Arrêt n°1062 du 5 septembre 2019 (18-15.547) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile
- ECLI:FR:CCASS:2019:C201062

Surendettement

Cassation

Demandeur (s) : Caisse régionale de Crédit agricole mutuel de Normandie, société coopérative
Défendeur (s) : M. X... ; et autres


Sur le moyen unique, pris en sa seconde branche :

Vu l’article L. 722-4 du code de la consommation ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué, que sur des poursuites de saisie immobilière engagées par la caisse régionale de Crédit agricole mutuel de Normandie (la banque) à l’encontre de M. et Mme X..., un jugement d’orientation d’un juge de l’exécution du 17 janvier 2017 a, notamment, ordonné la vente forcée du bien saisi ; que M. et Mme X... ont interjeté appel de cette décision ; que, le 7 juillet 2017, sur le recours qu’ils ont formé contre la décision d’irrecevabilité rendue par une commission de surendettement, le juge d’un tribunal d’instance a déclaré recevable leur demande tendant au traitement de leur situation de surendettement ;

Attendu que pour infirmer le jugement d’orientation et, statuant à nouveau, constater que M. et Mme X... bénéficient d’une procédure de surendettement des particuliers, et en conséquence, débouter la banque de sa demande tendant à voir ordonner la vente forcée du bien saisi, l’arrêt retient que M. et Mme X... sont fondés à invoquer l’effet suspensif du jugement les ayant admis au bénéfice de l’ouverture d’une procédure de surendettement, en application de l’article L. 722-2 du code de la consommation, les dispositions de l’article L. 722-4 du même code n’ayant vocation à s’appliquer que lorsque la vente forcée a été ordonnée par une décision définitive, passée en force de chose jugée, tel n’étant pas le cas en l’espèce, la présente procédure tendant à la réformation du jugement ayant notamment ordonné ladite vente forcée ;

Qu’en statuant ainsi alors que, lorsque la décision de recevabilité d’une demande de traitement de la situation financière du débiteur intervient après que la vente forcée d’un bien immobilier lui appartenant a été ordonnée par un jugement d’orientation, exécutoire de plein droit nonobstant appel, le report de la date d’adjudication ne peut résulter que d’une décision du juge chargé de la saisie immobilière, saisi à cette fin par la commission de surendettement des particuliers, pour causes graves et dûment justifiées, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS et sans qu’il y ait lieu de statuer sur l’autre branche du moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 5 décembre 2017, entre les parties, par la cour d’appel de Caen ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Rouen ;


Président : Mme Flise
Rapporteur : Mme Dumas, conseiller référendaire
Avocat général : Mme Vassallo
Avocat(s) : SCP Yves et Blaise Capron - SCP Foussard et Froger