06-12.698
Arrêt n° 1457 du 21 septembre 2006
Cour de cassation - Deuxième chambre civile

Expert judiciaire

Rejet


Demandeur(s) à la cassation : M. Didier X...

Sur le grief unique :

Attendu que M. X..., inscrit sur la liste nationale des experts judiciaires depuis 1995 et qui y figurait toujours à la date de publication de la loi du 11 février 2004 réformant le statut des experts judiciaires, a sollicité sa réinscription sur cette liste, en application de l’article 17 du décret 23 décembre 2004 ; que par décision du bureau de la Cour de cassation en date des 12 et 19 décembre 2005, sa demande a été rejetée ; que, représenté par un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, il a formé, le 15 mars 2006, le recours prévu à l’article 20 du décret du 23 décembre 2004 ;

Attendu que M. X... fait grief à la décision du bureau d’avoir rejeté sa demande alors, selon le moyen, que l’article 2, III de la loi du 29 juin 1971, dans sa rédaction issue de l’article 47 de la loi du 11 février 2004, prévoit que "nul ne peut figurer sur la liste nationale des experts s’il ne justifie de son inscription sur une liste dressée par une cour d’appel pendant trois années consécutives" ; que la loi ne subordonne donc pas l’inscription sur la liste nationale des experts judiciaires à la condition que celui qui la sollicite soit au 1er janvier de l’année courante et depuis trois années consécutives, inscrit sur une liste dressée par une cour d’appel ; qu’en décidant le contraire, le bureau de la Cour de cassation a violé l’article 2, III de la loi du 29 juin 1971, dans sa rédaction issue de l’article 47 de la loi du 11 février 2004 ;

Mais attendu que, selon l’article 2 , 2° de la loi du 29 juin 1971, dans sa rédaction issue de la loi du 11 février 2004, et l’article 17 du décret du 23 décembre 2004, le bureau de la Cour de cassation dresse une liste nationale des experts judiciaires  ; que, selon l’article 20 du même décret, seules les décisions prises par l’autorité chargée de l’établissement des listes d’experts peuvent donner lieu à recours ;

Et attendu que, si la notification, par le procureur général près la Cour de cassation, de la décision du bureau de la Cour de cassation en date des 12 et 19 décembre 2005, rejetant la demande de M.X..., rappelle certaines conditions d’inscription d’un expert sur la liste nationale, ce motif, qui ne figure pas dans le procès-verbal de décision du bureau de la Cour de cassation, ne peut être utilement critiqué ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le recours ;


Président : Mme Favre
Rapporteur : M. Grignon Dumoulin, conseiller référendaire
Avocat général : M. Benmakhlouf
Avocat(s) Me Capron