégué de l’organisme notifié à de prétendues obligations de contrôle et de surveillance qui s’étaient déroulées en France, sans rechercher, comme elle y était invitée, si, abstraction faite des audits, qui ne constituaient qu’un aspect du processus de certification, les demandes formulées contre la société TRLP ne se rattachaient pas en fait à des décisions prises en Allemagne tenant à la délivrance de certificats, au maintien et au renouvellement de ces certificats ou encore au fait de confier des missions à des auditeurs, et si ces décisions prises en Allemagne ne constituaient pas, parmi les faits imputés à TRLP, la prétendue cause directe, impulsive et déterminante des préjudices allégués par les distributeurs et intervenantes personnes physiques, la cour d’appel a derechef privé sa décision de base légale au regard de l’article 5, § 3, du règlement Bruxelles I ;

3°/ qu’il résulte de l’article 6, § 2, du règlement Bruxelles I que toute personne domiciliée sur le territoire d’un Etat membre peut être attraite, s’il s’agit d’une demande en garantie ou d’une demande en intervention, devant le tribunal saisi de la demande originaire, à moins que l’intervention ne présente aucun lien avec la demande initiale ; qu’en retenant sa compétence sur le fondement de cette disposition sans rechercher, comme elle y était invitée, si la société TRLP n’avait pas été artificiellement attraite dans un litige auquel elle était étrangère, dès lors que le litige originaire dans lequel elle avait été appelée, par le jeu d’interventions volontaire et forcée successives, opposait la compagnie d’assurances Allianz à la société PIP et concernait la seule validité du contrat d’assurance, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard de l’article 6, § 2, du règlement Bruxelles I ;

4°/ que ni « le bon sens », notion inexistante en droit et indéfinissable, ni la connexité ne constituent des chefs de compétence au sens du règlement Bruxelles I ; qu’en retenant la compétence des juridictions françaises pour connaître des demandes formées contre la société TRLP au motif adopté des premiers juges que « le bon sens et une bonne administration de la Justice veulent qu’il n’y ait aucun éparpillement d’instances saisies pour des demandes ayant trait à une même cause », la cour d’appel a violé les articles 2 à 24 du règlement susvisé ;

Mais attendu qu’aux termes de l’article 5, point 3, du règlement (CE) n° 44/2001 du Conseil du 22 décembre 2000 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution de décisions en matière civile et commerciale, une personne domiciliée sur le territoire d’un État membre peut être attraite, dans un autre État membre, en matière délictuelle ou quasi délictuelle, devant le tribunal du lieu où le fait dommageable s’est produit ou risque de se produire ; que l’arrêt relève que la responsabilité de la société allemande TRLP est recherchée en raison de manquements tant dans la conduite de la procédure de certification que dans la mise en oeuvre des opérations de surveillance et de celles visant à la délivrance d’une nouvelle certification, prévues par la directive 93/42, notamment à l’occasion de la surveillance de la qualité effectuée dans les locaux de la société PIP, situés en France ; qu’il s’en déduit que le fait générateur du dommage était localisé dans cet Etat membre ; que, par ce motif de pur droit, substitué à ceux critiqués, dans les conditions de l’article 1015 du code de procédure civile, l’arrêt se trouve légalement justifié de ce chef ;

Sur le deuxième moyen du même pourvoi :

Attendu que les sociétés TRLP et TRF font grief à l’arrêt de rejeter les fins de non-recevoir par elles invoquées à l’encontre des interventions volontaires et forcées, alors, selon le moyen :

