Arrêt n°1057 du 11 décembre 2019 (18-16.147) - Cour de cassation - Première chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C101057

Cautionnement - Protection des consommateurs

Rejet

Sommaire :
En ce qu’elle constitue une exception purement personnelle au débiteur principal, procédant de sa qualité de consommateur auquel un professionnel a fourni un service, la prescription biennale prévue à l’article L. 218-2 du code de la consommation ne peut être opposée au créancier par la caution.


Demandeur(s) : M. A... X...

Défendeur(s) : Caisse de crédit mutuel Belfort sud


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Besançon, 10 avril 2018), que M. X... s’est porté caution solidaire d’un prêt accordé par la Caisse de crédit mutuel Belfort sud (la banque) et a consenti une hypothèque en garantie de cet engagement ; que, le 28 juillet 2016, la banque lui a délivré un commandement de payer valant saisie immobilière, avant de l’assigner à l’audience d’orientation ;

Sur la recevabilité du pourvoi, contestée par la défense :

Vu l’article 606 du code de procédure civile ;

Attendu qu’en rejetant la demande d’annulation du commandement de payer valant saisie immobilière, l’arrêt tranche une partie du principal ;

Qu’il en résulte que le pourvoi est recevable ;

Sur le premier moyen :

Attendu que la caution fait grief à l’arrêt de rejeter la fin de non-recevoir tirée de la prescription biennale et de valider le commandement de payer valant saisie immobilière, alors, selon le moyen, qu’en application de l’article 2313 du code civil, la caution peut opposer au créancier toutes les exceptions qui appartiennent au débiteur principal et qui sont inhérentes à la dette, comme, par exemple, la prescription de la dette principale ; qu’en l’espèce, la dette principale était soumise à la prescription biennale de l’article L. 218-2 du code de la consommation s’agissant d’un prêt immobilier accordé à un consommateur ; qu’en énonçant néanmoins que « l’extinction de l’obligation principale par le jeu de la prescription biennale qui bénéficie aux seuls consommateur n’est pas inhérente à la dette mais constitue une exception purement personnelle au débiteur principal qui est un consommateur de sorte que, par application de l’article 2313 du code civil, la caution, qui n’a pas cette qualité à l’égard de la caisse faute pour celle-ci de lui avoir fourni un service quelconque, ne peut s’en prévaloir », la cour d’appel a violé l’article L. 218-2 du code de la consommation ensemble l’article 2313 du code civil ;

Mais attendu que la cour d’appel a exactement retenu qu’en ce qu’elle constitue une exception purement personnelle au débiteur principal, procédant de sa qualité de consommateur auquel un professionnel a fourni un service, la prescription biennale prévue à l’article L. 218-2 du code de la consommation ne pouvait être opposée au créancier par la caution ; que le moyen n’est pas fondé ;

Sur le second moyen, ci-après annexé :

Attendu que la caution fait grief à l’arrêt de rejeter sa demande de dommages-intérêts, de mentionner le montant de la créance de la banque, de la condamner aux dépens d’appel et de renvoyer le dossier devant le juge de l’exécution aux fins de poursuite de la procédure sous la forme d’une vente amiable ;

Attendu que ce moyen, rendu inopérant par le rejet du premier, ne peut être accueilli ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Batut
Rapporteur : M. Vitse, conseiller référendaire
Avocat général : M. Lavigne
Avocat(s) : SCP Lyon-Caen et Thiriez - SCP Thouin-Palat et Boucard