Arrêt n°1044 du 22 octobre 2020 (19-22.647) - Cour de cassation - Deuxième chambre civile
-ECLI:FR:CCAS:2020:C201044

Sécurité sociale, contentieux - Sécurité sociale, accident du travail

Rejet

  • Sommaire

Selon l’article R. 434-32, alinéa 3, du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction issue du décret n 2009-938 du 29 juillet 2009, applicable au litige, la décision motivée par laquelle la caisse primaire d’assurance maladie se prononce sur l’existence d’une incapacité permanente et, le cas échéant, sur le taux de celle-ci et sur le montant de la rente due à la victime ou à ses ayants droit, est immédiatement notifiée par la caisse primaire, par tout moyen permettant de déterminer la date de réception, avec mention des voies et délais de recours, à la victime ou à ses ayants droit et à l’employeur au service duquel se trouvait la victime au moment où est survenu l’accident.

Selon l’article R. 143-7 du code de la sécurité sociale, alors en vigueur, le recours contre la décision de la caisse doit être présenté devant le tribunal du contentieux de l’incapacité dans le délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, laquelle doit être assortie, à peine d’inopposabilité du délai, de la mention des voies et délais de recours.

Par suite, est irrecevable comme hors délai le recours contre la décision d’une caisse primaire d’assurance maladie fixant le taux d’incapacité permanente partielle d’une victime, reconnue atteinte d’une maladie professionnelle, formé par un employeur plus de deux mois après la notification régulière à celui-ci de la décision, peu important que les dispositions du premier de ces textes ne soient pas applicables à la notification de cette décision.


Demandeur(s) : Greystal, société anonyme anciennement dénommée société Euramax industries
Défendeur(s) : Caisse primaire d’assurance maladie de Maine-et-Loire


Faits et procédure

1. Selon l’arrêt attaqué (Cour nationale de l’incapacité et de la tarification de l’assurance des accidents du travail, 27 juin 2019), la caisse primaire d’assurance maladie de Maine-et-Loire ayant fixé, par décision du 26 juin 2013, le taux d’incapacité permanente partielle de Mme X... (la victime), salariée de la société Euramax industries, devenue société Greystal (la société), reconnue atteinte d’une maladie professionnelle inscrite au tableau n° 57, la société a saisi d’un recours une juridiction du contentieux technique de la sécurité sociale.

Examen du moyen

Enoncé du moyen

2. La société fait grief à l’arrêt de déclarer irrecevable son recours, alors :

« 1°/ que, selon l’article R. 434-32, alinéa 3, du code de la sécurité sociale dans sa rédaction alors applicable, la décision motivée par laquelle la caisse primaire d’assurance maladie se prononce sur l’existence d’une incapacité permanente et, le cas échéant, sur le taux de celle-ci et sur le montant de la rente due à la victime ou à ses ayants droit, est immédiatement notifiée par la caisse primaire, par tout moyen permettant de déterminer la date de réception, avec mention des voies et délais de recours, à la victime ou à ses ayants droit et à l’employeur au service duquel se trouvait la victime au moment où est survenu l’accident ; que, selon l’article R. 143-7 du même code, le recours contre la décision de la caisse doit être présenté devant le tribunal du contentieux de l’incapacité dans le délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, laquelle doit être assortie, à peine d’inopposabilité du délai, de la mention des voies et délais de recours ; qu’en retenant, pour déclarer irrecevable le recours de la société exposante qu’il importe peu que l’article R. 434-32, alinéa 3, du code de la sécurité sociale ne régisse pas les notifications concernant les maladies professionnelles ; qu’en l’espèce la décision attaquée avait été régulièrement notifiée le 27 juin 2013 ainsi qu’en fait foi l’avis de réception postal au dossier, que, nonobstant les mentions relatives aux voies et délais de recours indiquées sur cette décision, le recours devant le tribunal du contentieux de l’incapacité n’a été formé que par lettre du 27 mars 2015, soit après le délai de deux mois prévu à l’article R. 143-7 du code de la sécurité sociale et qu’aucun fait constitutif de la force majeure, susceptible de relever l’appelante de la forclusion encourue, n’est invoqué alors qu’il résultait des constatations de la cour que la victime avait été prise en charge au titre d’une maladie professionnelle et que la décision, qui visait expressément l’article R. 434-32 du sécurité sociale, n’avait pas été notifiée à la société dans les conditions prévues par l’article R. 143-7 du code de la sécurité sociale, la cour d’appel a violé les textes susvisés ;

2°/ qu’en toute hypothèse, aucun texte ne prévoit la notification à l’employeur de la décision d’attribuer un taux d’IPP ensuite d’une maladie professionnelle ; que l’information donnée à la société exposante par la caisse ne constituait pas une notification et ne faisait pas courir contre elle le délai de recours de deux mois prévu par l’article R. 143-7 du code de la sécurité sociale ; qu’en statuant comme elle l’a fait, la cour d’appel a violé les des articles R. 143-7 et R. 434-32, alinéa 3, du code de la sécurité sociale, ce dernier dans sa rédaction issue du décret n° 2009-938 du 29 juillet 2009, applicable au litige. »

Réponse de la Cour

3. Selon l’article R. 434-32, alinéa 3, du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction issue du décret n° 2009-938 du 29 juillet 2009, applicable au litige, la décision motivée par laquelle la caisse primaire d’assurance maladie se prononce sur l’existence d’une incapacité permanente et, le cas échéant, sur le taux de celle-ci et sur le montant de la rente due à la victime ou à ses ayants droit, est immédiatement notifiée par la caisse primaire, par tout moyen permettant de déterminer la date de réception, avec mention des voies et délais de recours, à la victime ou à ses ayants droit et à l’employeur au service duquel se trouvait la victime au moment où est survenu l’accident.

Selon l’article R. 143-7 du code de la sécurité sociale, alors en vigueur, le recours contre la décision de la caisse doit être présenté devant le tribunal du contentieux de l’incapacité dans le délai de deux mois à compter de la notification de cette décision, laquelle doit être assortie, à peine d’inopposabilité du délai, de la mention des voies et délais de recours.

4. Ayant relevé que la caisse avait notifié la décision fixant le taux d’incapacité permanente partielle de la victime, reconnue atteinte d’une maladie professionnelle, à la société qui l’avait reçue le 27 juin 2013 ainsi qu’en faisait foi l’avis de réception postal versé au dossier, que la lettre portait mention du délai de forclusion ainsi que de l’identité de l’organisme compétent pour recevoir la requête et qu’aucun fait constitutif de la force majeure n’était invoqué, la Cour nationale en a exactement déduit que la décision litigieuse avait été régulièrement notifiée dans les conditions de l’article R. 143-7 du code de la sécurité sociale et que le recours formé le 27 mars 2015 par la société était irrecevable comme hors délai, peu important que le troisième alinéa de l’article R. 434-32 du même code ne soit pas applicable à la notification de cette décision.

5. Le moyen n’est, dès lors, pas fondé.

PAR CES MOTIFS, la Cour :

REJETTE le pourvoi ;


Président : M. Pireyre
Rapporteur : Mme Renault-Malignac
Avocat général : M. de Monteynard
Avocat(s) : SCP Le Bret-Desaché - SCP Foussard et Froger