 1°/ que l’intervention forcée doit, à peine d’irrecevabilité et afin d’éviter toute dilution du litige, présenter un lien suffisant avec les demandes originaires ; qu’en l’espèce, il résulte des constatations mêmes de l’arrêt attaqué qu’alors que l’instance originaire avait été introduite par la compagnie d’assurances Allianz à la seule fin de provoquer l’annulation du contrat d’assurance la liant à la société PIP, les sociétés GF, EMI et J et D Medicals, distributeurs étrangers d’implants fabriqués par PIP, étaient intervenus volontairement, d’abord à titre accessoire aux fins de soutenir la validité du contrat d’assurance, puis à titre principal, afin d’obtenir le versement d’indemnités provisionnelles de la part de cette compagnie d’assurance, avant d’assigner elles-mêmes en intervention forcée les sociétés TRLP et TRF aux fins de voir engager la responsabilité délictuelle de ces dernières sur le fondement de la directive 93/42/CEE sur les dispositifs médicaux ; qu’en déclarant recevable une telle intervention forcée au motif propre que cette intervention présentait un lien suffisant avec des demandes formulées par les distributeurs précités, eux-mêmes intervenants volontaires, et au motif adopté que la certification des implants PIP par TRLP conférait aux distributeurs étrangers un intérêt suffisant à faire intervenir celle-ci et la société TRF, sans rechercher, comme elle y était invitée, si cette intervention forcée n’était pas dépourvue de tout lien avec le litige originaire, qui concernait la seule validité du contrat d’assurance conclu entre PIP et Allianz, et si les sociétés TRLP et TRF n’avaient pas été ainsi attraites dans une instance à laquelle elles étaient totalement étrangères, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard de l’article 325 du code de procédure civile, ensemble l’article 331 du même code ;

2°/ qu’en déclarant recevables les demandes formulées par voie d’interventions volontaires par les sociétés Ofok, Imosa, J&D Aestheticals et des personnes physiques affirmant porter ou avoir porté des implants PIP à l’encontre des sociétés TRLP et TRF, consécutivement à la demande en intervention forcée formée par les sociétés GF, EMI et J et D Medicals contre TRLP et TRF, alors que cette intervention forcée était elle-même irrecevable et que les sociétés TRLP et TRF n’auraient jamais dû être mises en cause dans un litige qui ne les concernait pas, la cour d’appel a violé les articles 325 du code de procédure civile et 328 du même code ;

3°/ qu’en déclarant recevables les demandes formées par les sociétés Ofok, Imosa, J&D Aestheticals et des personnes physiques affirmant porter ou avoir porté des implants PIP, toutes intervenantes volontaires, contre les sociétés TRLP et TRF sans rechercher si ces interventions volontaires et ces demandes présentaient un lien suffisant avec le litige originaire, qui concernait la seule validité du contrat d’assurance conclu entre la société PIP et la compagnie d’assurances Allianz, la cour d’appel a violé l’article 325 du code de procédure civile ;

Mais attendu que l’arrêt relève qu’initialement, la société Allianz a assigné son assurée, la société PIP, afin de voir constater son droit à ne pas garantir les dommages résultant des sinistres occasionnés par les fautes de cette dernière et que les sociétés GF Electromedics Srl, EMI Importacao E Distribuicao Ltda et J et D Medicals, distributeurs, sont intervenues à l’instance pour soutenir que l’assureur devait sa garantie ; qu’il constate que ces mêmes sociétés ont assigné en intervention forcée les sociétés TRLP et TRF et que leur intervention volontaire, dirigée contre la société Allianz, puis contre les sociétés TRLP et TRF, ainsi que l’intervention volontaire des sociétés Ofok, Imosa, J&D Aestheticals et de plusieurs personnes physiques, visaient à obtenir réparation du préjudice causé par la fraude commise par la société PIP dans la fabrication des prothèses ; qu’en l’état de ces constatations et appréciations, dont elle a souverainement déduit que les interventions litigieuses se rattachaient par un lien suffisant aux prétentions originaires des parties à l’instance introduite par la société Allianz, la cour d’appel, qui a procédé aux recherches visées par les première et troisième branches, a décidé à bon droit que ces interventions étaient recevables ; que le moyen n’est pas fondé ;

Sur le quatrième moyen du même pourvoi, pris en ses deux premières branches :

Attendu que les sociétés TRLP et TRF font grief à l’arrêt de déclarer la loi française applicable au litige, alors, selon le moyen :

1°/ que les dispositions du règlement (CE) n° 864/2007 du Parlement européen et du Conseil du 11 juillet 2007 sur la loi applicable aux obligations non contractuelles (dit règlement « Rome II ») ne s’appliquent qu’aux faits générateurs de responsabilité survenus après son entrée en vigueur, fixée au 11 janvier 2009 ; qu’en se fondant uniquement sur les dispositions de ce règlement pour déclarer la loi française applicable au litige, alors qu’il résultait de ses propres constatations que les faits dommageables imputés aux sociétés TRLP et TRF étaient pour l’essentiel antérieurs au 11 janvier 2009 et que la société TRLP avait été mandatée par PIP en qualité d’organisme notifié entre 1997 et 2010, la cour d’appel a violé l’article 31 du règlement Rome II ;

