Arrêt n° 780 du 19 mai 2016 (15-13.606) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2016:C200780

Assurance de personne

Rejet


Demandeur(s) : M. X...

Défendeur(s) : société Natixis Life ; et autre


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Versailles, 18 décembre 2014) que M. X... a conclu avec la société de droit luxembourgeois Natixis Life un contrat d’assurance sur la vie à fonds dédié dénommé « Premium vie » dont la prime devait être versée sous forme d’apport de titres ; qu’en vue du règlement de cette prime, M. X... a ouvert le 21 novembre 2005 un compte titres dans les livres de la société de droit luxembourgeois Natixis Bank et donné instruction à cette dernière le 23 mars 2006 de souscrire des parts du fonds Groupement financier, organisme de placement collectif de valeurs mobilières de droit des Iles Vierges Britanniques et de transférer ces titres sur son contrat d’assurance ; que la société Natixis Bank a procédé à cette souscription le 31 mars 2006 ; que la société Natixis Life a ensuite adressé à M. X... un exemplaire de son contrat ainsi qu’un relevé de situation du capital investi ; que les actifs du fonds Groupement financier étant intégralement investis auprès de la société Bernard Madoff Investment securities (la société BMIS), la faillite de cette société a entraîné une importante perte financière pour M. X... ; qu’il a alors assigné les sociétés Natixis Life et Natixis Bank, principalement en annulation du contrat d’assurance vie et de l’ordre d’achat des parts du fonds Groupement financier et subsidiairement en paiement de dommages-intérêts ;

Sur le premier moyen, pris en sa première branche :

Attendu que M. X... fait grief à l’arrêt de le débouter de sa demande d’annulation du contrat d’assurance sur la vie et de l’ordre d’achat des parts du fonds Groupement financier, alors, selon le moyen, qu’est nul, comme contraire à l’ordre public, le contrat d’assurance-vie portant sur des actifs dédiés fermés qui permet au souscripteur de payer ses primes par un apport de titres ; qu’en énonçant qu’aucune disposition légale ne prohibe que le paiement des primes d’un contrat d’assurance-vie s’effectue par apport de titres, la cour d’appel a violé l’article L. 113-2 du code des assurances, ensemble les articles 6, 1128 et 2013 du code civil ;

Mais attendu que si le droit français n’envisage le versement des primes d’assurance qu’en numéraire, aucune disposition légale d’intérêt général ne prohibe la distribution en France par un assureur luxembourgeois de contrats d’assurance sur la vie qui sont régis par la loi française mais dont les caractéristiques techniques et financières relèvent du droit luxembourgeois conformément à l’article 10-2 de la directive 2002/83/CE du 8 novembre 2002 et permettent l’apport de titres sur des fonds dédiés fermés ;

Qu’il s’ensuit que c’est à bon droit que la cour d’appel a décidé que le contrat d’assurance sur la vie souscrit par M. X... auprès d’un assureur de droit luxembourgeois était valable ;

Et attendu qu’il ne ressort ni des énonciations de l’arrêt ni des conclusions des parties que M. X... ait invoqué devant la cour d’appel que le contrat d’assurance litigieux constituait en réalité une fiducie procédant d’une intention libérale, prohibée par l’article 2013 du code civil ;

D’où il suit que le moyen, pour partie nouveau, mélangé de fait et de droit et comme tel irrecevable, n’est pas fondé pour le surplus ;

[...]

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Touati, conseiller référendaire
Avocat général : M. Lavigne
Avocat(s) : SCP Spinosi et Sureau ; SCP Nicolaÿ, de Lanouvelle et Hannotin