Arrêt n° 35 du 22 janvier 2009 (05-20.176 ) - Cour de cassation - Première chambre civile

Protection des consommateurs - Prêt

Rejet

Demandeur(s) : Crédit mutuel de Saint-Marcellin

Défendeur(s) : Mme X...

 


 

LA COUR DE CASSATION, PREMIÈRE CHAMBRE CIVILE, a rendu l’arrêt suivant :

Statuant sur le pourvoi formé par la caisse de Crédit mutuel de Saint-Marcellin,

contre le jugement rendu le 24 mai 2005 par le tribunal d’instance de Grenoble, dans le litige l’opposant à Mme C...X..., domiciliée chez M. Y...

défenderesse à la cassation ;

La demanderesse invoque, à l’appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ;

Vu la communication faite au procureur général ;

Sur le moyen unique :

Attendu que la société de Crédit mutuel de Saint-Marcellin a consenti à Mme X... le 20 avril 1999 un prêt d’un montant de 23 000 euros remboursable en 57 échéances ; que par jugement en date du 4 décembre 2001 le tribunal d’instance a condamné Mme X... au paiement du prêt impayé ainsi que du solde débiteur de son compte bancaire mais a rejeté la demande tendant au paiement des intérêts contractuels sur ce solde ; que par arrêt en date du 26 octobre 2004, la première chambre civile (pourvoi n° 02-12.658), a cassé partiellement le jugement en ce qu’il prononçait la déchéance du droit aux intérêts ;

Attendu que la caisse de Crédit mutuel fait grief au jugement attaqué ( TI Grenoble, 6 avril 2005) de l’avoir déboutée de sa demande tendant au paiement des intérêts contractuels, alors, selon le moyen, que la méconnaissance des exigences des articles L. 311-8 et suivants du code de la consommation en matière de présentation d’une offre de crédit, même d’ordre public, ne peut être opposée qu’à la demande de la personne que ces dispositions ont pour objet de protéger et ne peut être soulevée d’office par le juge devant lequel le bénéficiaire n’a pas comparu ; qu’ainsi en relevant d’office la défense au fond tirée du maintien d’un découvert pendant plus de trois mois sans présentation d’une offre de crédit, le tribunal a violé les textes susvisés et les articles 4 et 472 du code de procédure civile ;

Mais attendu que la méconnaissance des dispositions d’ordre public du code de la consommation peut être relevée d’office par le juge ; que le tribunal retient que le compte de Mme X... ayant fonctionné en position débitrice plus de trois mois sans qu’une offre de crédit conforme aux dispositions des articles L. 311-1 et suivants du code de la consommation lui ait été proposée, de sorte que les dispositions de l’article L. 311-2 du même code n’ont pas été respectées, la banque est déchue de son droit aux intérêts ; que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;

Condamne la caisse de Crédit mutuel de Saint-Marcellin aux dépens ;

Vu les articles 700 du code de procédure civile et 37 de la loi du 10 juillet 1991, la condamne à payer à la SCP Delvolvé, avocat de Mme X..., la somme de 2 000 euros ;

 


 

Président : M. Bargue

Rapporteur : Mme Richard, conseiller référendaire

Avocat général : M. PAgès

Avocat(s) : SCP Bachellier et Potier de La Varde ; SCP Delvolvé