2°/ que la loi applicable à la responsabilité extracontractuelle est celle du pays sur le territoire duquel le fait dommageable a été commis, lorsque celui-ci est survenu avant l’entrée en vigueur du règlement Rome II ; que, lorsque la responsabilité recherchée prend sa source dans une pluralité de faits générateurs localisés dans plusieurs Etats, il appartient au juge d’appliquer la loi du pays avec lequel le fait dommageable présente les liens les plus étroits ; qu’en jugeant que la loi française était applicable au litige, au motif que « le fait dommageable s’est produit dans les usines françaises de la société PIP situées dans le Var, lieu où ont été réalisés les audits », sans rechercher, comme elle y était invitée, si, abstraction faite de ces audits, qui ne constituaient qu’un aspect du processus de certification, les demandes formulées contre les sociétés TRLP et TRF ne se rattachaient pas principalement à des analyses réalisées et des décisions prises en Allemagne, tenant essentiellement à la délivrance, au maintien ou au renouvellement de certificats ou encore au fait de confier des missions à des auditeurs, la cour d’appel a privé sa décision de base légale au regard de l’article 3 du code civil, ensemble l’article 4 du règlement Rome II pour la part des faits générateurs de responsabilité survenus après son entrée en vigueur  ;

Mais attendu qu’aux termes tant de l’article 3 du code civil, tel qu’interprété de manière constante par la Cour de cassation avant l’entrée en vigueur du règlement (CE) n° 864/2007 du Parlement européen et du Conseil du 11 juillet 2007 sur la loi applicable aux obligations non contractuelles (Rome II), que de l’article 4, paragraphe 1, de ce règlement, qui s’applique aux faits générateurs de dommages survenus depuis le 11 janvier 2009, la loi applicable à une obligation non contractuelle résultant d’un fait dommageable est, sauf dispositions contraires du règlement, celle du pays où le dommage survient, quel que soit le pays où le fait générateur du dommage se produit et quels que soient le ou les pays dans lesquels des conséquences indirectes de ce fait surviennent ;

Et attendu que l’arrêt relève, d’abord, que la responsabilité de la société TRLP est recherchée à raison de manquements tant dans la conduite de la procédure de certification que dans la mise en oeuvre des opérations de surveillance et de recertification, prévues par la directive 93/42, notamment à l’occasion des inspections de surveillance de la qualité effectuées dans les locaux de la société PIP, situés en France ; qu’il constate, ensuite, que les interventions de la société TRLP se sont échelonnées de 1997 à 2010 ; qu’en l’état de ces énonciations et constatations, la cour d’appel a pu retenir que le dommage était survenu dans les usines de la société PIP où les implants mammaires défectueux avaient été fabriqués et les inspections réalisées, faisant ainsi ressortir que le fait dommageable présentait également les liens les plus étroits avec la France, au sens de l’article 4, paragraphe 3, du règlement Rome II ; que, dès lors, elle en a exactement déduit, sans méconnaître les dispositions de l’article 31 du même règlement, que la loi française était applicable ; que le moyen n’est pas fondé ;

Sur le deuxième moyen du pourvoi principal, pris en sa deuxième branche  :

 Attendu que Mme X... et mille deux cent quatre-vingt-huit autres personnes, invoquant la qualité de victimes des agissements de la société PIP, de ses dirigeants et de son personnel (les demandeurs), font grief à l’arrêt de rejeter leurs demandes en responsabilité et en paiement d’une provision dirigées contre les sociétés TRLP et TRF, alors, selon le moyen, que l’organisme notifié en matière de dispositifs médicaux ne peut avoir recours à un sous-traitant qu’à la condition que celui-ci respecte les dispositions de la directive n° 93/42/CEE du 14 juin 1993, ce qui implique que le sous-traitant soit lui-même un organisme notifié en matière de dispositifs médicaux ; qu’en considérant que la société TÜV Rheinland Product Safety avait pu avoir recours à la sous-traitance en faisant appel aux salariés de la société TÜV Rheinland France, la cour d’appel, qui avait pourtant relevé que la société française n’était pas un organisme notifié pour les dispositifs médicaux, n’a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations dont il résultait que l’intervention de la société française dans les audits de la société PIP était irrégulière, violant ainsi les dispositions du 1er paragraphe de l’article 2 de l’annexe 11 de la directive n° 93/42/CEE du 14 juin 1993 ;

