Arrêt n°1179 du 26 septembre 2019 (17-13.035) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile
- ECLI:FR:CCASS:2019:C201179

Suspicion légitime

Rejet

Demandeur(s) : M. A... X...

Défendeur(s) : Mme B.. Y...


Sur les premier et troisième moyens, réunis  :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Versailles, 24 novembre 2016), que M. et Mme X..., en litige avec le syndicat des copropriétaires de la résidence [...] devant le tribunal de grande instance de Pontoise, ont, par déclaration consignée par le greffe de la juridiction, demandé la récusation Mme Y..., magistrat de la chambre ayant à connaître de l’affaire, le 15 juin 2016 ;

Attendu que M. X... fait grief à l’arrêt de déclarer irrecevable la demande en récusation présentée par lui, alors, selon le moyen :

1°/ que si la demande de récusation d’un magistrat doit être introduite par requête, aucun texte n’interdit de compléter celle-ci par des conclusions ; que M. X... a déposé, le 2 septembre 2016, soit trois jours avant l’audience, des conclusions recevables, en l’absence de procédure de clôture ; qu’en se bornant à examiner la demande de récusation à la lumière de la requête, sans prendre en considération les conclusions précitées, la cour d’appel a violé les articles 341 et 344 du code de procédure civile ;

2°/ que tout jugement doit mentionner la date des dernières conclusions des parties, ou à défaut rappeler leurs dernières prétentions respectives et leurs moyens ; que la cour d’appel n’a ni visé les écritures de M. X... avec leur date, ni exposé, même succinctement, les moyens développés en cause d’appel par ce dernier ; qu’elle a ainsi violé l’article 455 du code de procédure civile ;

Mais attendu qu’en application de l’article 344 du code de procédure civile, dans sa rédaction antérieure au décret n° 2017-892 du 6 mai 2017, la demande de récusation, qui ne peut être formée que par acte remis au secrétariat de la juridiction à laquelle appartient le juge qu’elle vise ou par une déclaration, consignée dans un procès-verbal, et doit être transmise à celui-ci pour qu’il acquiesce ou s’oppose à la récusation, doit indiquer les motifs de la récusation, à peine d’irrecevabilité ; qu’il en résulte qu’elle ne peut être complétée par des conclusions ultérieures ; que c’est dès lors à bon droit que la cour d’appel, à laquelle il appartenait de statuer au regard de la seule requête, ayant constaté que la demande de récusation n’énonçait aucun motif, l’a déclarée irrecevable ;

D’où il suit que le moyen n’est pas fondé ;

Et attendu qu’il n’y a pas lieu de statuer par une décision spécialement motivée sur le deuxième moyen, annexé, qui n’est manifestement pas de nature à entraîner la cassation ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE le pourvoi ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Dumas, conseiller référendaire
Avocat général : M. Girard
Avocat : Me Occhipinti