Arrêt n°852 du 20 juin 2019 (18-13.968) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C200852

Sécurité sociale- Accident du travail

Rejet

Demandeur(s) : Lycée forestier, lycée d’enseignement général, technologique et professionnel agricole de Meymac

Défendeur(s) : M. A... X... ; et autres


Attendu, selon l’arrêt attaqué, que M. X... (la victime), étudiant au sein de l’établissement Lycée forestier de Meymac (le lycée) a effectué un stage auprès de la société Etablissements Sécher (la société), au cours duquel il a été victime le 18 mars 2010 d’un accident du travail, pris en charge au titre de la législation professionnelle ; que sa faute inexcusable ayant été reconnue, le lycée a demandé la garantie des conséquences financières de cette faute à la société ;

Sur le premier moyen :

Attendu que le lycée fait grief à l’arrêt de le débouter de son action en garantie contre la société, alors, selon le moyen :

1°/ que la loi nouvelle régit immédiatement les effets légaux des situations juridiques ayant pris naissance avant son entrée en vigueur et non définitivement réalisées ; que l’article 8 de la loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014, ouvrant à l’établissement d’enseignement un recours contre l’organisme d’accueil pour qu’il soit statué sur la garantie des conséquences financières d’une reconnaissance de sa faute inexcusable à l’égard d’un stagiaire victime d’un accident du travail, est immédiatement applicable à la détermination des conséquences financières d’une faute inexcusable sur lesquelles il n’a pas été définitivement statué ; qu’en retenant, néanmoins, que ce texte ne pouvait s’appliquer qu’aux recours portant sur des accidents du travail survenus postérieurement à l’entrée en vigueur de loi nouvelle, pour juger que le lycée n’était pas fondé à agir sur ce fondement contre la société, la cour d’appel a violé l’article 2 du code civil ;

2°/ que l’obligation de l’organisme d’accueil de garantir l’établissement d’enseignement des conséquences financières de la reconnaissance de sa faute inexcusable, à l’occasion de l’action en responsabilité engagée par le stagiaire, découle légalement de l’accident du travail dont celui-ci a été victime, et non pas de la convention de stage ; qu’en retenant que la loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014 ne pouvait s’appliquer au recours exercé par le lycée contre la société dès lors que le cadre contractuel dans lequel l’accident de travail de M. X... était survenu avait pris fin avant l’entrée en vigueur de la loi nouvelle, cependant que le recours que le lycée exerçait était un effet que la loi attache à l’accident du travail, et non un effet du contrat, la cour d’appel a violé l’article 2 du code civil ;

Mais attendu qu’ayant pour objet d’ouvrir, selon les modalités qu’elles précisent, à l’établissement d’enseignement, dans le cas où un de ses élèves ou étudiants, à la suite d’un accident ou d’une maladie survenu par le fait d’une période de formation en milieu professionnel ou d’un stage, engage une action en reconnaissance de faute inexcusable, une action à l’encontre de l’organisme d’accueil en garantie des conséquences financières de la reconnaissance éventuelle de celle-ci, les dispositions du dernier alinéa de l’article L. 452-4 du code de la sécurité sociale, dans leur rédaction issue de l’article 8 de la loi n° 2014-788 du 10 juillet 2014, sont applicables aux seuls accidents et maladies survenus postérieurement à l’entrée en vigueur de cette loi ;

Et attendu que l’arrêt constate que l’accident dont a été victime M. X... est survenu le 18 mars 2010 ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

Sur le second moyen  :

Attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur ce moyen, annexé, qui n’est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;

PAR CES MOTIFS  :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Brinet, conseiller référendaire
Avocat général : Mme Nicolétis
Avocat(s) : SCP Ohl et Vexliard - SCP Célice, Soltner, Texidor et Périer