Mais attendu que, d’une part, il ne résulte d’aucune disposition du code de la santé publique transposant la directive 93/42 en droit interne, ni de la directive elle-même, qu’un organisme notifié ne peut avoir recours à un sous-traitant que si celui-ci a lui-même la qualité d’organisme notifié ;

Que, d’autre part, le point 2, alinéa 2, de l’annexe XI des articles R. 665-1 à R. 665-47 du code de la santé publique et l’article R. 5211-56, 2°, du même code, successivement applicables en la cause, prévoient que, lorsqu’un organisme habilité confie des travaux spécifiques à un sous-traitant portant sur la constatation et la vérification de faits, il doit s’assurer préalablement que les dispositions du livre V bis du code précité, dans sa rédaction applicable en la cause, et, en particulier, de l’annexe XI des articles R. 665-1 à R. 665-47, laquelle fixe les critères minimaux pour la désignation des organismes habilités, soient respectées par le sous-traitant ; qu’il en résulte qu’ils imposent à celui-ci le respect de ces critères sans faire dépendre la régularité du contrat de sous-traitance de la qualité d’organisme habilité du sous-traitant ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

Mais sur le troisième moyen du même pourvoi, pris en sa première branche :

Vu l’article 31 du code de procédure civile ;

Attendu que, pour écarter la fin de non-recevoir invoquée par les sociétés TRLP et TRF, tendant à faire déclarer plusieurs personnes physiques irrecevables en leurs demandes pour défaut d’intérêt direct et personnel à agir, l’arrêt retient que la cour d’appel ne pourra se prononcer sur le bien-fondé de chacune des prétentions reposant sur l’existence d’un préjudice indemnisable que si une faute de la société TRLP et/ou de la société TRF est prouvée, ainsi qu’un lien de causalité entre la faute et le dommage invoqué, de sorte que les personnes porteuses d’implants mammaires justifient d’un intérêt à agir ; qu’il déclare recevables, par le même motif, les demandes d’une autre personne au titre d’implants mis sur le marché avant les certificats délivrés par la société TRLP ;

Qu’en se déterminant ainsi, par des motifs impropres à caractériser l’intérêt à agir de ces personnes, auxquelles il appartenait d’établir qu’elles étaient porteuses ou anciennes porteuses d’implants mammaires préremplis de gel IMGHC, fabriqués par la société PIP et mentionnés dans les certificats émis par la société TRLP, la cour d’appel a privé sa décision de base légale ;

Sur le troisième moyen du pourvoi principal, pris en sa première branche :

Vu les points 2 et 5 de l’annexe XI des articles R. 665-1 à R. 665-47 du code de la santé publique et l’article R. 5211-56, 2° et 4°, du même code, transposant en droit interne les points 2 et 5 de l’annexe XI de la directive 93/42 et successivement applicables en la cause, ensemble l’article 1382, devenu 1240 du code civil ;

Attendu qu’il résulte de la combinaison du premier point 2 précité et de l’article R. 5211-56, 2°, du code de la santé publique que, lorsqu’un organisme habilité confie des travaux spécifiques à un sous-traitant portant sur la constatation et la vérification de faits, il doit s’assurer préalablement que les dispositions du livre V bis du code de la santé publique et, en particulier, de l’annexe XI, et les dispositions du livre II de la partie V du même code, soient respectées par le sous-traitant ; qu’il ressort des mêmes textes que l’organisme et le personnel chargés du contrôle doivent être libres de toutes les pressions et incitations, notamment d’ordre financier, pouvant influencer leur jugement ou les résultats de leur contrôle, en particulier de celles émanant de personnes ou de groupements de personnes intéressées par les résultats des vérifications, de sorte que l’exécution des opérations d’évaluation et de vérification soit conduite en toute indépendance ; qu’il résulte du premier point 5 précité et de l’article R. 5211-56, 4°, du code de la santé publique que l’indépendance du personnel chargé du contrôle est garantie ;

