Arrêt n° 1503 du 5 novembre 2015 (14-25.053) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2015:C201503

Sécurité sociale

Cassation


Demandeur(s) : caisse d’allocations familiales de Seine-Maritime

Défendeur(s) : Mme X...


Sur le moyen unique, pris en sa première branche :

Vu l’article 1382 du code civil ;

Attendu, selon le jugement attaqué, rendu en dernier ressort, que Mme X..., reprochant à la caisse d’allocations familiales de Seine-Maritime (la caisse) de ne pas l’avoir suffisamment informée de ses droits, la privant ainsi du bénéfice pour partie de la prestation d’accueil du jeune enfant, complément de libre choix du mode de garde, dès le mois de septembre 2012, a saisi une juridiction de sécurité sociale aux fins d’indemnisation ;

Attendu que, pour condamner la caisse à indemniser cette dernière, le jugement relève que Mme X... a rempli sa demande de complément de libre choix d’activité le 2 juillet 2012 et sa demande de complément de libre choix du mode de garde le 26 octobre 2012 ; que ses relevés d’appels téléphoniques attestent de deux appels de 3 et 6 minutes de la caisse au mois de juillet, un appel au mois de septembre d’une dizaine de minutes, puis deux appels en octobre, deux appels en novembre et un appel en décembre ; qu’il retient que, bien que le contenu des questions et réponses qui ont été faites par téléphone ne puisse être établi avec certitude, l’allocataire a manifestement accompli un certain nombre de démarches pour faire valoir ses droits ; qu’en outre, la caisse connaissait ses dates de congés maternité et sa situation d’emploi ; qu’il s’en déduit que Mme X... n’a manifestement pas disposé de l’ensemble des informations nécessaires pour faire valoir ses droits en dépit de ses démarches auprès de la caisse ; qu’en délivrant une information partielle au moment de l’envoi des imprimés vierges, la caisse a pu induire en erreur l’allocataire qui ignorait l’existence d’autres formulaires ; qu’en outre, force est de constater que les entretiens téléphoniques n’ont pas permis la délivrance d’une information complète et adaptée ;

Qu’en statuant ainsi, alors que l’obligation générale d’information dont les organismes de sécurité sociale sont débiteurs envers leurs allocataires leur impose seulement de répondre aux demandes qui leur sont soumises, le tribunal, qui n’a pas constaté que Mme X... avait présenté à la caisse une demande de renseignement relative à la prestation complément de libre choix du mode de garde, a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, le jugement rendu le 1er juillet 2014, entre les parties, par le tribunal des affaires de sécurité sociale de Rouen ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les renvoie devant le tribunal des affaires de sécurité sociale d’Evreux ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Olivier
Avocat général : Mme Lapasset, avocat général référendaire
Avocat(s) : SCP Gatineau et Fattacini