Arrêt n° 447 du 20 avril 2017 (16-16.983) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2017:C100447

Conflit de juridictions

Cassation partielle sans renvoi

Conflit de juridictions

Demandeur : M. Guy X....
Défendeur : Mme Martine Y...


Sur le moyen relevé d’office, après avis donné aux parties dans les conditions de l’article 1015 du code de procédure civile :

Vu les articles 22, 1°, et 25 du règlement (CE) du Conseil n°44/2001 du 22 décembre 2000 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale, applicable en la cause ;

Attendu, selon le premier de ces textes, qu’en matière de droits réels immobiliers, sont seuls compétents, sans considération du domicile des parties, les tribunaux de l’Etat membre où l’immeuble est situé ; que, selon le second, le juge d’un Etat membre, saisi à titre principal d’un litige pour lequel une juridiction d’un autre Etat membre est exclusivement compétent, se déclare d’office incompétent ;

Attendu que l’arrêt attaqué statue sur la liquidation de l’indivision existant entre Mme Y... et M. X..., qui ont vécu en concubinage, et dit notamment qu’ils sont propriétaires indivis, en vertu d’un acte authentique espagnol, d’un bien immobilier situé à Benidorm (Espagne) ;

Attendu, cependant, que la Cour de justice de l’Union européenne a dit pour droit (CJUE, arrêt du 17 décembre 2015, C-605/14) que l’article 22, point 1, premier alinéa, du règlement (CE) n°44/2001 du Conseil du 22 décembre 2000 doit être interprété en ce sens que relève de la catégorie des litiges “en matière de droits réels immobiliers”, au sens de cette disposition, une action en dissolution, au moyen d’une vente dont la mise en oeuvre est confiée à un mandataire, de la copropriété indivise sur un bien immeuble ;

Attendu qu’il s’en déduit que le juge espagnol est seul compétent pour connaître d’un litige relatif à la propriété et au partage, entre des résidents français, d’une indivision portant sur un immeuble situé en Espagne, de sorte que le juge français doit relever d’office son incompétence ;

Qu’en statuant comme elle l’a fait, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

Et vu les articles L. 411-3 du code de l’organisation judiciaire et 1015 du code de procédure civile ;

Par ces motifs, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur le moyen unique du pourvoi :

CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu’il dit que Mme Y... et M. X... sont propriétaires indivis du bien immobilier situé à Benidorm (Espagne), [...], acquis le 29 mai 1997, ordonne le partage par moitié, commet le notaire, le magistrat et ordonne une expertise de l’immeuble, l’arrêt rendu le 4 décembre 2014, entre les parties, par la cour d’appel de Montpellier ;

DIT n’y avoir lieu à renvoi ;


Président : Mme Batut
Rapporteur : Mme Mouty-Tardieu, conseiller référendaire
Avocat général : Mme Valdès Boulouque
Avocat(s) : SCP Delvolvé et Trichet - SCP Marc Lévis