Arrêt n°1227 du 10 octobre 2019 (18-17.726) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile - ECLI:FR:CCASS:2019:C201227

Sécurité sociale

Rejet

Demandeur(s) : Caisse primaire d’assurance maladie de Seine-Saint-Denis

Défendeur(s) : Centre hospitalier Delafontaine, établissement public hospitalier


Sur le moyen unique :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 30 mars 2018), qu’à la suite d’un contrôle portant sur la tarification à l’activité du Centre hospitalier Delafontaine (le centre hospitalier), au titre de l’année 2009, la caisse primaire d’assurance maladie de Seine-Saint-Denis (la caisse) a notifié, le 20 avril 2011, un indu, suivi, le 4 juillet 2011, d’une mise en demeure ; que le centre hospitalier a saisi d’un recours une juridiction de sécurité sociale ;

Attendu que la caisse fait grief à l’arrêt de constater la nullité de la notification d’indu et de la mise en demeure et de la débouter de toutes ses demandes, alors, selon le moyen :

1°/ que l’article L. 133-4 du code de la sécurité sociale prévoit sans autre précision qu’en cas d’inobservation des règles de tarification ou de facturation, l’organisme de recouvrement doit recouvrir l’indu correspondant auprès du professionnel ou de l’établissement à l’origine du non-respect de ces règles ; qu’en affirmant que la notification d’indu devait obligatoirement s’effectuer auprès du directeur de l’établissement pour annuler la notification d’indu et de la mise en demeure adressées par la caisse au comptable de l’établissement, la cour d’appel a ajouté à la loi et, partant, a violé l’article L. 133-4 du code de la sécurité sociale ;

2°/ que la notification d’indu adressée au comptable et non au directeur de l’établissement n’a causé aucun préjudice au Centre hospitalier Delafontaine qui a bien été destinataire tant de la notification d’indu que de la mise en demeure et a saisi la commission de recours amiable dans les délais impartis ; qu’en annulant néanmoins la procédure de recouvrement, la cour d’appel a violé l’article L. 133-4 du code de la sécurité sociale :

Mais attendu que la notification de l’indu et de la mise en demeure prévue par l’article L. 133-4 du code de la sécurité sociale ne peut être régulièrement effectuée à une personne qui n’est pas le représentant légal de l’établissement ; que selon l’article L. 6143-7 du code de la santé publique, dans sa rédaction applicable au litige, le directeur de l’établissement public de santé représente l’établissement dans tous les actes de la vie civile et est ordonnateur des dépenses et des recettes de l’établissement ;

Et attendu que l’arrêt constate que la notification de l’indu le 20 avril 2011 et de la mise en demeure le 4 juillet 2011 a été adressée au comptable du trésor du centre hospitalier ;

Que de ces constatations, la cour d’appel a exactement déduit que la notification de l’indu et de la mise en demeure n’avait pas été régulièrement délivrée au centre hospitalier, de sorte que la caisse ne pouvait, sur son fondement, poursuivre le recouvrement de l’indu litigieux ;

PAR CES MOTIFS  :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Prétot, conseiller doyen faisant fonction de président
Rapporteur : Mme Palle, conseiller référendaire rapporteur
Avocat général : Mme Ceccaldi
Avocat : SCP Gatineau et Fattaccini