Arrêt n°339 du 14 mars 2019 (17-27.954) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile
- ECLI:FR:CCASS:2019:C200339

Sécurité sociale, accident du travail

Rejet

Demandeur (s) : M. X...
Défendeur (s) : Caisse primaire d’assurance maladie de la Haute-Garonne


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Toulouse, 20 septembre 2017), que la caisse primaire d’assurance maladie de la Haute-Garonne (la caisse) ayant décidé de prendre en charge au titre du tableau n° 57 des maladies professionnelles les affections déclarées successivement, les 6 mars et 3 novembre 2011, par M. X..., et lui ayant notifié, les 30 juin et 10 septembre 2012, des taux d’incapacité permanente partielle de 5 et 8 % pour chacune de celles-ci, M. X... a contesté ces derniers devant une juridiction du contentieux technique de la sécurité sociale ; que le taux afférent à la première maladie ayant été porté par celle-ci de 5 à 8 %, M. X... a opté pour le versement d’une rente calculée sur la base d’un taux cumulé de 16 % ; que le taux afférent à la seconde maladie ayant été porté de même de 8 à 11 %, la caisse a informé M. X... qu’il ne pouvait plus bénéficier d’une rente unique, mais d’une indemnité en capital pour la première maladie et d’une rente au taux de 11 % pour la seconde ; que M. X... a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

Sur le moyen unique, pris en sa première branche  :

Attendu que M. X... fait grief à l’arrêt de la débouter de son recours, alors, selon le moyen, qu’aux termes des articles L. 434-1 et R. 434-1 du code de la sécurité sociale, une indemnité en capital est attribuée à la victime d’un accident du travail atteinte d’une incapacité permanente inférieure à 10 % ; que les articles L. 434-2 et R. 434-4 du même- code ajoutent qu’en cas d’accidents successifs, lorsqu’à la date de consolidation d’un nouvel accident susceptible de donner lieu à une indemnité en capital, la somme des taux d’incapacité permanente visés à l’article R. 434-1 atteint le taux de 10 %, l’indemnisation se fait, sur demande de la victime, soit par l’attribution d’une rente qui tient compte de la ou des indemnités en capital précédemment versées, autrement dit, aux taux cumulés des accidents successifs, soit par l’attribution d’une indemnité en capital pour l’indemnisation de cet accident ; que l’option de la victime est souscrite à titre définitif, de sorte que la révision ultérieure du premier de ces taux ne peut avoir pour effet de la remettre en cause ; qu’en disant qu’en raison de la nouvelle fixation de 8 % à 11 %, soit à plus de 10 %, du taux d’incapacité permanente au titre de la première pathologie de M. X..., la CPAM de la Haute-Garonne serait en droit de remettre en cause l’option exercée par ce dernier pour une rente aux taux cumulés de ses deux accidents successifs et de ne plus lui verser qu’une rente pour la première maladie et un capital pour la seconde, la cour d’appel a violé par fausse application les textes susvisés  ;

Mais attendu que, selon les articles L. 434-2, alinéa 4, et R. 434-4 du code de la sécurité sociale, lorsque, par suite d’accidents successifs, la somme des taux d’incapacité permanente est égale ou supérieure à 10 %, l’indemnisation se fait, sur demande de la victime, soit par l’attribution d’une rente qui tient compte de la ou des indemnités en capital précédemment versées, soit par l’attribution d’une indemnité en capital ; que si l’option souscrite par la victime revêt un caractère définitif, c’est à la condition que la fixation du taux d’incapacité permanente afférente à chacun des accidents successifs soit elle-même définitive ;

Et attendu que l’arrêt relève que c’est sur recours de M. X... que le taux d’incapacité dont il reste atteint au titre de la pathologie qui affecte son épaule droite a été définitivement fixé à 11 %, et que c’est à juste titre que la caisse, qui ne lui avait ouvert le droit d’option entre le versement d’un capital et d’une rente que sous réserve de la fixation définitive des taux d’incapacité, a régularisé sa situation ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

Et sur le moyen unique, pris en sa seconde branche, annexé :
 
Attendu que sous le couvert d’un grief non fondé de dénaturation, le moyen ne tend qu’à remettre en discussion, devant la Cour de cassation, l’appréciation souveraine, par les juges du fond, du sens et de la portée des documents dont la dénaturation est alléguée ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;
 
Par ces motifs :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Coutou
Avocat général : M. de Monteynard
Avocat(s) : SCP Garreau, Bauer-Violas et Feschotte-Desbois - SCP Foussard et Froger