Attendu que, pour écarter le moyen pris de l’absence d’indépendance de la société TRF à l’égard de la société PIP, l’arrêt retient, d’abord, que les contrats passés en 1999 et 2001 entre les sociétés TRLP et TRF définissent les conditions d’indépendance du sous-traitant, ces dispositions ne faisant que reprendre les termes du point 2 de l’annexe II de la directive 93/42, ensuite, que les factures émises par la société TRF pour la réalisation, à l’intention de la société PIP, d’autres prestations que celles effectuées au titre des audits de vérification du système de qualité de cette dernière, portaient sur des prestations totalement indépendantes de ces audits et qui ne pouvaient interférer avec ceux-ci ; qu’il relève, également, que les rapports d’audit, dans lesquels figurent des observations visant à améliorer la gestion du produit, confirment cette analyse, et, enfin, que les contrats passés en 1999 et 2001 prévoyaient qu’« en principe, le mandataire facture directement au client les prestations qu’il a fournies » ; qu’il en déduit que le sous-traitant n’était soumis à aucune pression et incitation, notamment d’ordre financier, pouvant influencer son jugement ou les résultats de son contrôle ;

Qu’en se déterminant ainsi, par des motifs impropres à caractériser l’indépendance du personnel de la société TRF à l’égard de la société PIP, la cour d’appel a privé sa décision de base légale ;

Et sur le quatrième moyen du même pourvoi :

Vu l’article 455 du code de procédure civile ;

Attendu que, pour juger que les sociétés TRLP et TRF n’ont commis aucune faute dans l’exécution de leur mission de surveillance, l’arrêt retient que les distributeurs, qui prétendent qu’il appartenait aux auditeurs d’étudier la comptabilité de la société PIP, ce qui aurait permis de constater la quantité réduite de gel Nusil acheté, invoquent un document interne à PIP intitulé « Processus d’achat / purchase process » du 20 avril 2001, pour soutenir qu’en marge de la certification des prothèses elles-mêmes, la société TRLP a réalisé en 2001 un audit processus d’achat/commande fournisseur chez la société PIP, puisque ce document porte la mention : « 03/01/2000 Mise en place d’un circuit informatique des commandes fournisseurs suite à audit de TÜV Rheinland : non-conformité n° TÜV . 4/8 », qu’un audit a été effectué les 18 et 19 janvier 2000 et qu’aucun document édité à la suite de cette inspection ne fait référence au contenu de la pièce précitée qui, il faut le rappeler, est un document interne à la société PIP ; qu’il relève qu’aucune des dispositions de la directive ne prévoit que les auditeurs ont le droit d’effectuer des vérifications de la comptabilité de l’entreprise auditée et que M. R..., assistant spécialisé - pharmacien inspecteur de santé publique indique qu’un contrôle exhaustif et détaillé de la comptabilité matière du fabricant ne lui semble pas entrer dans les attributions et dans les objectifs poursuivis par cette “inspection” ou “visite” sur place ;

Qu’en statuant ainsi, sans répondre aux conclusions des demandeurs, qui soutenaient que la société TRLP avait eu communication des données relatives aux achats de la société PIP et que, si celles-ci n’apparaissaient pas lorsqu’elles portaient sur les produits prohibés, elles mentionnaient, en revanche, les véritables quantités de gel de silicone de marque Nusil acquises par cette société, manifestement sans rapport avec le nombre de prothèses produites, la cour d’appel n’a pas satisfait aux exigences du texte susvisé ;

Par ces motifs, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs :

DÉCLARE IRRECEVABLE le pourvoi principal, en ce qu’il est formé par Mmes M..., N..., O..., P..., Q... et par les demandeurs audit pourvoi dont les noms sont mentionnés aux annexes B et C ;

DÉCLARE RECEVABLE le pourvoi principal, en ce qu’il est formé par les autres demandeurs audit pourvoi ;

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 2 juillet 2015, entre les parties, par la cour d’appel d’Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Paris ;


Président : Mme Batut
Rapporteur : M. Truchot
Avocat général : M. Sudre
Avocat(s) : SCP Potier de La Varde, Buk-Lament et Robillot - SCP Célice, Soltner, Texidor et Périer