Arrêt n° 467 du 11 mai 2016 (15-10.447) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2016:C100467

Assurance de personnes

Irrecevabilité et Cassation


Demandeur(s) : M. Marc X... ; et autre

Défendeur(s) : La société Generali


Attendu, selon l’arrêt attaqué, que, le 4 juillet 1997, M. et Mme X... ont souscrit un contrat d’assurance sur la vie auprès de la société Generali vie (l’assureur) ; que, par lettre recommandée avec demande d’avis de réception du 18 septembre 2009, M. X... a informé ce dernier de sa volonté de renoncer au contrat ; que, contestant le refus opposé par l’assureur d’accéder à leur demande de renonciation et de restitution des sommes versées, M. et Mme X... l’ont assigné devant un tribunal ;

Sur le premier moyen,

Attendu que, par application des dispositions de l’article 916 du code de procédure civile, le pourvoi n’est pas recevable en ce qu’il est formé contre l’ordonnance du 10 septembre 2012 ;

Qu’il n’y a donc pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce moyen ;

Mais sur le deuxième moyen, pris en sa première branche, qui est recevable :

Vu l’article L. 132-5-1 du code des assurances, dans sa rédaction antérieure à celle issue de la loi n° 2005-1564 du 15 décembre 2005, ensemble l’article 1421 du code civil ;

Attendu que, pour écarter la demande des époux X... tendant à faire constater qu’ils avaient renoncé au contrat d’assurance sur la vie litigieux, l’arrêt retient que la faculté de renonciation prévue à l’article L. 132-5-1 du code des assurances est un droit personnel du souscripteur qui ne peut être exercé par un mandataire qu’en vertu d’un mandat spécial et que M. X..., qui a, seul, fait part à l’assureur de sa volonté de renoncer au contrat, ne pouvait valablement renoncer à celui-ci au nom de son épouse en vertu des pouvoirs d’administration de la communauté ;

Qu’en statuant ainsi, alors que la renonciation à un contrat d’assurance sur la vie constitue un acte d’administration et que, dans le régime de communauté auquel elle se référait, chacun des époux a le pouvoir d’administrer seul les biens communs, sauf à répondre des fautes qu’il aurait commises dans sa gestion, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur la seconde branche du deuxième moyen et sur le troisième moyen :

Déclare IRRECEVABLE le pourvoi en ce qu’il est dirigé contre l’ordonnance du conseiller de la mise en état du 10 septembre 2012 ;

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 25 mars 2014, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Versailles


Président : Mme Batut

Rapporteur : Mme Le Cotty, conseiller référendaire

Avocat général : Mme Ancel, avocat général référendaire

Avocat(s) : SCP Froussard et Froget ; SCP Rocheteau et Uzan-Sarano