Arrêt n°1221 du 12 novembre 2020 (19-15.239) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile -ECLI:FR:CCAS:2020:C201221

Sécurité sociale, assurances sociales des travailleurs indépendants des professions non agricoles

Cassation

Sommaire

La prescription quinquennale de l’action en recouvrement des cotisations prévue par l’article L. 244-11 du code de la sécurité sociale, rendu applicable au recouvrement des cotisations dues au titre de l’organisation autonome d’assurance vieillesse des professions libérales par l’article L. 623-1, dans sa rédaction applicable au litige, ne commence à courir qu’à l’expiration du délai imparti pour la mise en demeure au redevable des cotisations pour régulariser sa situation.


Demandeur(s) : Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse

Défendeur(s) : M. A... X...


Faits et procédure

1. Selon l’arrêt attaqué (Saint-Denis de la Réunion, 19 février 2019) et les productions, la Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d’assurance vieillesse (la caisse) a adressé à M. X... (le cotisant) une mise en demeure datée du 10 septembre 2010 afférente aux cotisations sociales et majorations de retard dues au titre des années 2007 à 2009, puis lui a décerné, le 16 décembre 2010, une contrainte signifiée le 1er octobre 2015, à laquelle le cotisant a formé opposition.

Examen du moyen

Sur le moyen, pris en sa deuxième branche

Enoncé du moyen

2. La caisse fait grief à l’arrêt d’annuler la contrainte, alors « que dans sa version applicable en l’espèce, l’article L. 244-11 du code de la sécurité sociale enfermait l’action civile en recouvrement des cotisations ou des majorations de retard dans un délai de cinq ans « à compter de l’expiration du délai imparti par les avertissements ou mises en demeure prévus aux articles L. 244-2 et L. 244-3 » ; qu’en l’espèce, M. X... avait, par mise en demeure du 10 septembre 2010, été invité à régulariser sa situation dans un délai de trente jours, c’est-à-dire avant le 10 octobre 2010 ; que le délai de cinq années dont disposait la caisse pour faire signifier sa contrainte avait donc commencé à courir le 11 octobre 2010 et n’avait pas fini de courir le 1er octobre 2015, date à laquelle l’huissier de justice a signifié à l’assuré la contrainte émise le 16 décembre 2010 ; qu’en retenant, pour annuler cette contrainte qu’elle avait été signifiée plus de cinq ans après l’envoi de la mise en demeure la cour d’appel a derechef violé l’article L. 244-11 du code de la sécurité sociale.  »

Réponse de la Cour

Vu l’article L. 244-11 du code de la sécurité sociale, rendu applicable au recouvrement des cotisations dues au titre de l’organisation autonome d’assurance vieillesse des professions libérales par l’article L. 623-1, dans sa rédaction applicable au litige :

3. La prescription quinquennale de l’action en recouvrement des cotisations prévue par ce texte ne commence à courir qu’à l’expiration du délai imparti par la mise en demeure au redevable des cotisations pour régulariser sa situation.

4. Pour annuler la contrainte en raison de la prescription de l’action en recouvrement de la caisse, l’arrêt retient que la contrainte a été signifiée le 1er octobre 2015, soit plus de cinq ans après la mise en demeure du 10 septembre 2010.

5. En statuant ainsi, alors qu’il ressortait de ses constatations que la contrainte avait été signifiée le 1er octobre 2015 dans le délai de cinq ans suivant l’expiration du délai d’un mois imparti par la mise en demeure du 10 septembre 2010, de sorte que l’action de la caisse n’était pas prescrite, la cour d’appel a violé le texte susvisé.

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur les autres griefs du pourvoi, la Cour :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 19 février 2019, entre les parties, par la cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion ;

Remet l’affaire et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant cet arrêt et les renvoie devant la cour d’appel de Saint-Denis de la Réunion, autrement composée ;


Président : M. Pireyre
Rapporteur : Mme Dudit, conseiller référendaire
Avocat général : Mme Ceccaldi
Avocat(s) : SCP Boutet et Hourdeaux